CHAPITRE iin
AOOIDENTS DE hi FBBBUEE.
Définition. — Par accidents de la ferrure, nous entendons les lésions des parties vivantes du pied , qui peuvent résulter de la malaâzesse ou de l'inadvertance du nuuéchal , dans l'emploi de ses instruments ou dans Pozécntion de ropcration.
Ces accidents sont peu nombreux, et ils se produisent rarement. Il est bon toutefois de les passer en revue , en indiquant les moyens à mettre aussitôt en pratique poui y remédier, •
Nous les ezamin^xms dans Tordre où ils se présententà
l'observation, qui est celui des diverses opérations dont Tensemble constitue l'action d'appliquer le fer sous le sabot.
Le premier est la blessure du tissu velouté par les instruments tranchants agissant sur la sole ; puis vient la brûlure de ce même tissu , produite par Tapplication tny prolongée du fer trop chaud , dans Taction de faire porter ce fer ; enfin les accidents de piqûre et de contusion ou de compression du tissu podophylleuz, ou occasionnés par une mauvaise implantation des clous.
Blessures de la sole. — Nous employons cette expression pour nous conformer au langage usuel ^ bien qu'elle
ACCIDENTS DE LA f ERBUBE. m
8oit impropre , attenda que la sole , étant constituée par
une substance inerte, ne peut pas êtrc blessée dans le sens réel du mot. Le tissu sous-jacent seul , s^il est entamé par rinstroment tiandiant, est le siège d'une blessure.
En raison de la mauvaise habitude qu'ont les ouvriers maréchaux de parer le pied à i'ond et d'entamer la sole, avec le boutoir surtout» il arrive que IJinstrament, mal dirigé , pénètre jusqu'au tissu velouté et y fait une plaie Cela peut être le résultat d'une échappée , qui se produit snrtout à la fourchette , ou bien la conséquence d'un amincissement poussé trop loin. Dans tous les cas, on est averti de Taccident par la sortie du sang, que laissent conler les vaisseaux cUvisés. Lorsque la blessure est seulement superficielle, elle ne met pas toujours en jeu la sen» sibilité de l'animal.
Les blessures dont nous nous occupons ont rarement des conséquences gi-aves, surtout si Ton a soin d'amincir la corne autour de la lésion , et de faire pénétrer dans la plaie un peu d^essence de térébenthine, qui est le topique par excellence des plaies du tissu velouté. Si la blessure est profonde et étendue , il convient de la mettre à l'abri du contact avec le sol, au moyen d'un petit pansement d'étoupes, maintenu par une plaque de tdle ou de cuir retenue par les branches du fer.
Mais il importe surtout de laisser saigner d'abord la plaie et d*éviter que quelque corps étranger n'y pénètre lors de l'appui du pied sur le sol de l'atelier, La prûseuce de ce corps empêcherait la cicatrisation par première intention, qui est le mode de réparation ordinaire des plaies simples du tissu velouté.
La pratique de la ferrure périplantaire, si elle offire moins de chances de blessures , puisqu'elle ménage entièrement la surface de la sole, n'en est cependant point tout à fait exempte.
LA IIABÉGHALEBIE.
£n creusant la feuillure y le boutoir peut aller Uof loin et entamer les tissas vivants à leur point, de jonctioii,
vers le contour plantaire.
Ici Taccident serait plus grave, à cause de Toffeiise permanente qne produirait le fer sur les tissus mis à nu*. Il
faut donc mettre tous ses soins à T éviter ; et si craventiire il était produit , il serait de toute nécessité de laisser le pied déferré jusqu'à ce qne le temps et la pousse natnrdle de la corne eussent réparé le mal. I^es moyens précouiaés tout à rheure seraient d'ailleurs employés.
Brûlure de la sole — Même remarque quant à l'expression, quoiqu'elle soit cependant moins impropre que celle de blessure de la sole. Oelle-ci est en effet brûlée, et c'est par sou intermédiaire (ju'une trop forte somme de chaleur vient atteindre le tissu sous-jacent et va parfois jusqu'à le désorganiser.
C'est pour l'éviter qu'il est recommandé, après avoir fait porter le fer, d'enlever aussitôt avec le boutoir les parties brûlées de la corne portées à une température qui pourrait dépasser la limite de la tolérance des tissus vivants aussi finement organisés que le sont ceux du piei Les ouvriers appellent cette action c enlever la dbaleor. i L'expression pittoresque dont ils se servent est très esicte*
La brûlure peut être produite par deux moti& : ou bieu le fer est trop chaud lorsqu'on le présente pour le tm porter, et il est maintenu trop longtem23S sur le sabot ; on le fer notant pas à une température trop élevée, la soie a été trop amincie, et malgré le peu de conductibilité de corne pour la clialeur, celle-ci a pu pénétrer pourtant CD trop forte quantité jusqu'aux tissus ^ i^ auts.
Quelle qu'en ait été la cause, la brûlure se numiftste d'abord, lorsque la corne est naturellement blanche, ptf une coloration jaune plus ou moins foncée de cette corne, la