‹ La maréchalerie; ou, Ferrure des animaux domestiquesChapitre 14 sur 58 · MAOTEL DE LA FERRURE · texte numérisé non relu

MAOTEL DE LA FERRURE

attendu qa'on est alors trop souvent obligé de modeler le pied sur le fer, à rencontre de la première règle de toute bonne ferrure.

Cela dit, voici le manuel de l'action dont il s'agit : Le fer étant encore chaud au rouge sombre , Touvrier le présente à la surface plantaire, en le tenant de la main gaudie avec ses tenailles, puis il le maintient appliqué légèrement, entre les branches écartées de ses tricoises, rectifiant sa direction par des petits coups donnés à l'aide des mors réunis des tenailles, sur ks points du contour qui ont besoin d'être poussés. S'il juge que la tournure doit être rectifiée, il le saisii de nouveau avec ses tenailles, Tenlève, remporte à l'endumc^, pour le ] présenter ensuite de nouveau. Si la tournure est exacte, il le fixe en place, au moyen des tenailles dont les mors embrassent la pince, et il appuie les extrémités des branches des tricoises au fond d'mie des étampures de chaque branche du fer, jusqu'à ce que la corne du bord plantaire de la paroi ait été brûlée à une certaine profondeur.

L'opération fait apercevoir tout de suite si le pied a été bien paré. Dans ce cas, tout le contour a subi également l'action de la chaleur; dans le cas contraire, certaines parties plus creusées y ont échappé. Il y a lieu alors d'enlever avec le boutoir les parties brûlées, pour les mettre de niveau, puis défaire porter de nouveau. 8i Tadaptation est partout égale, il n'y a plus qu'à refroidir le fer en le plongeant dans Feau, puis à lui donner la dernière préparation avec la lime, après avoir débouché celles de ses étampures que l'ajusture aurait pu obstruer.

L'ap|>lication du fer chaud ne doit jamais durer {dus de quelques secondes, surtout lorsque , selon llialntude vicieuse de la plupart des maréchaux , le pied a été paré à fond. Une application prolongée oblige à enlever les parties de la sole qui ont été brûlées, et cela même, si prestement qu^on le

LA MARËGHALEBIE.

pratique, ne garantit pas toujours les parties vives sous-jaoenies contre les accidents de brûlure à divers degrés.

Dans la ferrure périplantaire , il s'agit seulement, en faisant porter le fer à chaud, de Timpriiuer dans la feuillure , où il est du reste plus facile à guider que le fer ordinaire ne l'est à la surface continue de la paroi et de la sole. Quant aux eiï'ets possibles de la chaleur, les mêmes précautions sont à observer.

Action d'attacher le fer. — Refroidi, débouché et limé aux éponges et sur son bord externe, comme il a été indiqué précédemment, le fer €st mis en place et maintenu

par les pouces du teneur de pieds, ce qui est moins facile dans la ferrure usuelle que dans la ferrure périplantaire. Le f erreur broche ensnite les clous successivement, en commençant par la maraolle externe, puis par l'interne, afin d'éviter les déplacements.

Pour brocher, Touvrier doit saisir la lame du don affilé entre le pouce et l'index de la main gauche, le biseau de la pointe tourné du cùié de l'index , c'est-à-dire vers la sole, lorsque ce dou est présenté à l'étampure. De petits coups frappés sur la tête avec le brochoir le font pénétrer dans l'épaiâseur de la paroi, jusqu'à ce que le son perçu de vienne plus clair, ce qui indique que la pointe a atteint la corne extérieure, la plus dense ou la plus dure. On peut alors sans danger frapper à grands coups, car la pointe du clou est près de sortir.

Pour éviter que ces grands coups de brochoir ne portent à faux et ne fassent couder la lame, au lieu de l'enfoncer, on a souvent la précaution d'appuyer le sabot, en un point voisin, avec les mors réunis des tricoises. Si la lame est faible ou un peu courbée déjà, on l'appuie elle-même à l'aide d'une des branches de celles-là. Une fois le clou enfoncé complètement, sa lame est relevée avec la carre du brochoir

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et la pointe rabattue sur la paroi , pour que la maiu du tieueur de pieds n'en soit pas blessée.

8i le doa s^enfonoe d'tine oertainé longueur en ne produisani qu'un son mat, cela indique qu'il pénètre trop perpendiculairement dans l'épaisseur de la paroi et qu'il ne sortira pas, ou même qu'il se dirige peut-être du côté des parties nves, ce qui dépend d'une mauvaise affilure ou de la vicieuse direction donnée en Tijnplantant. U convient alors de le retirer, pour Timplanter de nouveau ou pour corriger son atfilure. Dans les deux cas, on évite avec soin l'ancien trajet.

Les clous coudés doivent être {emplacés par d'autres plutôt que redressés. Un habile ferreur, qui sait bien affiler et qui a le coup de brochoir bien sûr, n'en coude que fort rarement, et il les fait tous sortir au même niveau, ce qui est la condition d'un bon travail.

Le brochage est moins difficile dans la ferrure périplantaire que dans Tordinaire, à cause de la forme des clous et de celle des étampures.

Les clous étant brochés, l'excédant de leur lame est coupé avec des tricoises au ras de leur point de sortie. En relevant cette lame, on a fait saillir au-dessus de ce point un petit fragment de la paroi, qu'il s'agit de d^;ager avec Is rogne-pied, pour log^ le rivet. Pour fonner celui-ci, en woDurbant l'extrémité de la lame du clou, on appuie audessous de cette extrémité la carre du bord saillant des mors léonis des tricoises, et Ton frappe sur la tête du clou avec

brochoir. Le contre-coup transmis aux tricoises a^it dans le sens voulu.^ Il ne reste plus qu'à rabattre le rivet sur la pmi avec la carre du brodioir, en soutenant, à Tinverse de tout à l'heure, la tête du clou avec des tricoises.

Pour cette opération, le ferreur doit pouvoir se servir indiffiâremment de Tune ou de Tautre main, dans le manieînent des deux instruments, brochoir et tricoises, car il lui i^ut toujours faire face au pied sur lequel il agit.

Les rivets rabattus^ il ne reste plus qu'à donner le coup de râpe, pour raffleurement complet du bord ioférieurde la paroi avec le fer qui le oontinae^ et pour diminuer m peu l'épaisseur de ces mêmes rivets , qui dépassent quelquefois la surface de la muraille. Ou peut, pour faire agir h râpe, placer le pied sur un petit support en bois on sur son genou. La dernièi'e façon de procéder est la plus siinj^le cl la j)lus commode , mais Tune et l'autre ne sont applicables qu'aux pieds antérieurs. Les pieds postérieurs sont râpés dans l'attitude qu'ils ont pour être ferrés, la râpe agissant verticalement.

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