‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 95 sur 145 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

tés de la puissance et de la faiblesse , ne seront pas plus ménagées que la royauté de Dieu ! En vain François, en vain Henri, que pleure la France, ont voulu ranimer celte double foi, vraie source des vertus clievaleresques; la chevalerie est morte, sa dernière lance s'est brisée entre des mains royales! Et maintenant, levezvous sans crainte aucune, couards, félons, et calomniateurs!... Une pauvre jeune fille tombet-elle aux pieds d'un roi en criant grâce pour son père , si le roi se montre clément, dites : Elle a payé cette grûce avec son honneur! Quelque sainte et noble amitié se lorme-t-elle sur les degrés du trône, Uélrissez celte union do deux âmes d'où jaillirent de nobles et loyales inspirations! ce commerce de pensées qui fut peut-être utile à la gloire du tem[)s, à la prospérité de votre pays, crachez dessus I infamie de votre a me! Appelez-le un commerce honteux! La conseillère sera une favorite, l'ami, un mignon... Courage! voici le temps des clercs; i.» chevalerie est morte, vous dis-je, il n'y a plus de chevalier, de vrai chevalier, pour vous crier: Vous en avez menti par votre gorge, infâmes! il n'y a plus de gantelet de chevalier pour soullleler votre face, ni de dague pour percer lu

langue qui renie Dieu, maudit les rois et offcDse les dames...

— Ils disent, eux , reprit froidement le vieillard, que le règne brutal de la force est passé, et qu'il n'y a plus qu'une voix à faire entendre : la voix de la vérité!

— C'est Catherine de Médicis , continua Diane , en se promenant avec vivacité au milieu de la nuit... c'est elle qui leur souffle ces odieuses calomnies. . . Oh ! cette femme... cette femme, c'est le démon déchaîné contre moi... Dans celle retraite , où je prie le Ciel de me faire oublier, pour ne plus haïr, pour pouvoir pardonner, j'ai trouvé quelquefois du calme pour mon âme; grâce à la prière, à la méditation , je m'isolais si bien du temps et de mes souvenirs, que je me croyais enfin impassible et guérie. El toujours ce nom , toujours ce nom odieux est revenu m'aiguillonner comme une vengeance du Ciel qui me crie : Tu n'oublies pas! non, lu n'as pas pardonné! —Eh bien, non! je n'ai pas pardonné ! El tu ne sais pas, vieillard, à quel moment m'arrive celle preuve d'une haine qui ne cesse pas, d'une vengeance que rien n'endort? au moment où , me demandant si les persécutions exercées contre ces gens avaient été justes,

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