CHAPITRE VII
HANU£L DE LA FËBBUBE.
MAKUEL DE LA FEBBURE.
\Tent, nous ne pouvons rien leur enseigner de ce qui concerne Fart de forger le fer. Ainsi que nous Tavons déjà dit, c^esfc exciiisivement du ressort de l'apprentissage. On ne s'y façonne bien qne dans les ateliers, sous la direction d'un bon maître.
n n'en n'est pas de même de la f émue proprement dite. L'action de préparer le sabot et celle d'y appliquer le fer peuvent se prêter à un enseignement méthodique, dont nons allons essayer d'exposer la substance.
Les préceptes composant cet enseignement diflfèrent suivant qu'il s'agit d'appliquer la feirnie usuelle ou la ferrure perfectionnée, dont nous nous sommes occupés jusqu'à prémii. Si l'on pouvait compter sur la complète adhésion du lecteur aux démonstrations consignées dans les pages précédentes, il n'y aurait plus lieu de parler de la ferrure usuelle; mais ce serait sans doute s'illusionner beaucoup de croire qu'il a été définitivement convaincu de la supériorité incomparable de la ferrure périplantaire.
En attendant qu'il en soit ainsi , force nous est bien de lui f aûe connaître les moyens d'atténuer le plus possible les inconvénients de la fermre traditionnelle. Plus loin, nous indiquerons ceux à l'aide desquels on peut remédier aux altérations qu'elle produit dans le sabot.
Nous supposons le cas le plus ordinaire, (jui est celui d'un pied à referrer, d'une ferrure à renouveler, et nous prendrons ce cas pour type. H s'agit alors de déférer le pied, de le parer, d'ajuster le fer, de le faire porter à chaud ou à froid, dans le premier cas de le refroidir et de terminer à la lime sa préparation, enfin de l'attacher en brochant les clous et eu les rivant.
C'est en cela qne consiste le manuel de la ferrure, qui exige le concours de deux hommes au moins, pour les sujets les plus dociles, le f erreur et le teneur de pieds.
Parlons d'abord de la fonction de ce dernier.
Fonction du teneur de pieds. — Deux qualités sont nécessaires, chez riiomme qui remplit la fonction de teneur de pieds. Elles ne sont pas malheuieusemenl; assez souvent réunies. Ces qualités sont la Tireur des bras et la douceur du caractère. Un homme doux et bienveillant, ainaant les animaux et sachant les aborder avec de bonnes paroles, prévient le plus ordinairement les résistances des sujets les plus difSelles, dout rindocilité n'a souvent d'autre cause que les brutalités qu'ils ont dû subir, dette indocilité n'est alors que de la révolte, qu'on a bien de la peine à ne pas considérer comme parfaitement lé^time.
On ne saurait donc se montrer trop attentif dans le choix des teneurs de pieds. L'intérêt le commande aussi bien que les bons sentiments, car toute résistance à vaincre, de la part du sujet à ferrer, se traduit par une perte de temps dont la valeur se chiffire en argent.
Jamais le teneur de pieds ne doit aborder un animal sans le prévenir par quelques paroles prononcées d'un ton doux ou flatteur, et par une caresse de la main sur le membre qa'S veut saisir pour lever le pied. Au membre antérieur, il caresse d'abord Tépaule , puis il glisse sa main jusqu'au patm^on, en prenant un point d'appui de l'autre main sur le garrot Le membre fléchi au genou, il avance son propre membre qui est du côté de l'animal et fait porter ce genou sur sa cuisse, en écartant son autre jambe en arrière, pour s'arcbouter solidement, tenant le paturon entre ses deux maini^ les pouces dans le pli, à la hauteur la plus commode pour ranimai.
Lorsqu'il s'agit de lever un membre postérieur^ le teneur de pieds vase placer en face du flanc, en caressant le dos, les
reins et la croupe, pour avertir le cheval. Il appuie ensuite Fune de ses mains sur la croupe, en même temps que l'autre glisse le long de la cuisse et de la jambe, jusqu'au milieu du canon, qu'elle saisit poui* fléchir le jarret en écartant un
HAKITEL BE LA FEB&UEE.
peu le membre, puis il porte lestement sa caisse sous ce membre en pivotant sur son antre jambe et en appuyant son épaule sur la fesse de Tanimal, qu'elle ne doit jamais quitter, tandis qne les deux mains fixées dails le pli du paturon, comme tont à l*henre, maintiennent solidement le membre fléchi.
Ainsi arc-bouté encore, le teneur de pieds ne se fatiii^ue pas, et il présente le sabot au ferreux- dans la meilleure position. S'il sentait ne pins pouvoir résister suffisamment à des efforts de détente, de la part du sujet, il n^am^it qu'à pivoter de nouveau en sens inverse, en appuyant une main sur la crcape, tandis que de l'autre il tiendrait le boulet, en suivant sans résistance les monvements des ruades successives, jusqu a ce que le calme soit rétabli, pour reprendre alors sa première position. C'est un moyen sûr d'éviter les Hccidents. Youloir résister trop, c'est s'exposer à être bientôt projeté violemment en avant , pour y faire une chute dangereuse, sans compter les coups de pied, qui contribuent souvent à la précipiter en l'aggravant.
Action de déferrer. — Le pied tenu comme nous venons de dire, il faut commencer par le déferrer, à moins
qu'il ne soit nu, auquel cas il y a lieu seuluineut/ de rechercher les souches et de les extraire avec les tricoises ou le repoussoir. Si le fer existe encore, ce qui est l'ordinaire, on redresse d'abord les rivets des clous , en frappant avec le brochoir ou la mailloche sur le dos du rogne-pied, dont l'extrémité ia moins tranchante est appliquée successivement à chacun de ces rivets.
Les rivets défaits, on saisit avec les tricoises une des branches du fer, vers l'éponge, de numière à la soulever par une action de bascule. Elle entraine en s'écartant du 8al)oL un certain nombre de clous. Un léger coup frapiX3 sur le fer pour le rapprocher de nouveau du sabot, fait sortir
des étampures la tête des clous, qui peut être alors saisie
LA MABÉCHâLEBIE.
par les mors des tricoises pour les arracher. L'opération est oontmaée pour l'autre brandie, et quand il ne reste plus on seul clou, le fer s*enlève, le pied est déferré.
Il &ut avoir soin, dans cette action, d'éviter que les clous en sortant ne fiuasent éclater la corne de la paroi, ce qui arrive lorsque les rivets u'out pas été bien redressés, ou lorsque les tricoises agissent trop brusquement.
A mesure que les vieux clous ou eaboehês sont extraits, il convient de les loger dans le tablier à ferrer, où leur place est dans la sacoche de. droite, les clous neu& étant à gauche, ou bien dans la boite. Les laisser tomber sur le sol de l'atelier, c'est exposer les chevaux qui le fréquentent à l'accident de piqûre appelé clou.de rue.
Action de parer le pied. — Une fois déferré, le sabot doit être paré d'après les principes que nous ayons indiqués, et qui ne sont pas les mêmes, comme on sait, dans la ferrure usuelle et dans la ferrure périplantaire.
Pour la première, on commence par retrancher l'excédant "de longueur du sabot avec le rogne-pied, en fiaisant agir sa partie la plus tranchante par des coups frappés sur le dos de l'instrument à l'aide du brochoir. Le rogne-pied enlève toutes les parties du bord plantaire de la paroi qui dépassent le niveau de la sole. Ces parties sont les plus dures. Le boutoir ne les attaquerait que bien difficilement.
Celui-ci, dans sa forme ordinaire, que nous avons indiquée dans le chapitre précédent, agit ensuite de la manière suivante :
L'ouvrier le tenant de la main droite, Pextrémité dn manche appliquée contre son ventre et le coude au corps, tandis que sa main gauche, embrassant la couronne et les parties supérieures de la muraille, guide le pied, engage le tranchant à plat dans la corne de la paroi, et dresse le bord plantaire de celle-ci par l'enlèvement de copeaux, comme