‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 23 sur 91 · VILLARS QUITTA L ARMÉE D'ALLEMAGISE · texte numérisé non relu

VILLARS QUITTA L ARMÉE D'ALLEMAGISE

Viliars se soumit, et le boa sens de la marédiale contribua puissamment & adoucir l'effet de ces contrariétés. Le roi et Madame de Maintenon en surent gré à cette jeune femme, qui fit oublier à son époux Tamertume des convenances administralives.

Mais une agitation d un ordre plus élevé vint troubler plus sensiblement le repos du maréchal ^ à savoir le refus obstiné de TElecteur de Bavière de se prêter aux combinaisons militaires du général français, Viliars s'en plaignit amèrement au roi, et signala ie danger que cette obstination faisait courir à la sûreté de l'armée. Il se plaignit, avec un accent pénétré, de tomber à Versailles ea un discrédit fatal à ses plans.

Vainement le roi rassura Viliars avec bonté.

«Jai lieu d'espérer, lui disait-il, par les soins «que vous vous donnez, et votre application «continuelle, que vous réussirez heureusement

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a dans tout ce que vous entreprendrez. Je voua

a ai mandé plusieurs fois qu il ne se pouvait rien «ajouter à la satisfaction que jai de vos ser- «vices; que les discours que Ton tient, et dont «on vous informe avec tant de soin, ne doivent «&ire aucune impression sur vous; que rien «ne peut, à mon égard, diminuer le mérite de «ce que vous avez fait depuis Tannée dernière, «et que vous devez continuer avec le môme « zèle. i>

Malgré ces assui^nces,la position devenait si intolérable pour Villars, quil demandait avec instance son rappel, ce qu'on attribuait encore à son désir de rejoindre la maréchale.

Inutilement il prit sur lui de livrer au général des impériaux, devenu trop menaçant, une bataille qui fut la première bataille d'Hocbstett ^ ;

^ Il existe uoe très belle relation de cette bataille d*liocli8lett, adressée par Villars au roi, du camp de Donawert, le a 4 septembre 1708. Le régiment de la Ferroaays y fit des merveilles. Un officier général de ce nom avait puissamment contribué à la victoire de Friediingen (Mémmres de Villars). La copie de la re-' lation de Villars fut galamment envoyée par M. de Ghamillard à M*"" de Varangeviiie et à M. Courtin.

72 COMMENT ViLLAAS QUITTA L*ARM££ D*ALLEMAGNB.

cette victoire oayaixt pu décider l'Électeur à se prêter à une marche décisive sur Vienne, et les affaires de i armée française étant momentanément remises sur un bon pied, Viilars en profita pour redemander son rappel avec d'irrésistibles instances. «Ayant rétabli les affaires par cette «victoire, écrivait-il au roi, j'ai une grâce à dc- « mander à Votre Majesté; c est la permission de a quitter un commandement qui expose ma répu- «tation, laquelle m'est plus chère que la vie. a Je ne saurais continuer à servir avec un prince «environné de traîtres, qui font manquer les «plus sages et les plus grands projets; et je «conjure Votre Majesté de m accorder cette « permission, laquelle je préfère aux plus grandes «grâces dont elle pourrait m'honorer^»

Sollicité si vivement, le congé de Villai^s fut accordé , mais accompagné de toutes les formes et grâces qui pouvaient éloigner ja pensée d'une défaveur.

' Le ad octobre 1708, M. de Ghamillard écrivait à

Viilars : tt Croyez cjuc je soullrc presque aulant que vous «de tout ce que je vois, et de ce que raiTaire d'Aile- «magne, qui devait doooer la paix au royaume, fait «aujourd'hui un nouveau sujet d*embarras.t

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