‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 13 sur 91 · LA KARÉGHÀLB APA^S MALPLAQUET · texte numérisé non relu

LA KARÉGHÀLB APA^S MALPLAQUET

adonnée, et il répondit à mon compliment que «sa plaie allait de mieux en mieux; on i'a poura tant trouvé fort changé. »

Cependant, le roi Tayant demandé, le maréchal prit le chemin de la résidence royale. « M. le maréchal de Villars fut rencontré avanttthier, écrit encore M d'Uxelies, le 22 noa vembre, allant à Versailles dans son brancard, <i environné de heaucoup de gens à cheval; la « maréchale le suivant avec deux carrosses à six chevaux. »

lA VISITE DE LOUIS XIV AU MARÉCHAL.

Ët dans son journal du a3 , elle a noté :

« Le maréchal de Villars est arrivé à bon port è «Versailles. On dit que le roi Ta envoyé visiter, «et que M"* de Maintenon l'a été voir, a^ant (f demeuré assez longtemps avec lui. » Louis XIV voulut mettre de la solennité à la visite que luimême avait annoncé devoir rendre au blessé* «Le spectacle fut beau, dit d*Uxelles, en tt nombre de courtisans et de gardes rangés dans «la galerie. La maréchale se trouva avec son ufiis à la porte du logement. Ou croit que le «maréchal s*y attendait; il était sur un canapé, «en robe de chambre. Le roi l'embrassa fort, a et, après les questions sur Tétat de sa blessure, (( où il fut répondu qu'on avait toute espérance t de pouvoir se remettre en campagne au prin- «temps, le monde se retira. Le roi demeura «seul, approchant deux heures, avec le maré-

d3 UL YISITE D£ LOUIS JLIV AU MARECHAL*

ttchal. Il avait fait apporter des papiers pour « travaiiler avec lui. »

La maréchale n avait manqué de se relirer aussi « après Tarrivée du roi chez son époux. Lorsque le monarque voulut se retirer à son tour, le maréchal ne pouvant raccompagner, Louis XIV prit un autre chemin que celui par lequel il était arrivé. Sur quoi le maréchal l'avisa qu il se trompait de route. « Pas du tout, » répondit le roi, et il ouvrit la porte par laquelle il avait vu s*échapper la maréchale, A laquelle il rendit ainsi une courte visite, la louant fort de son dévouement, et lui rendant la liberté de revenir auprès de son mari.

Il faut entendre Saint-Simon rendant compte de cette scène royale, pour avoir une juste idée de la sensation qu'elle produisit sur le public, comme aussi de la passion qui, chez cet incomparable écrivain, domine quelquefois tout autre sentiment. Pour bien mesurer celte passion, il est bon de se souvenir que Saint-Simon était alors en disgrâce auprès du roi , principalement pour son intempérance de langage, et que les Viliars, par obligeance pour l'irascible grand seigneur, avaient voulu lui procurer, en cette

Là VI8ITB DB LOUIS IIV AU MARBCHAL. 33

circonstance, l'occasion de faire sa cour au roi 9 obligeance dont on rerra comment Saint-Simon se montra reconnaissant. .

Laissons-le parier :

«La maréchale de Villars était une femme

((qui, à travers les galanteries, s'était mise en «considération personnelle, par les grâces et aTapplicaiion avec lesquelles elle tachait d'é^ « mousser la jalousie de la fortune de son mari. «Elle n avait rien oublié, ni lui aussi, pour se « mettre bien avec M""' de Saint-Simon et avec «moi, dans le temps le plus radieux de leur vie, (( et où nous ne pouvions leur être de nul usage. « Nous avions logé longtemps porte à porte. Ils • « avaient passé légèrement sur ma douleur peu (( contrainte de leur énorme duché, dont jamais «je ne leur avais fait le moindre compliment* ((Sur la pairie, je m'étais aussi bien gardé de «leur en faire, encore moins de leur en écrire, «L'ayant rencontrée chez M™" de Saint- Géran, « laccueil , au bout de quatre mois d absence, fut «comme si nous ne nous étions pas quittés. Elle «me pria à diner, avec M*" de Saint-Simon, a pour le lendemain, et m*en pressa de manière

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«.à ne m'en pouvoir défendre. Ils étaient lors «en Tapogée de ia plu9 brillante faveur. Elle «savait que le roi devait aller voir son mari le « lendemain , mais elle neuf garde de me le dire ; uelle me l'avoua depuis, et son intention fut de « nous donner occasion de iàire notre cour, (f Je fus voir Je lendemain matin la duchesse

« de Villeroy. Elle et son mari me demandèrent

a où je dînais, et m'avertirent de la visite du roi» «de peur que, dans la surprise, il m*échappât

«quelque chose La disposition qu'ils me

« connaissaient les engagea à me donner lavis.

«Nous dînâmes en compagnie assez courte, «et que nous reconnûmes aisément avoir été a choisie pour nous. Vers le fruit, on vint poster « des gardes, et le roi vint 9u sortir du sermon. «La compagnie s était grossie depuis le dîner. «Le roi la salua, puis vint au lit de repos, sur «lequel était le maréchal de Villars, lembrassa «par deux fois, avec des propos obligeants, «congédia le monde, et demeura deux heures «là, tête è téte. Comme il sortait, le maréchal «lui dit qu'il se méprenait de porte : le roi «rassura qu'il avait bien remarqué le chemin» « et qu'il allait rendre une visite à la maréchale

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