FERRURE ORTHOPÉDIQUE
d'être désagréable à Toreille du cavalier. Quand au lien du
métal c'est la corne elle-même ou les parties voisines qui sont touchées , il en résulte des contusions toujours graves.
Il est facile de comprendre que Taction de forger dépend d'un fonctionnement in'égulier des membres, et non point de la forme ou de Taplomb des sabots. Dans Texécution des mouvements, conforme à la loi du parallélisme des leviers osseux qui se déplacent sous Timpulsion des puissances musculaires, le fait dont il s'agit n'est pas possible. £n oscillant sur leur point lixe, les leviers ne cessent jamais d'être parallèles, puisque leurs extrémités libères parcourent toujours des aires égales en des temps égaux. Elles ne peuvent donc point se rencontrer. Pour qu'elles se rencontrent et se heurtent^ en oscillant dans le même plan, il faut donc absolument que celle qui marche devant ail t^uhi un retard, que les leviers aient cessé d'être parallèles.
Appliquons ces données théoriques au Mt particulier qui nous occupe , en substituant aux termes mathématiques les expressions usuelles.
Dans l'exécution régulière des allures, les mouvements des membres antérieurs et ceux des membres postérieurs sont combinés de telle sorte, qu'au moment où le pied de derrière arrive au niveau de la place <3pi'occnpait le pied de devant à Fappui, celui-ci, déjà levé, a parcouru en avant un certain espace. 8i la combinaison est faussée, soit par le fait d'un défaut d'haimonie entre les dispositions des membres, soit à cause d'une paresse des puissances musoulaii'cs du membre antérieur, oocasiuunée par la faiblesse naturelle, la fatigue ou la souÔ'rance, en un mot si le lever de ce membre subit un retaixl, pourvu que Faction du membre postérieur reste normale, le sabot de celui-ci viendra certainement rencontrer le sabot du membre antérieur' correspondant, qui sera heurté avec une intensité d'autant plus grande, que le retard aura été plus considérable.
LA MAKÉCHALEEIE.
Ainsi se produit l'action de forger, dans laquelle le cavalier a aussi parfois une part.
Tout oe qui tend à porter en avant le centre de gravité du cheval surcharge nécessairement ses membres antérieurs et contribue par là au retardement de leurs actions, en. nécessitant un grand déploiement de force. La direction laissée à l'encolure y est pour beaucoup. Un cheval bien tenu en main et rassemblé forge rarement. Pour peu qu'il ait une conformation défectneuse ou qu'il soit îàtàgué^ il suffit de lui lâcher les rênes, pour qu'aussitôt il forge violemment.
Cette analyse du phénomène montre à n'eu pas douter que la forme du pied n'est absolument pour rien dans sa production, par conséquent que la maréchaleiie est tout à fait impuissante pour Tempécher. Elle n'a pu intervenir, jusqu'à présent, qu'en vue d'un de ses effets, qui est le bruit produit par le contact pins ou moins violent des surfaces métalliques.
Pour supprimer ce bruit, on a imaginé de tronquer le fer dans les points rencontrés. Qui ne voit que le remède est ici pire que le mal? car, apparemment, si le fer n'est plus heurté, c'est le sabot qui l'est à sa place ; et c'est une singulière manière d'améliorer la situation. Un dieval qui forge ne fait plus entendre un bruit éclatant, lorsque ses pieds antérieurs sont pourvus de fers à éponges tronquées; mais en revanche il se contusionne les talons à chacun de ses pas.
Je demande si cela est moins dommageable.
Dans un seul cas, il dépend de la ferrure de faire disparaître Tinconvénient dont nous nous occupons : c'est lorsqu'elle en a été elle-même la cause directe on indirecte. Les chevaux mal ferrés depuis longtemps, qui souffrent des pieds antérieurs, et dont les actions sont ralenties instinctivement pour ce motif, forgent iM)uvent quand on veut un peu forcer leur allure. Ils ne forgent plus dès que, sous rinlluence d'une ferrure meilleure, leurs pieds ont recouvré les conditions uor-