‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 22 sur 91 · RÉPONSE DE VILLARS · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE VILLARS

«d'Allemagne, accoutumée, pendant dix ans de

«guerre, à n'entrer en campagne que le 2 5 de «mai, pour en sortir le ao octobre, préférait <» cette habitude , plutôt que de servir treize mois ttsans relâche?

te •••••*•••••••••• '•••••••••••••••••«

«Je ne vous cèle point, Monsieur, que je «suis au désespoir que les premières lettres que «je reçois, après avoir forcé les montagnes, ne «soient remplies que de crainte sur ma façon de «régler la conduite de ma famille; et que, bien «loin de remplir de joie et d'espérance celui de «qui ion peut attendre la division de l'Empire, «la soumission de l'Empereur, la conquête «même de Vienne, on ne marque que défiance « de ses vues particulières, et que l'on détourne «les jeux de Sa Majesté des avantages réels de «mon commandement, pour les attacher aux «manières plus ou moins polies de celui qui «mène ses armées.

«Enfin, Monsieur, j'en suis à craindre que «Ton ne pense me faire trop de grâce de me «laisser la liberté de faire venir ma famille en «Allemagne. Cependant j'écris à M*^ la maré- «chale de Villars qu'il est dans Tordre que Sa

RÉFOMSB D& VlLIiARS.

«Majesté approuve encore son voyage, quoique «je ne Taie publié qu après avoir eu f honneur «d'en parler au Roi. J espère donc que vous «aurez ia bonté de faii mander qu'elle peut se «sei*vir des passeports qu'elle a demandés, ou « passer par la Suisse. Elle viendra à Uim, et nVn «partira que pour se rendre dans une des grosses «villes qui sera, s'il plaît à Dieu, au milieu de «nos quartiers d'hiver. . •

«P. S. J'aurai Tbonneur de vous dire. Mon- • «sieur, que M°* de Maintenon a eu la bonté NI d'écrire à M"**" de Saint-Géran une lettre qui «regarde M*^ la marécBale de Villars. Je suis « pénétré qu elle veuille bien ui'honorcr de son «attention, et j*ose vous supplier de vouloir « bien i informer de ce que j ai Thonneur de vous «mander.

> « Je sais. Monsieur, que je ne devrais pas oser «faire la moindre petite réflexion, après des «avis aussi respectables que les siens. Je «vous donne ma parole que jamais M"* de « Viliars na du aller à Munich, ni suivre l'armée. «Pourquoi me veut-on croire un insensé? La «première démarche pourrait avoir des incon- «vénients, mais la dernière serait une folie

68 néPONSE DE VILLARS.

U outrée : je nen suis pas capable. Uim est une « grosse ville de guerre gardée par 4«ooo hommes, « où j'ai compté qu'elle demeurerait avec une «de mes sœurs, comme elle avait fait à Stras- « bourg. Trouvait-on une folie quelle demeurât tt & Strasbourg? Pourquoi eu est-ce une qu*eile «demeure k cinquante lieues de là» dans une «autre ville d'Allemagne? J'ai cru cela meilleur If que Paris; car, pour un château de campagne , « cela me paraît dur.

«En vérité, Monsieur, voilà parler bien «longtemps à un grand ministre de ce que tout « autre personne que moi doit traiter de baga- « telles. »

Le 8 juin 1 703 , M. de Ghamillard écrivait

encore au maréchal :

«Le Roi m'ordonne de mander à M™ la «maréchale de Villars de faire tout ce qui con- « viendra. Ne croyez pas, Monsieur, que Sa «Majesté ait été déterminée à vous faire savoir «ses intentions par les discours des courtisans, « mais par f embarras qu'elle prévoit que M'"'' la «Maréchale pourra vous donner, quelque parti « que vous pt^kiiez. Pour moi , Monsieur, je ne

biyiiizea

idPOllSB DB TILLABS.

«désire que votre gloire et votre satisfaction, «et que vous soyez persuadé du véritable et «siocère attachement avec lequel j*ai l'bon- « neur, etc. ^ n

^ Ce fut pendant ces campagnes de 170a et de 1703 que forent levées, sur les pays occupés par nos troupes, ces contributions dont on a tant parié , et qui ont été un

sujet de récriniinalions passionnées de la part des ennemis de Viliars. Ces pratiques étaient conformes aux usages de la guerre en ce temps-là; et Ton voit par les correspondances que les villes dlemandes s y prêtèrent avec facilité. Le partage de ces bénélices était réglé entre I administration royale et le général en chei , d'après des proportions arrêtées. 0 est certain que Villars y gagna de Targent, et la Pidatine, avant SaintSimon, avait propagé les calonmies à ce sujet. (Voj. ie recueil, déjà cité, de M. Jaeglé.)

GOMMANT

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