‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 5 sur 91 · LE MARÉCHAL DE TILLAB · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL DE TILLAB

11 était de haute taille et du plus bel air. Sou allure héroïque et conquérante le faisait remarquer à la téte d'un bataillon de grenadiers, comme dans les ruelles et les salons. «Nous aurons M. de Villars et uson grand air, n écrivait M*"' de Sévigné. Il avait, i cet égard, de qui tenir. Son père avait été l'un des types célèbres des héros de M"* de Scudéry . Le surnom à*Oronr date, principal personnage du Cyrus, lui en fut donné, et lui resta toute sa vie, dans le grand monde. Il assistait le duc de Nemours dans le duel fameux où ce prince fut tué par le duc de Beaufort son beau-frère, et l'aventure, jointe à la bonne mine de Villars, en fit un homme & la mode. Le prince de Gonti se l'attacha par engouement. Jeté par ses relations, pendant la fSronde, au milieu de ce groupe de Ueuienantes de Mademoiselle qu'on appela les divines, il y fit du ravage, et s'éprit d*un amour passionné

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pour une charmante et noble fille qui le paya de retour avec un certain éclat. Orondate fépousa et la rendit mère, au bout de Tan , dun fils qui fut le maréchal de Villars. Elle se nommait Marie de Bellefonds, tante paternelle du maréchal de ce nom, et, à défaut d'argent, elle apportait i son époux une dot de bel esprit, avec d^utiles alliances et de puissants appuis à la ville comme à la cour.

Sans avoir peut-être tous les avantages physiques de son père, Villars en rappelait les traits les plus distingués, comme on peut en juger d'après les portraits et gravures qui sont arrivés jusquà nous. Mais enfin il avait près de cinquante ans, et îâ!^ de Varangevilie n*en avait que dix-neuf, rehaussés par une beauté ravissante et par une grande fortune.

Comment Villars élait-il resté jusqu'alors sans s'établir en mariage? Ëst-il vrai quil ait été marié une première fois ?

L'affirmative na pas semblé douteuse à un critique aussi distingué par son savoir que judicieux dans ses assertions; je veux parier de rérudit et scrupuleux éditeur de la correspondance de M""" de Sévigné. U fonde son opinion

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LE MABSCHAL 0£ VILLABS. 9

sur un texte de Dangeau, qui, au premier aspect, parati décisif. Voici comment s^exprime, en effet, le chroniqueur, sur le a 6 avril 1 69 : « Pirou a épousé ce matin à Paris M. le n marquis de Villai*s. » Dangeau pouisuit : u elle «a eu en mariage ao,ooo écus d*argent comptttant, et pour 5o,ooo francs de pierreries ou a de meubles. Les affaires du marquis de Villars « étaient fort embarrassées; avec faigent qu*il « tire de ce mariage, il sauve une terre considé* arable quil a auprès de Mantes^. »

* Voy. Dangeau, sur a6 avril 1691, 1 111, p. S 28. ' Où, soit dit ën passant, notre VOlars n a jamais eu

de bien, à ma connaïasaitce.

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