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conduite alors chercha lexcuse du sentiment. La femme qui avait eu vingt amants avait cëdë , pour chacun d eux, à un amour irrésistible. Cet empire de la sensibilité a duré jusqu'à la fin du siècle. Le personnage du duc de Richelieu est resté dominant dans ia troisième période » qui a été celle où brilla Vauréal. Celui-ci fut-il , comme on semble le croire, un Richelieu mitre, aussi heureux que lui. mais plus discret? C'est la couleur sous laquelle nous Ta peint d'Argenson, mais avec un cynisirie d'expression et un luxe d'invectives qui révèle ia passion, et met en garde contre le niécontent qui avait perdu le pouvoir par sa faute , et qui s'en prenait à tous ceux qui étaient plus heureux ou -plus habiles que lui. Vauréal a vécu dans un monde plus ou moins dissolu , et y a lait ses affaires. Mais a-t-il participé à la dissolution? C'est pour nous le délicat de la question. Le Journal hisiorùiue de GoUé est moins dubitatifs
* Voy. 1. 1, p. loo, de la derDière édition : c Uévèque «de Rennes (Vattxréal) a été le plus bel homnie de son
t temps. Homme à bonnes fortunes, audacieux, plein «d'esprit, aimable tout ce qu'on peut Tètre. 11 n était «parvenu à Tépiscopat que porté par les femmes. Sans «principes, sans morars et sans ombre de décence*
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* A prendre même ses détracteurs au pied de
la lettre, ses habiludes ne sauraient être comparées aux innombrables aventures de Tabbé de Cboisy, que Louis XiV ne prit point au sérieux» mab qu'il fit cesser sur-le-cbaoïp, et dont il nous est resté un aimable volume de récits impossibles, dont la mère interdira soigneusement •la leclure à sa fille. L'abbé deVauréal, quoi qu'en dise Saint-Simon, a mis de la décence dans ses déportements, si déportemeuts il y a; il n'a pas scandalisé son diocèse, comme M. de Jarente; il a borné ses ravages aux ruelles de la société parisienne et i l'intérieur des boudoirs. Sa réputation à Rennes est encore, aujourd'hui,, abritée par des actes et des monuments qui ne s accordent guère avec les faits et gestes que lu» attribuent ses contemporains, dans leurs témoignages suspects. Il a respecté les bienséances, au moins à distance. Le reste est l'esprit du temps.
D'Argenson surtout s'acharne à sa mémoire, dont les autres chroniqueurs de l'époque ne
« Lorsque Tanial parut , le public de la cour, surtout , crut
H que le caractère du grand prêtre Sansgrénitis avait élé « fait d'après ce çharmant prélat. » Note autographe de Collé t écrite en 1780. Ëst-ce une autorité que Collé?
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prennent en aucune façon ia défense. Amant supposé (lune princesse du sang» habituée à de telles aventures, il eut, dit-on, en Espagne, des audaces incroyables , dont le roi Louis XV n*a fait que rire , et , cligne émule de son patron Richelieu , il ne fut occupé, par moments, qu'à se défendre des assauts auxquels f exposait sa bonne mine et sa renommée. Maniant ia plume avec talent, sans être poète comme Bemis, il aurait pu devenir cardinal comme lui.
Président de Tordre du dergc aux États de Bretagne, il y déploya une habileté rare, et - une facBité de correspondance qui lui assura un légitime crédit àia Cour, où, avec ses dehors enjoués, il fut considéré comme un pariementaire consommé. Devant son originale personnalité, toutes les autres s'effaçaient, et il dis» posait, en Bretagne, d'une assemblée dont la direction avait toujours été l'écueil des plus dévoués délégués du pouvoir royal. Cette présidence des États a donné lieu, de nos jours, à une publication aussi curieuse qu estimable (fi^cherchês sur les États de Bretagne, Paris, iSyS, a vol. in-8**), où un érudit consciencieux et travaillant sur pièces, nous a tracé la figure d*un
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abbé de Vauréal , si différente de celle de d* A rge n-
son, quon serait tenté de croire à la dualité des personnages , si la biographie de M. de Kerorguen n était appuyée de documents si authentiques, •qu'on se demande comment ont pu coexister, dans un même individu, le prélat respecté à Aennes, et le galant abbé traité si familièrement •dans certains salons de la capitale. Une longue •et grave notice académique de M. de la Condamine et le témoignage confirmatif de BulToa :ajoutent encore à la perplexité du lecteur qui vient de feuilleter les mémoires de d'Argen- -son, de lavocat Marais et de favocat Barbier. Evidemment Vauréal avait les défauts de son -époque , mêlés à de bonnes qualités de son fonds personnel.
Arrivons à la chanson qui n*est pas problé* «matique, et qu'il nous reste à expliquer.
Les chansons, dont on exagère beaucoup aujourd'hui Timportance historique ^ , sans que pourtant il soit permis d'en négliger complètement les indications, et qui conduisaient leur 4iuteur à la Bastille, quand il était de qualité, 4m à des coupii de bâton quand il était homme
^ Voy. Aubertin, De Vesprit pabUe au xviif siècle.
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de peu; ces chansons alimentaient l'oisiveté des salons ou de la salle des Pas-Perdus du Palais , dont Tingérence dans les aiTaircs du monde était siogulièrement accrue depuis la Régence. La fréquenpe des corrections auxquelles elles exposaient de méchants poètereaux, avait valu le nom de Siècle de hois à l'époque où Ton vivait-, et la légitimité prétendue de ces corrections inspirait au sage Franklin lui-mcme, quelques années plus tard « son pamphlet intitulé : Comme qaoi la Uberié de la presse ne saurait exister sans la Uberié du bdlon.
La chanson dont fut l'objet la maréchale de Viilars atteste la futilité passionnée dont se nourrissaient alors les salons du grand monde. C'est favocat Marais, dans sa correspondance avec le président Bouhier, qui nous rend compte de raventure; elle ne vaut pas vraiment le bruit qu'on en a fait.
« A propos de couplets, dît Marais, dans une «première lettre, M*^ de Gontaud en a fait « faire deux contre la maréchale de Viilars, avec «qui elle s'est brouillée, après avoir été son « amie. On dit qu*ik sont affreux. »
Dans une autre lettre, Marais écrit, sur de»
renseignements à coup sûr eiToaés :
Tlh vASBi m tauubal.
K L'histoire de la chanson contre M'"* la ma* «réchale de Villars est éclaircie. Elle a écrit une «lettre très dure à un ministre qui Ta portée «chez M"' de Gontaud. Là, en samusant, on a ttfait deux couplets de chanson contre la ma- « réchale, et on dit que le ministre y a mis qu claques mois de sa main. Je ne saurais vous dire « par quel sort il est arrivé que Toriginal de la tt chanson est venu entre les mains de la maré- «diale, qui avait voulu avoir un éclaircissement « avec de Gontaud, et cela fait une des plus a belles tracasseries qu*on ait encore vues, n
Quelques jours après, Marais écrit encore au président :
uLes chansons sur la maréchale fout du bruit, « et qui pourra bien retomber sur le dos du «poète (le poète Roy?), par la fatalité du Siècle «cfe bois, dont les poètes sont menacés.»
Ënfm, après un plus ample informé, Marais écrit : « Vous aurez les deux couplets de la mat( réchale. Pour entendre le premier, il faut savoir ((quil a été fait chez la maréchale d'Estrées» a où étaient M"" de Gontaud, sa nièce, le mi- «nistre et fabbé (de Vauréal), qui, après une a partie de quadrille voulut aller souper chez la
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« maréchale de Villars. On l'en voulut détourner, «il persista, et en dit da bien tant et tant, qu on «lui répondit : l'abbé, en vérité, vous avez bien uiela bonté, ce qui donna Toecasion de faire ce «couplet; et, en le mettant dans le monde, on « a eu la malice de marquer deux vers comme « faits par le ministre lui-même. Lie second coiv « plet a été fait chez M*^ de Gontaud , qui i* avoue , «et en décharge Roy, que Ton accusait den «être fauteur; mais gare & quelque calamité da il siècle de bois. Il y à encore deux autres cou- «plets anciens que Ton doit me donner. Voilà atout ce que je sais de cette tracasserie qui a « peu duré au dehors, car depuis elles ont mangé « ensemble» mais rancune tenant, comme on «dit: