FERRURE ORTHOPÉDIQUE
maies. Mais'ce n'est pas de femire orthopédique ou spéciale
qu'il s'agit ici, c'est purement et simplement de la ferrure hygiénique telle que nous en avons exposé les principes.
Des éponges trop longues, qui dépassent outre mesure le niyeau des talons, suflSsent aussi parfois, chez les sujets un . peu faibles, pour que la pince du pied postérieur vienne les heurter; et alors il arrive fréquemment que les dous ébranlés finissent par céder et que le fer s'arrache. Il n'y a qu'une chose à dire à cela : c'est que dans une bonne ferrure^ les ^nges ne doivent jamais dépasser le niveau des talons.
Conclusion. — En définitive, pour le cheval qui forge, comme pour celui qui se coupe, comme pour celui qui a les pieds cagneux ou panards, il n'y a pas de procédé spécial de ferrure. li'indication fondamentale est toujoui*s la même dans tous les cas où le sabot est à Tétat normal, quelles que puissent être les conditions d'aplomb du membre : cette indication est de conserver au sabot sa forme naturelle, ou de la lui restituer, si les idées dont nous avons essayé de faire sentir la fausseté dans le présent chapitre l'ont fait altérer.
La véritable ferrure orthopédique ne peut donc pas avoh' a bistre objet que celui d'opérer cette restitution, suivant les modes nue nous avons décrits pour chaque cas particulier,
et qui rescortissent en réalité à cette branche de Fart que Ton appellô maintenant la thérapeutique fonctionnelle.
Le fontionnement r^ulier et modéré des organes, leur exercice normal, est en effet la plus sûre garantie de leur couBervation, et la condition la plus efficace de leur rétablissement, lorsqu'ils ont été altérés.
Nous allons en voir des preuves convaincantes en nous occupant, dans le chapitre suivant, des procédés de ferrure applicables aux maladies du pied. Nous désignerons Fensemble de ces procédés sous le nom de ferrure thérapeutique,
122 LA MAEÉCHALEEIE.
attendu que leur but est de guérir ces maladies, ou tout au moius de contribuer à leur guérison.
OHAPITEB IX.
FEBRUBE THÉBAPEUIK^UE.
Cas d'application. — II faut distinguer les cas d'application de la ferrure thérapeutique en deux catégories. Dans la première se rangent ceux pour lesquels elle constitne toute seule le moyen de guérison opposé à la maladie du pied ; dans la seconde prennent place ceux où elle fait seulement partie de Tappareil chirurgical^ à titre d'agent de pansèment ou d'auxiliaire»
Par ordre d'importance, à notre point de vue, il faut parler d'abord du rétrécissement du sabot dans ses régions postérieures^ dont le plus haut d^ré porte le nom à^encasUhure; puis des mmes, des bUiims, de la faurhir», du cnowmnt et du jned dérobé. Après viendront les maladies pour lesquelles le fer n'est qu'une pièce de pansement, telles que le eîau de rue, le crapavd^ hjavart.
Kous nous bornerons, bien entendu, à définir chacune de ces att'ections du pied, pour décrire seulement la feiruie qu'il convient de leur appliquer.
Encastelure. — On a cherché à à^blir toutes sortes de distinctions entre les divers degrés de resserrement du sabot
qui constituent Fenoastelure^ depuis ce que Ton appelle sim-
FEEBU&E THËEAPËUTIQTJE. 123
plement le pied à talons serrés, par où elle commence, et on a attribué ce less^rement à toutes sortes de causes.
La vérité est qu'il n'y en a qu*une qui soit déterminante ; toutes les autres ne font que favoriser son action. Cette cause est le dé&ut de f ontionnement régulier des parties postérieures du sabot, résultant parfois d'un repos trop prolongé à Técurie^ mais le plus souvent des pratiq^ues vicieuses de la ferrure usuelle, consistaut à abattre les arcs-boutauts et les talons, à parer trop la fourchette et à creuser la sole.
Pour peu que ces pratiques soient secondées par la sécheresse du sabot, sur les chevaux fins du Midi particulièrement , elles ne manquent jamais leur effet. Les gros chevaux du Nord y résistent davantage ; mais ils ne sont point exempts de leurs sériées.
A dater du moment où les quartiers coimnencent à s'aplatir, en prenant une direction plus rapprochée de la verticale, la compression que subissent les parties rives sous-jacentes y détermine de la duiileur, qui se manifeste pai* une claudication ou boiterie. Au début, ce n'est qu'après un certain temps de marche. On appelle cela boiter à chaud, La claudication disparaît par le repos.
Le rétrécissement du sabot faisant des progrès, la boiterie devient permanente, et la station même est douloureuse, à ce point que le cheval est obhgé de soustraire à chaque instant Tun de ses membres à Tappui.
Le moins qui puisse résulter de Taltération, sous la forme de talons bas et serrés seulement, c'est un défaut de liberté et d'élégance dans les allures, l'animal s'abstenant d'user de tons ses moyens, afin d'ériter instinctivement la douleur, si faible qu'elle puisse être, que lui cause l'appui violent de &on pied sur le soL
n serait long et peu utile d^énumérer seulement tous les procédés de ferrure qui ont été imaginés et prati(iu(''s pour remédier à Tencastelure. Le luxe de moyens, eu cette
LA MAKÉCHALERIE.
affitire, comme toujours, prouve snfHHamment que la plupart
se sont montrés inefficaces.
En ces derniers temps, il y a eu une sorte de recrudescence, caiactérisée par l'usage de moyens mécaniques, dont le but est de produire sur-le-champ récartement des taloiLS. Des fers spéciaux ont été imaginés pour maintenir jusqu'à une nouvelle action de Tinstrument dilatateur ^ appelé du nom assez peu euphonique de désmcastêUur, la dilatation obtenue.
On doit reconnaître que la méthode nouvelle s'est montrée efficace dans la plupart des cas de son application,
ce qui lui a valu un grand succès de vogue parmi les vétérinaires. Duraht un moment, c'était à qui inventerait son désencasteleur ou son fer dilatateur. J'ai vu, notamment, le bureau des membres de la coinniission d'hygiène hippique, au ministère de la guerre, littéralement encombré de sabots, de fers et d'instruments, pour la démonstration des avantages de toutes ces inventions. C'étaii un délui^e, une fureur, une rage. Nos vétérinaires principaux ne savaient plus auquel entendre ; ils avaient de la maréchalerie par-dessus les yeux.
Le premier feu calmé, on en est à penser maintenant, je crois, qu'il y aurait peut-être plus d'urs^ence à se préoccuper d'introduire dans la pratique de la ferrore usuelle les perfectionnements capables de prévenir Pencastelure des pieds, ({u'elle produit si fréquemment. Et il y a tout lieu d'espérer ({ue l'adoption de la ferrure périplantaire aura ce résultat. Toujours est-il que sa venue semble avoir été pour beaucoup dans le calme qui s'est rétabli.
Je soutiens depuis longtemps, pour mon compte, que les bons effets obtenus par l'usage des procédés de désencsstelure mécanique, soit avec le désencasteleur Jarrier ou ses imitations, soit avec Tétau dilatateur Defays, doivent être attribués, non pas à l'action de rinstroment, mais bien à celle du mode de ferrure que sou application nécessite. Et
PBRRUBE THÉRAPEUTIQUE. 125
c'est ce que je vais entreprendi'e ici de démontrer encore une fois.
En effet, qu'il s'agisse de produire la dilatation immédiate des talons par l'intermédiaire du fer, en écartant ses branches, une fois posé, à Taide de Tétau, ou bien que ce fer soit appliqué à la suite de la dilatation opérée au mojen du désencasteleur, dans les deux ca«, deux choses sont indispensables : la première, que le fer, étroit et mince en pince, ait des éponges assez nourries pour supporter, à leur bord interne, une oreille ou pinçon solide, qui doit s'appliquer sur rarc-boutant, près du repU du talon ; la seconde, que les arcs-boutants et les talons soient ménagés, pour donner prise sufl5sante au fer qui doit les écarter.
Eh bien! je prétends que dans ces deux conditions se trouvent les seules raisons de TefiScacité thérapeutique de la méthode, et que l'effet direct de dilatation ne produit qu*un bénMce illusoire, au prix d'une complication et d'une action souvent barbare, toujours empirique et inutile.
En observant ce qui se passe dans le sabot encastelé, à mesure que les effets de la ferrure qui vient d'être décrite se manifestent, je me suis souvent demandé comment expliquer la méprise dans laquelle tombent à cet égard même les hommes les plus expérimentés. Ne suffit-il pas de voir que l'opération ainsi pratiquée provoque dans une direction nouvelle, c'est-à-dire normale, la pousse de la corne, en produisant un fort sillon au bord supérieur de Fancienne paroi encastelée, pour conclure que cette opération agit sur le bourrelet ou matrice de l'ongle, précisément en sens inverse de la direction qu*on lui attribue?
S'il était exact, en effet, que ce fût l'écartement mécanique des talons qui produisit le résultat , il faudrait renoncer aux connaissances que nous avons sur les plus évidentes lois de cette même mécanique. Le bord inférieur de la paroi encastelée, et devenue sèche et rigide, ne peut
LA MARÉCH^LLEKIE.
être porté de dedans en dehors qu'à !& condition que son
bord supérieur, celui qui embrasse le bourrelet, subisse un mouvement inveiBe, quelque élasticité que Ton suppose à la corne de cette paroi. S'il en est ainsi ( et il ne peut pas en être autrement ), comment comprendre que sous / une telle influence le bourrelet lui-même éprouve un mouvement d'expansion ?
Ce mouvement se produit cependant, et il est attesté par la nouvelle pousse de corne, formant le sillon dont on vient de parler^ lequel sillon descend progressiYementy à mesore que l'ancienne corne est chassée devant elle par la nouvelle, qui la déborde de tous côtés. Théoriquement, cela nei 8^eiq>]iquerait pas. Expérimentalement, il suffit d'observer que peu de jours après l'application du fer dësencasteleur, ses oreilles ou pinçons n'affleurent plus les arcsboutants,pour s'apercevok que Taction des pinçons est nulle dans Teffet d'écartement qui s'est maintenu.
Le i)liénomène que je signale et que j'ai quelquefois fait , remarquer à des savants vétérinaires, sans réussir à les convaincre, ne peut pas être contesté. Il le peut d'autant moins, qu'il est on ne peut plus facile d'en fournir la preuve directe, en produisant exactement le même résultat sans le concours d'aucun instrument dilatateur, et rien que par l'application -de la ferrure, le fer étant dépourvu de ^out pinçon. Il ne faut, dans ce cas, pour l'obtenir, pas une minute de plus» Le temps est mesuré toujours par l'activité de la sécrétion cornée.
Cette preuve, je me la suis donnée bien des fois , pour mon compte. Durant mon séjour de trois années dans l'armée, en qualité dé vétérinaire, j'ai eu l'occasion de faire ferrer sous mes yeux, en y mettant même la main souvent, des pieds encastelés à divers degrés, et surtout des pieds boiteux à talons serrés. Jamais l'efFet d'expansion n'a manqué de se produire, sous l'influence seule de. la ferrure,
lEiUlUllE THERAPEUTIQUE. 127
ayant pour objet et pour résultat de rétablir le levier phalangien dans ses conditions normales.
Ovt, répétons-le, c'est ea agissant ainsi que les prooédéa compliqués 9 dont la discussion vient d'être faite, sont efficaces. C'est parce qu'ils ont, au demeurant, pour élément faudamental l'application de la ferrure Périer (il faut bien rappeler de son vrai nom). C'est parce qu'ils mettent la région du pied en état de fonctionner suivant ses conditions normales. Oe n'est pas pour un autre motif.
On doit donc, dans le traitement de l'encastelure, rejeter sans hésitation tous les procédés anciens ou nouveaux qui ont pour objet de tourmenter directement le sabot , soit en le dilatant par des actions mécaniques , soit en entamant &a muraille à Taide de Tinstrument traucliaut, pour y pratiquer des rainures ou des amincissements. La seule indication à remplir est de h rétablir dans la direction la plus favorable il son fonctionnement normal, direction que nous avons à plusieurs reprises Mt connattre dans le présent volume.
La ferrure est ici toute-puissante.
Le caractère du sabot encastelé n'est pas seulement dans l'aplatissement de la région des quartiers et des talons. Teux-ci sont quelquefois courts (dans le début de l'encasidure surtout) y mais ils sont le plus .souvent longs, ce qui ne vent pas dire qu'ils soient hauts. La direction des fibres cornées, en ces régions, est devenue d'une obliquité exagérée, de haut en bas et d'arrière en avant. La pince est allongée.
La ferrure doit avoir pour objet de raccourcir la pince et d'élever les talons, dans les proportions ncx^essaii'es pour que l'axe d'appui de la troisième phalange reprenne sa direction d'obliquité normale, qui est, comme nous le savons, celle d'une ligne inclinée de 45 degrés sur le plan horizontaL Les choses amsi rétablies, le pied fonctionne normalement, et le sabot se refait dans ses conditions naturelles. Ce n'est plus qu'une question de temps.
LA HABÉCHALEBIE.
Pour atteiiidi'c le but proposé, le maréchal pare la pince à fond, jnsqn'à la rosée , s'il le faut , en respectant k sole, la fourchette, les arcs-boutants et les talons ; puis il applique un fer étroit et mince en pince, étampé là très à maigre , ce qu'on appelle dans les ateliers un fer dégagé , progressive* ment plus épais xam les ])raiiches et les éponges, auxquelles il donne^ en les ajustant, la garniture nécessaire pour que la surface d'appui soit à peu près égale à ce qu'elle s^t si le sabot, au lieu d'être encastelé, avait ses proportions normales. Cela implique TobUgation de placer les étampures des branches aussi loin que possible des éponges.
Cette ferrure, remarquons-le de nouveau, est précisément, moina les oreilles ou pinçons des éponges, celle qui accompagne l'action des instroments désencastelenis dont nous avons démontré Tinutilité. Elle doit être reiiouvelée souvent, tous les quinze jours au moins, surtout dans les premiers temps de son application. H est rare que , bien appliquée, elle ne fasse pas disparaître la boiterie presque aussitôt. Lorsqu'il y avait seulement géne dans les alloies, ceUes-d ne tardent pas à recouvrer leur entière liberté.
Sous son influence, et par le fonctionnement rétabli des diverses parties du sabot ^ les arcs-boutants reprennent leur obliquité, les lacanes latérales de la fourchette se creusent; celle-ci se développe; ses branches s'écartent, et ses glômes se reforment, en même temps qu'on voit la nouvelle corne partir du bourrelet, dans la région des quartiers et dans celle des talons, suivant mie direction meilleure.
A mesure que tous ces résultats s'accentuent davantage» il convient, à chaque renouvellement de la ferrure, de diminuer à la fois l'épaisseur des branches du fer et Tétendue de leur garniture, en se réglant d'ailleurs sur les bsses théoriques que nous avons posées, pour arriver enfin à la simple ferrure hygiénique.
C'est le cas plus que jamais, alors, d'adopter la ferroie
I^BBTJEE THÉBAPEUTIQUE. 129
périplantaire, la plus propre, à coup sûr, à prévenir le retour de Tencastelure, ainsi que toutes les autres altérations du sabot qu'il nous reste à passer en revue.
Seimes. — La mauvaise ferrure a une grande part dans la production des seimes. On appelle ainsi des fissures plus m moins profondes de la paroi , débutant au niveau du bourrelet et se prolongeant bientôt jusqu'au bord plantaire.
£lles n'intéressent d'abord qu'une faible partie de l'épaissear de la corne ; m^s sous Tinflaence des mouyements, alle-ci se fend jusqu'aux parties vives, qui finissent par être pincées et contusionnées entre les lèvres de la fissure. Alors elles sont meurtries et mortifiées^ ce qui produit une boiterie et nécessite une opération chirui'gicale , pour débrider la région malade et endolorie.
Les seimes se présentent le plus souvent en pince ^ dans la région des quartiers, du côté interne principalement.
La mme m pince se voit le plus souvent aux pieds postérieurs; celle en quartier, dite seime quarte, aux antérieurs.
La mauvaise ferrure, avons-nous dit, contribue beaucoQp à leur apparition. Dans les sabots à corne faible , peu épaisse , il suffit d'une dessiccation provoquée par l'usage abusif de la r&pe sur la paroi, pour faire éclater celle-ci dans le sens des fibres c(]mées , sous Tinfluence d^un effort un peu violent.
Si la ferrure mal pratiquée est une cause efficiente des seîmeSy nous sommes obligés de reconnaître, bien qu^on en ait dit , qu'elle n'a point de procédé capable d'y remédier, une fois qu^elles existent.. Les pinçons qu'on a coutume de lever aux mamelles du fer, en vue de tenir rapprochés les bords de la seime en pince, ne sont d'aucune utilité. Eussent-ils pour effet de s'opposer à Fécartement des deux moitiés de la paroi vers le bord plantaire , ils ne
IdO
LA MABÉCHALEEIE.
sauraient empêcher cet écartement de se produire dans les légioDâ supérieures. Or, c'est là précisément qu'il est dang&reaXf par les pincements qu'il occasionne, lors da retour des bords de la fissure à lenr position ordinaire. j
Dans le traitement de la seime en pincç, l'actiou da \ maréchal est donc nulle. Appelé à ferrer un pied qui en est atteint, il doit se borner à Tapplicatibn de la meilleiue ferrure ordinaire.
Ce traitement, quand il y a claudication, par conséquent lésion du tissu podophylleux, est du ressort du chimcgîeiu | Nous n'avons pas à nous en occuper ici.
Mais pour le cas où la fissure serait incomplète , ou bien , | étant complète, n'aurait pas encore déterminé de boiterie, ! nous pouvons indiquer le procédé simple qui réussit le mieux. Il consiste à pratiquer daus la paroi une ou deux sutures métalliques, maintenant en contact les bords de la seime.
Ces sutures sont effectuées avec des lames de clou , traversant les bords de la fissure et h?ées ensuite à leurs deux ' extrémités, sur la paroi. Avec un peu d'habileté, il n'est i pas bien ditticile de brocher ainsi transversalement un clou dans l'épaisseur de celle-ci, de façon que la lame ne | passe pas trop près des parties vives. Une légère cautérisa* tion à la base du bourrelet, vis-à-vis de la fente, provoque la sécrétion d'une nouvelle corne non divisée dans sa ooutinuité, ce qui fait disparaître la seime.
La seme quarte est plus difficile à guérir. D'abord, il n'est guère possible d'y mettre des sutures : la paroi n'est pas assez épaisse; dans la r^on, pour les supporter. La cautérisation du bourrelet , précédée de l'aminciBsement des bords de la fissure, est nécessaire, et cet amincissement même rend souvent obligatoire de soustraire à l'appui le talon correspondant. CTest ici qu'intervient la marécfaalerie.
On y par\'ient eu appliquant le fer à planche dont I»
F£BE(JB£ TH£BAP£UTIQU£. 181
traverse, réunissant les deux éponges, fournit à la fourdiette un point d'appui plus large» qui supplée celui du talon et du quartier amincis et ro^és. L'usage de ce fer à planche doit être continué jusqu'au rétablissemeut complet du quartier qui a été le Bièg^ d'mie seime.
n est aussi prescrit , dans le cas d^enlèvement du quartier, pour mettre à nu le tissu podophylleux, endommagé par la seime quarte, et pour proToquer sa réparation par des pansements méthodiques. <
Dans le cas de la même opération pour une seime en pinoe, c'est le fer à pince prolongée qui est indiqué. Mince et léger comme doivent l*étre tous ceux qui sont appliqués au pied ayant sul)i une opération sanglante, en vue de laquelle la sole est amincie, ce fer est très couvert en pinoe, étampé très près des talons, et déborde la paroi en avant, pour retenir les pièces du pansement compressif qui^ soustrait la surface du tissu podophylleux au contact de l'air. Les éponges, un peu relevées, dépassent aussi le niveau des talons, pour maintenir les tours de ligature enroulés sur le sabot.
Bleimes. — Pour une raison qu'il serait superflu de
rechercher, les anciens maréchaux ont donné le nom de bleime à une contusion du tissu podophylleux compris entre le quartier et l*arc-boutant, dans la région du talon.
Cette contusion , résultant le plus souvent, sinon toujours, de la compression opérée par le rapprochement des deux parties du sabot qui viennent d'être indiquées, sous l'influence de son resserrement poster i cm*, détermine d'al)ord un épanchement de sang qui s'infiltre entre les cellules cornées de la sole et les colore d'un piqueté rouge plus ou moins intense.
Au début, la bleime n'est pas toujom's douloureuse, lorsqu'elle se borne' à cet épanchement sanguin, résultant
132 lA MABÉGHAL£JtiX£.
de la déchirure de quelques-uns des capillaires du tissu podophylleux ; mais elle ne tarde poiut à le devenir et a détenainer une dandication. En explorant alors le Mon \ avec les triooises, après a^oir aminci la sole, on observe qne * la compression entre les mors de celles-là appliqués sur le quartier et sur rarc-boutant, provoque, de la part de Ta- , nimal, un mouvement de retraite de son pied, indiquant que sa sensibilité a été mise en jeu. '
Cette forme de Taltération est celle à laquelle ou a donné le nom de bhimê 9èehê. Lorsque Tépanchement a été plus considérable, les parties liquides du sang ne sont pas résorbées ; elles s'infiltrent dans la conie, et il s'agit, dans le cas, d'une bMme kimidê. Enfin, les tissus vivants sont ' meurtris parfois au point d'être le siège d'une réaction, 1 d'entrer en suppuration , et de produire une hleime supputée, dans laquelle le pus, fusant entre les lames kéraphylleuses i * de la paroi , parce qu'il ne peut point se faire jour du côté de la sole, arrive jusqu'au bouiTelet et le sépare de la corne. Il se produit un décollement de la paroi. Ou dit alors vulgairement que la matière soufflé aux poih.
Le seul remède efficace pour la bleime sèche, et même pour la bleime bumide, toujours produites par une mauvaise | ferrure, comprimant ou. écrasant les talons^ est la mise en | pratique de la ferrure normale que nous avons décrite. La ferrure périplantaire, par exemple, non seulement prévieui ; àcoup sûr l'apparition des bleimes, mais encore elle les fait toujours disparaître à ces degrés. Elles sont les compagnes obligées du resserrement des talons, qui précède l'encastelure, surtout chez les chevaux à pieds faibles ou plats.
Il faut donc renoncer à tous les systèmes de fers qui ont été préconisés, pour le cas de bleime. Le fer ordinaire bieu appliqué, de telle sorte que l'aplomb régulier soit rétabli, suf&t toujours.