‹ La maréchalerie; ou, Ferrure des animaux domestiquesChapitre 4 sur 58 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

FERRURE PEEFEOTIONNiE.

Conditions de la ferrure normale. — En réalité, les conditions de la feiTure nonnale sont des plus simples ; maïs on sait bien que l'esprit humain n'a pas coutume d'arriver au simple de prime-saut, en quoi que ce soit.

Celui qui, plus heureux ou mieux organisé que les autres, ala bonne fortune de le déconvrir, ce qui est le lot des véritables inventeurs, celui-là rencontre, dans les préjugés courants, dans les intérêts établis et les prétentions dogmatiques^ les plus grands obstacles pour le mettre en évidence et le faire triompher. O^est de lliistoire malheureusement trop commune.

Il y a, dans le problème de la ferrure, une donnée fondamentale et des données secondaires.

La donnée fondamentale est celle qui est fournie par la connaissance des conditions physiologiques du fonctionnement du pied. Nous avons exposé ces conditions dans un précédent chapitre. Il n'y a pas lieu d'y revenir. L'objet de Tart étant de s'opposer à Tusm-e du bord plantaire de la paroi, tout artifice qui sera suffisant pour protéger ce bord plantaire et qui n'apportera aucun obstacle à rexécution des fonctions des autres parties du sabot, aura donc atteint le but* L'essentiel du problème sera résolu.

Les données secondaires sont de Tordre purement économiqae. Elles ne sont point à négliger pour cela; mais la solution, en ce qui les concerne, ne peut que s'ajouter aux

mérites de l'autre, non les suppléer. S'il importe que le but

Diyilizea

LA MAKÉCHALEBIE

8oit atteint aux meilleoreâ conditions possibles de prix de levient, il &at avant tout se piéoocnper de Fatteindre.

Il me ])araît que la maréchalerie est maintenant en possession d'une méthode de ferrure qui réunit toutes les conditiotis pour conduire à ce but, tel que nous Favons posé, pour protéger le contour plantaire en conser\ a]it au sabot sa forme normale, et à la région du pied son aplomb régulier.

Je veux parler de ce qu'il j a d'esâentiel dans la méthode inventée par M. P. Charlier, et à laquelle son inveuteui* a donné le nom de ferrure périplantaire.

Sans m'anéter anx objections prématurées, inoompé- 1 tentes ou passionnées, qui lui ont été opposées, je vais l'exposer ici dans tous ses détails. L'expérience s'est maintenant prononcée sur une assez grande échelle, et elle a trop , pleinement confinné les prévisions que raccord de la mé-ij thode avec les notions de la physiologie du pied pennettiiit j de concevoir, pour qu'il paisse être sage de se tenir à seul égard sur la réserve. '

Fer périplantaire. — Le fer nsité dans la méthode

dont nous nous occupons représente simplement une bande j courbée sur champ , dont la surface supérieure est un peu ! moins large que l'inférieure. La première a tout juste ime étendue correspondant à celle de la paroi , dans son contour plantaire, le bord externe du fer étant oblique de haut en bas, comme la paroi qa^il continue, lorsqu^il est appliqué.

Ce fer est percé de quatre ou de six étampures, suivant son étendue, qui sont de petites ouvertures un peu oblongués, à angles arrondis, et qui vont en se rétrécissant, de la snrface inférieure vers la surface supérieure. Elles ont une direction légèrement oblique dans le même sens et de dehors en dedans de la branche, pour suivre la direction même de la paroi du sabot. • j

Les éponges sont taillées en biseau arrondi, plus pro-

FEURURE PERFECTIONNÉE. 55

nonoé yers le boid externe de la branche, pour continuer la

ligne qui descend des talons.

Par oette courte description , qu'éclaireront suffisamment la£g. 13, représentant le fer à devant , et la fig. 14 , représentant le fer à derrière, on peut voir qu'en définitive le fer périplantaire n'est pas autre chose que la reproduction métallique d'une sorte de segment de la paroi du sabot, dans ses régions inférieures. C'est quelque chose comme la

Pig. 13. — Fer périplantaire à devant. Fig. 14, — Fer périplantaire à derrière.

virole ou Tembout qui se met à Textrémité d'une canne,

ixmr protéger le bois de cette extrémité contre le frottement sur le sol.

Le fer périplantaire ne comporte aucune espèce d'ajusture ; il doit avoir seulement ce qu'on appelle la totemnre du jmd, c'est-à-dire qu'il doit suivre exactement le contour plantaire de la paroi L'office que nous venons de lui reconnattie l'indique assez.

Sous ce premier rapport de la confection du fer, on s'aperçoit que la fermie périplantaire est d'une simplicité merveilleuse, liais nous nous réservons, de &ire ressortir plus loin^ tous ses avantages à la fois.

JJi ICABÉCHALBBIE.

Aspect du pied paré. — Pour Tapplioation du fer pé-

riplantaire, le bord inférieur seulement de la paroi a été rogné, dans une étendue qui laisse à la soudure de ceUe-ci ayec la sole une épaissenr suffisante pour que les parties Tive» sons-jacentes ne soient point blessées ou contusionnées par les pressions du fer.

La sole, la fourchette, les arcs-boutants, ont été absolument respectés. Il en résulte, tout autour de la surface plantaire, une sorte de feuillure à angle droit, dans laquelle le fer vient s'enchâsser. Cette fmiUure (fig. 15), pratiquée

ing. 16. — VenlUore pour la femue périplantaiie.

aux dépens de la paroi, constitue à elle seule toute lapRparation du sabot Sa profondeur est mesurée sur TépaiBseur même de la sole, et la direction de sa surface horizontale, correspondant au bord plantaire de la paroi, est guidée par les conditions normales de Faplomb du pied, beaucoup

FEBBUBE FEBEECnONNÉEL 57

moins facile à transgresser dans ce cas que dans celui de la feiroie ordinaiie, comme nous le verrons.

Encore ici , la f errui'e périplantaire simplifie donc considérablement Taction des instruments tranchants sur le sabot.

Des clous. — La forme dès étampures indique celle des clous (fig. 16). Ces clous ont la lame plus déliée que ne l'est celle des clous ordinaires ; leur tête, l>eaiicoup moins volumineuse, à collet plus fort, est une pyramide aplatie , à base supérieure, qui se continue avec la lame sans aucun étranglement, et qui entre à frot- Hg.ie.— Ctonpouria tement dans l étampure, ou elle se loge a peu près complètement. Il n'y a pas, de cette façon, possibilité de rupture, une fois le clou implanté; la tête allongée de ce clou fait désormais corps avec la branche du fer et le maintient solidement à sa place tant que le rivet résiste.

L'affîlure et le brochage se font à la manière ordinaire. La ferrure périplantaire u'ofEre à cet égard rien qui lui soit

particulier.

Aspect du pied ferré. — Yu au poser (fig. 17), le pied

ferré, à part ses dimensions, conformes à la loi de Taplomb, la direction normale de toutes les régions de la paroi du sabot, ne diffère du pied ferré suivant la méthode usuelle, qu'en ce que le bord plantaire de cette paroi affleure tout autour le bord supérieur du fer. Il a l'aspect d'un jpied ferré jmiêy comme on dit en termes de métier. Les éponges, eUes aussi, affleurent les talons, au lieu de les déborder en arrière.

Yu en dessous (fig. 18), la différence est plus sensible. On 7 remarque les arcs-boutants intacts, la sole épaisse.

FEEBUBE PEBFECTIONNÉE. 59

la fourchette volominease dans ma corps et dans ses branches, aisément logée entre denx lacunes latérales larges et

profondes, et présentant sa lacune médiane bien accusée, indice d'un fonctionnement complet.

C'est un pied à Tétat naturel, plus la bande circulaire.

de fer qui arme son contour contre les frottements sur un sol trop dur pour sa résistance propre.

Avantages de la ferrure périplantaire. — M. P. Charlier a écrit quelque part (1), après avoir rappelé l'état fâcheux de la ferrure de certains chevaux qui circulent dans les rues de Paris, ce qui suit : a De semblables observations étaient bien de nature à me faire réfléchir. Je le lis tant et si bien^ qu'un jour il me yint à Fidée que s'il était possible de ne faire que remplacer le bord inférieur de la muraille par une bordure de fer plus résistante, ce ne serait pas soustraire la face plantaire du pied à son appui immédiat sur le sol, ni détruire les aplombs naturels, mais se rapprocher le plus possible de la nature, et éviter par là peutêtre cette foule d'accidents inhérents à la ferrure ordinaire. »

Avant et depuis la naissance de Tinvention ainsi racontée d'une façon si simple et si juste, d'autres se sont posé le même problème; nul ne l'a résolu aussi complètement. Parmi les hommes compétents qui se sont fait un devoir dh rendre tout de suite à cette invention une justice motivée, il convient de citer en première ligne M. H. Bouley. Le calcul relatif au poids des fers, exposé dans le chapitre précédent, fut fait précisément pour démontrer un des plus glands avantages que procure la ferrure périplantaire.

Dans cette méthode de ferrure, en efifeè, le fer employé pour les elievaiLX fins ne pèse guère plus de la moitié d'un fer ordinaire. Pour les chevaux communs, la réduction de

(1) Journal d^agncuîture jjraiiquCf 1866, t. II, p. 459.

DiyiliztiO by GoOglc

LA KABÉCHAL£EI£.

poids est en moyenne de 250 grammes, et pour certains, à pieds larges et plats, elle va jusqu'à 800 grammes. 11 faut, d'après cela , réduire dans les mêmes proportions la somme des efforts ou du travail nécessaires pour soulever, en une journée, le poids des quatre fers, et qui est, à raison d'uu kilogramme par fer, de 57,600 kil<^., ainsi que nous Tavons vu. Dans le cas d'une réduction de moitié , ce qui est le plus ordinaire, on économise donc la force dépensée pour mouvoir près de 80,000 Mlogr.

Ceci est sensible surtout par la liberté d'allures que la ferrure périplan taire laisse au cheval, indépendamment de la sûreté et de la solidité de l'appui du pied sur le sd, qui sont assurés par ce fait que toutes les parties de la surface plantaire y prennent part, chacune suivant sa fonction. Où le pied se pose, il se fixe, parce qu'au lieu de porter seulement par son contour métallique et par conséquent glissant. ! il trouve des points d'arrêt, rigides ou élastiques, dans les arcs-boutants, dans la fourdi^ïte, et à certain degré dans la sole, sur les terrains meubles ou boueux.

Au point de vue du service actuel, c'est là un des avantages qui frappent le plus ceux qui conduisent les chevanx ferrés à la nouvelle méthode. Les cochers d'omnibus, par exemple, ont été unanimes pour proclamer que leurs chevaux € tiennent > mieux sur le pavé de Paris.

M. H. Bouley, juge des plus compétents et des plus impartiaux, a porté témoignage en faveur de la ferrure périplantaire, après en avoir suivi rexpérimentation dansi plusieurs grandes administrations de Paris, notamment sur les chevaux de la Compagnie des onmibus. Il a formulé ses appréciations dans les termes suivants, devant la Société centrale de médecine vétérinaire :

c Le procédé de M. Charlier, a-t-il dit, simplifie au lieu de compliquer, et je demeure convaincu, pour ma part, que lorsque les ouvriers se sont fait la main, ils emploient

FEBBUBE PERFBGTION]!TÉE.

moins de temps pour refen-w par le nouveau système que

par les procédés ordinaires. Je dis referrer, ce qui impliciue dans mou esprit que déjà la feuillure est &ite et qu'il u'y a plus qu*à la creniaer au degré voulu pour Tapplication d'un nouveau fer, car la ferrure, appliquée une première fois, exige un certain temps pour l'aménagement des quatre pieds.

c Âu point de vue économique donc^ le procédé de ferrure proposé par M. Charlier peut soutenir la concurrence des antres procédés usuels. Que si, maintenant, vous interrogez les hommes chargés de conduire les animaux, vous les trouverez assez généralement d^accord pour dire que leurs chevaux ferrés suivant le nouveau mode sont plus légers à la main, plus libres dans leurs mouvements, plus sûrs dans leur appui ; qu^ib tiennent le pavé plus solidement et qu'ils éprouvent moins de fatigues poui' un temps et pour une quantité de travail donnés. » ^

Selon M« H. Boulej, ces divers avantages sont procurés : « par l'allégement du fer qui évite au cheval une dépense de force inutile; par la plus grande sûreté de son appui, l'adhérence plus solide de ses pieds sur le sol, la plus grande Hberté de ses allures, et, en résultat dernier, l'emploi plus efficace de ses forces ; par la conservation de l'intégrité de les pieds ou la disparition graduelle des déformations, ou des maladies dont ils peuvent être le siège. »

Enfin, Tauteui* ajoutait en terminant : a Déjà renseignement fait par M. Charlier a porté ses fruits, et ceux mêmes qui sont opposés à son système tendent à l'imiter en pratiquant des ferrures dont le caractère essentiel est la réduction de la surface métallique du frottement. Qu'on l'avoue ou non, cet étrécissement des fers dérive incontestablement de l'exemple donné par M. Charlier et des résultats observés du mode de feimre qu'il préconise (1). »

(1) La Culturôf t. VIU, p, 191.

Diyiliz

LA KABÉCHALEBIE.

Après plus d'une année écoulée, ces appréciations favorables ont été amplement oonfirmées par la classe compétente du jury de l'Expositiou univeTSelle de 1807, qui a accordé à rinventeur de la ferrure périplantaire une de ses plus hautes récompenses.

A mes yeux, le mérite le plus saillant de cette ferrure n'a pas encore été mis suiîisamment en lumière. Ce mérite consiste en ce que son application impose anz ouTiiers les plus inhabiles et les moins intelligents des conditions dont il leur est impossible de sortir, du moment qu'ils ont adopté la pratique de la ferrure périplantaire. Les conséquences de leur inhabileté ne dépassent point, dans ce cas^ ceUes qu'elle peut avoir lorsqu'il s'agit de la ferrure ordinaire ; bien an contraire. A inconvénients ^ux, les avantages sont ici évidents pour la ferrure i)ériplantaire, et ils ne sont pas petits, au point de vue de la pratique courante, dont il importe surtout de se préoccuper.

En effet, il est posé en principe absolu, dans la méthode nouvelle, que la sole, la fourchette et les arcs-boutants doivent être laissés intacts. L'action des instruments, & leur sujet, ne comporte ni nuance ni degré : c'est l'usure naturelle sur le sol qui doit les maintenir à la hauteur vouhie; il est commandé de s'abstenir, et l'abstention ne nécessite pas d'apprentissage : elle n'exige que de la volonté. Tout ou^Tie^ qni veut pratiquer la femire périplantaire sait donc qu'il ne doit pas toucher aux parties du sabot dont il sagit ; il ne risque point de se tromper quant à la forme à leur donner en parant le pied.

Lorsqu'on sait la tendance si générale du commun des maréchaux à pousser jusqu'à l'abus l'emploi de leurs instruments sur ces parties, l'avantage que nous signalons est inestimable.

En outre, l'obligation d'encastrer le fer entre le bord

vertical de la sole et le bord horizontal de la paroi, dans

FEBBUBSr FERFBOTIONNÉE.

la feuiUme que nous avons décrite, de &çoil que la surface inférieure du fer, dansja rég^ion des talons, ne soit pcmit dépassée par le bord saillant des arcs-boutants , cette obligation rend non moins absolument nécessaire de laisser aux talons la hauteur qu'ils doivent conserver, pour que les conditions normales de Taplomb du pied soient remplies.

C'est donc nn avantage des pins considérables, on en conviendra, que la ferrure périplan taire soit ainsi soumise à des règles simples, absolues, faciles à comprendre, et qu'elle tire sa valeur encore plus de ses mérites propres que d^ lliàbfleté avec laquelle elle est mise en pratique.

Indépendamment des elffets immédiats au sujet desquels nous avons surtout insisté, il me parait certain que Tapplication de cette f emne aux pieds des poulains aura pour résultat de prévenir les déformations du sabot, si communes avec la ferrure usuelle, et qui nuisent tant au service des dievaux. Un cheval qui n^aura jamais été ferré que d'après k méthode périplantaire conservera la forme normale de ses pieds et leur volume naturel. C'est donc là une ferrure véritablement hygiénique, dont on ne saurait trop recommander remploi.

Aucune n'est plus propre, en même temps, à remédier aux altérations causées par l'usage de la ferrure ordinaire. Il suffit, pour le faire comprendre, de remarquer qu'elle rétaUit toutes les parties du sabot dans leur mode de fonctionnement normal. Nous aurons à revenir là^essus lorsque nous nous occuperons des ferrmes orthopédiques, dont les procédés se sont tant multipliés dans ces derniers temps.

Les inventeurs, on peut le dire, se sont mis l'esprit à la torture, pour imaginer des combinaisons mécaniques capables d'agir pins ou moins violemment sur les propriétés physiques du sabot. Ils n'ont pas songé que le mieux, en pareil cas, est de ne contrarier que le moins possible le jeu

LA. MABÉGHALBBIB.

des actions nataielleSy de faiie disparaitre, par conséquent, la cause directe des altérations auxquelles il s'agit de remédier. C'est à cette condition, si simple et si efficace, que pouiYoit la ferroie étroite. L'expérience est venue en confirmer les avantages, quelques efforts qu'on ait faits pour en obscurcir les résultats.

On a cm, de divers côtés, que les avantages incontestables de la ferrure périplantaiie seraient obtenus tout auni bien en s'abstenant de creuser autour du bord de la sole la feuillure dans laquelle le fer estlogé, et c'est contre cette feuillure que les adversaires de ^inventeur se sont le plus élevés.

L'application d'un fer étroit, sous le pied paré à la manière ordinaire, réalise incontestablement un progrès sur le mode usuel de ferrare. Le poids du fer est diminué, et il n'est plus possible de donner aux branches de ce fer l'ajusture qui détruit, dans une mesure plus ou moins forte, les conditions normales de l'appui du pied sor le sol.

Mais ces imitations approximatives de la ferrure périplantaiie, imitations dont le mérite peut ôtre facilement contesté, ne sauraient balancer xm seul instont ni ses avantages physiologiques, ni surtout.ses avantages économiques.

En supposant qu'il fût possible d'appliquer sans feuillure un fer aussi étroit et du môme poids, c'est-à-dire ayant la même épaisseur, outre que le pied se trouverait par là plus allongé, si, comme il convient, l'épaisseur normale de la sole est laissée intacte, il serait impossible d'admettre que ce fer pût être fixé au sabot aussi solidement par les dons. L'avantage énorme de l'encastrement du fer pâriplantaire est que ce fer se trouve ainsi maintenu fixe par tous les points de son contour interne. Les chocs sur le sol ne lui causent aucun ébranlement et ne. font point effort sur les clous. Le fer demeure attaché jusqu'à son usure complète, sans jamais produire la déchirure de la muraille. En un mot, le cheval ne se déferre presque jamais.

ATELIER DB MABÉCHALBBIB. 65

Des observations lecneillies avec on giand soin et une » grande précision par M. Signol, dans Fimportani service

dont il était chargé, ont prouvé que la ferrure périplantaire, indépendamment de ses autres avantages, dnre pins qne la ferrare oïdinaiie* Elle est donc à tons égards pins économique.

U importe de faire remarquer, toutefois, la nécessité impérieuse d'attendre, pour appliquer complètement la ferrure périplantaire aux sabots parés jusque-là d'après la méthode usuelle, que la sole ait acquis son épaisseur normale. La plupart des inconvénients qui lui ont été attribués et qtd ont nui à sa propagation doivent être attribués à la négligence de la précaution ici recommandée. Malgré cela, il est incontestable que maintenant la ferrure usuelle, telle qu'eUe se pratique dans les bons ateliers, s'est autant que possible rapprochée de la ferrure périplantaire, quant aux dimensions du fer.

CHAPITfiE V.

ATELIEll MARÉCHALEEIE.

Connaiasances nécesBaires. — Pour Tezercice du métier de maiéchal-feiTant, il y a des choses qui ne s'enseignent point : eUes s'apprennent par l'exercice ; ce sont les choses purement manuelles, qui dépendent de l'apprentissage. De celles-ci nous n'avons pas à nous occuper. XJn maître maréchal les montre par son exemple, auquel aucune explication, si claire et si précise qu'elle puisse être, ne saurait suppléer. Lorsque j'avais, pour mon compte, à dir

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riger des maréchaux, plutôt que de perdre mon temps en dissertations inutiles sur le travail que je voulais obtenir d'eux, je mettais la main aux outils ^ et j^exécutais soub leurs yeux une partie de ce travail. C'est la démonstration pratique qui est toujours la meilleure et la plus efficace en oes matières.

Mais sur la plupart des objets du métier proprement dit, il y a un fonds de connaissances techniques trop souvent ignorées» et qu'il est fort important de posséder. Oes oon* naissances se rapportent aux dispositions à donner au local de l'atelier, aux outils qu'il doit contenir et -aux matières •premières que l'ouvrier y met en œuvre*

Ge sont ces connoissanoes théoriques que nous devons exposer ici, en nous bornant toutefois à celles qui sont absolument nécessaires. Il faut supposer que nous nous adressons ^ un jeune maréchal qui vent monter son atelier, et lui donner toutes les indications capables de le faire établir dans les meilleures conditions. Ainsi se trouveront déterminées, en même temps, les réformes qu'il pourrait y avoir Ueu d'into)dmre dans les ateliers établis déjà.

Local de l'atelier. — Dans Tétat actuel des choses, un atelier de maréchaleiie se compose de deux parties correspondant à chacune des opérations nécessaires pour l'exécution de la ferrure. L'une de ces parties est celle dans laquelle le maréchal prépare les fers, et que Ton appelle improprement la forge, prenant le contenant pour le contenu ; l'autre est le local où sont conduits et attachés les chevaux ou autres animaux à ferrer, et dans lequel s'exécute la ferrure .proprement dite.

Cette seconde partie de l'atelier de maréchalerie est généralement fort négligée. Le plus souvent elle n'existe pas ; Je devant de la boutique ou forge, faisant partie de la voie publique, en tient lieu. C'est un grand défaut. Les chevaux

ATELIEH DE MAEÉCHALERIE. 67

7 sont exposés aux intempéries , aux excitations des bruits

et des mouvements qui se produisent dans les centres de jx^nlationy et il^leur arrive aussi fréquemment de détériorer leurs sabots pairés pour la ferrure^ en attendant sur un sol ti'op dur ou inégal Tapplication du fer.

n est donc toujours avantageux que Tatelier soit pourvu d'un local couvert, à proximité de la forge, aussi loin que possible de la voie publique, et. dont le sol bien égal, en teire battue, soit doux pour les pieds nus. Dans les grandes villes, on rencontre maintenant bon nombre d'établissements dirigés par des vétérinaires, où ce local est une cour vitrée, dont le sol est pavé en briques posées de champ, ou mieux en bois ; la forge s'ou\Te sur cette cour vitrée ; des stalles y sont disposées pour les chevaux qui attendent leur tour, afin d'éviter les accidents.

On ne peut pas exiger de tels frais pour les ateliers des campagnes. Un hangar devant la forge est au moins néces« Baire. Il n'est pas possible de s'en passer sansânconvteient. L'étendue de ce^ hangar, qui doit être feiTné sur les côtés, pour éviter les courants d'air, est en largeur celle du mur «ntéieur du local de la forge , en profondeur celle de la plus grande longueur d'un cheval, plus la place nécessaire pour que Touvrier ferreur et le teneur de pieds puissent librement circuler à couvert derrière ce cheval, sans être exposés à ses coups de pied. La largeur dépend de Tiniportauoe de l'atelier et du nombre de chevaux qui peuvent y venir à la fois.

C'est à l'une des extrémités de ce hangar que doit être située la machine appelée iramU, nécessaire surtout pour ia ferrure des bœufs, et que nous décrirons plus loin.

Au mur de fond sont fixés les anneaux ou autres moyens d'attache pour les chevaux à ferrer.

L'autre partie de l'atelier, celle qui est indispensable, diiuiuuera probablement d'importance, à mesure que le pro-

68 LA. MAEÉCHiXEBIE. |

grès gagnera du terrain. Dès à présent, avec la f eirare pé> | riplantaiie, qui réduit dans une si forte proportion Faction

de forger le fer, un bien moins grand nombre d'ouvriers étant nécessaires pour un résultat effectif égal, le local qui contient la forge ou les fl>rge6 peut être ramené à des dimensiens moins considérables. Lorsque, comme il est permis de > l'espérer, tous les fers seront confectionnés à la mécanique et qu'il n'y aura plus dans les ateliers de maréchalerie que des ouvriers ferreurs, une seule forge pourra suflSre à plusieurs de ces ouvriers pour donner au fer la tournure du pied.

Quoi qu'il en doiye être, on peut dire actuellement que

l'étendue à donner à la partie de l'atelier qui nous occupe dépend du nombre de forges qu'elle doit contenir, celles-ci étant disposées de telle sorte que les ouTriers puissent exécuter leur travail sans se gêner mutuellement.

Autant que possible, le local sera bien éclairé par des fenêtres prenant jour ailleurs que sur le hangar dont nous avons parlé. Du côté de celui-ci, une porte seulement, pour le passage des ouvriers ferreurs, sera percée. Il est bon que les chevaux à ferrer ne soient pas excités par la vue du f ea des forges et pair les bruits directs du marteau sur Tenclume.

Voyons maintenant les dispositions intérieures de l'atelier, comportant la forme et la situation de la f oi^e, des outils et des approvisionnements.

Forge. — En raison des considérations exposées plus

haut, nous n'entrerons point dans les détails de la construction d'une forge de maréchal; ceci est l'affaire des ouvriers spéciaux. Mais, après avoir dit qu'elle doit être située sur le point le plus commode du local , choisi suivant qu'elle sera pourvue d'un seul foyer ou de deux, point qui est, dans le dernier cas, an milieu de la longueur du mur de fond, et

ATELOBB DE MABÉOHALEBIE.

dans le second^ à Toue des extiémités de ce mur^ soit à Tau dfiB coins da local, nons ajoutoons seulement quelques ie<

marques relatives à la construction du foyer. Ces remarques ont pour but d'utiliser le plus passible de la chaleur produite par le combustible, et par conséquent d'économiser celui-ci. Le maréchal est donc fort intéressé à les connaître.

Ordinairement, le foyer d'une forge consiste en une simple èxcavation creusée en forme de sébile, dans Tâtre. O'est sorTun des côtés de cette excayation que s'ouYie la tuyère, pièce cubique de fonte qui traverse le mur et où s'ajuste le conduit du soufflet. Entre le foyer et la hotte, il n'y a rien. Le charbon, dont la combustion est activée par le vif courant d'air, brûle à l'air libre, là hotte ayant pour seul objet de déterminer un tirage qui entraine la fumée et les prodoits de la combustion.

En ces derniers temps, on a beaucoup diminué l'étendue de la hotte ; on l'a même tout à fait remplacée par un simple demi-pavillon, dont Touverture embrasse seulement à peine la moitié de l'étendue du foyer, à quelques décimètres au-dessus de celui-ci. Cette ouverture, échaucrée en arc, appelle la fumée qui s'engouflire dans l'intérieur de la petite cheminée, exerçant un th-age énergique.

Avec l'avantage d'être beaucoup moins encombrantes que celles construites en forme de hotte ordinaire, les forges que nons venons de décrire ont un grave inconvénient. En raison même de leur tirage très actif, il s'y perd une grande quantité de chaleur. L'activité de la combustion ne tourne qu'en partie au profit du chauffage du fer. H n'a pas été fait, à ma connaissance du moins, d'expériences directes pour constater le résultat que je signale ; mais ce résultat est assez évident de lui-môme pour qu'il n'y ait pas lieu d'en douter.

On a été bien inspiré, à mon avis, eu recouvrant le foyer des forges d'une sorte de voûte oblique en fonte, ouverte

'70 LA Ttf A RTC H ff A T.TCRTie ,

antérieurement et s'abaissant en arrière, où elle est iVrmée. Cette Toûte transfonue le foyer en un véritable four, dans lequel Tair amené par tuyère se comprime et brûle la fumée, en produisant un excédant de chaleur que la voût^ renvoie vers le fond du foyer. Avec une quantité moindre ' .de combustible, on obtient donc les mêmes effets calorifiques. Le fer est plus tôt chauffé et à moindres frais. Il y ' a tout à la fois économie de jtemps et de charbon. C'est un j double avantage qqi sera compris sans qu'il soit nécessaire ; d*insister.

Ordinairement aussi, dessous du plancher de Tâtre, et entre ce plancher et le sol de l'atelier, se trouve un espace vide, circonscrit latéralemeiit par les murs du massif de la

. forge, et ouvert en face du chauffeur, qui sert pour le dépôt du charbon. L'ouvrier, sans se déranger, le prend là pour te mettre avec une pelle dans le foyer, à mesure des besoins* Une auge pleine d'eau, maçonnée dans le plancher de râtre, est placée près du foyer, dont elle n'est séparée que par le garde-feu, lorsqu'il n'existe pas de voûte comme celle que nous venons d'indi(|uer. Elle contient un écou-

. Villon, à l'aide duquel le chauffeur projette de l'eau sur le charbon du f oyer, afin de produire à sa surface une ag^omération de houille éteinte, qui supplée, jusqu'à un certain ' point, la voûte en question. l

SoufiBet. — Nous venons de voir combien il importe

que, dans un foyer de forge , il n'y ait pas de chaleur pertdue. Il s'en perd d'autant plus qu'il s'en produit davantage ; en un temps donné.

Fournir une démonstration mathématique ou physique

de cette proposition nous entraînerait trop loin et serait;

peut-être ici déplacé. Nous nous bornons donc à l'aflSrmer, &i • priant le lecteur de l'admettre comme incontestable. Il en

ama d'ailleurs la preuve expérimentale, s'il veut bien pren-

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