‹ La maréchalerie; ou, Ferrure des animaux domestiquesChapitre 6 sur 58 · ATELIER DE MARÉCHALERIE · texte numérisé non relu

ATELIER DE MARÉCHALERIE

à la soudme du lopin. La première qualité du fer à maréchal, qu'il soit vieux ou neuf, est d'être ductile, c'est-à-dire iffm et nerveux, expiessions techniques qui signifient qu'il [ eut être plojé à froid ou à chaud sans se-biiser ou 'se rompre dans sa continuité.

On ne peut pas exiger coudant une ductilité telle que la risistance à la flexion soit absolue. Au delà d'un c^tain iegré de cette flexion, le bon fer à maréchal rompt à froid, surtout lorsque sa surface a été entamée par un coup de ciseau; mais alors sa cassure présente un grain fln et brillant, en lames ou en filaments, indiquant qu'il est pur de Umt mélange métallique, et qu'il a été bien corroyé lors de sa fabrication. Quand il n'en a pas été ainsi, il présente '^juveut des points mal soudés entre eux. On dit alors qu'il ^ipaiUefm ou geireé. Il faut le rejeter.

Dans les usines , on fabrique pour l'usao^e qui nous intéresse des barres de fer, dites fer mi-plat, fer maréchal, d'une kigeur double de leur épaisseur, qui sont employées dans les ateliers où la ferrure ordinaire est pratiijuée. Pour la fer- . rure périplan taire, les plus commodes sont des barres de 20 iDlUimètres de largeur sur 15 d'épaisseur pour les grands fers, et de 15 millimètres de lar^feur sur 10 d'épaisseur pour' les petits. On reconmiande aussi, indifféremment, ce que l'on appelle, dans le commerce des fers, la verge ca/rrisy plus ou moins forte.

Le fer périplantaire peut toutefois être également forgé avec un lopin bourru. Deux déferres assemblées suffisent pour confectionner ce lopin, et dans plusieurs ateliei's on ne procède pas autrement déjà. Mais le moment viendra sans doute où l'ouvrier maréchal n^aura plus à choisir dans le commerce sa niatière première : il achètera des fers à cheval tout confectionnés à la mécanique. L'extension de la feirnre périplantaire contribuera beaucoup, par la simpli-' ficatiou que celle-ci a apportée, à la réalisation de ce résultat

80 LA M ABÉCH ALERTE,

si désirable, dont nous avons dans une antre occasion fait

ressortir les avantages.

Houille. — Les diverses matières combnsfcibleB carbonées dont la réunion forme ce minéral appelé houille on charbon de terre, parce qu'on le trouve en dépôt dans les profondeurs dn sol , pourraient faire l'objet d^une étude devenue des plus curieuses, dans ces dtniiers temps surtout. Depuis, en effet, qu'on a eu Tidée d'en extraire, par une distillation, le gaz d^éclaira^e, en transformant ainsi la houille en eoie, les résidus liquides ont fourni de ï acide phénique et toute la série des couleurs éF aniline, dont Tart du teinturier s'est enrichi.

Mais il convient ici de se borner à l'étude de la houille en vue du parti qu'on en tire dans les ateliers de maréchalerie.

Les houilles des diverses provenances sont divisées, dans le commerce^ en deux grandes cat^ories : celle des houiiki groêm et celle des hauUlês maigrêê.

La première catégorie comprend les houilles qui subissent par la chaleur un certain ramollissement, et dont les fragments se prennent en masse; la seconde, ceUes qui brûlent sans s'être agglomérées.

C'est parmi les houilles grasses que doit être choisi le eharhm maréchal ou cJiartm de forge. H est plus combustible, fournit par conséquent plus de chaleur et brûle eu donnant une fumée blanche. Les meilleures provenances sont celles des bassins de Rive-de-Oier et de Saint-Étienne (Loire), dn bassin de Mous, en Belgique et surtout dans la C^^ d'Anzin. Ce dernier fournit le char'bon dit de ftnê forfê*

Le bon charbon de terre de cette espèce se prés^te sous forme de petits fragments prismatiques, d'un noir brillaiit et onctueux, assez généralement ^ux. U doit être dépourvu de corps étrangers, de pierres schisteuses, reconnaissables

IN8TBTTMENTS DE FEBBTJEE.

à leur fort volume, et de sulfures, dont la ])réseuce se fait apercevoir par Todeur de soufre qu'exhale le charbon en brûlant. IjCS pierres schisteuses et autres corps étrangers non combustibles ne sont nuisibles que par leur inutilité; le * soufre, lorsqu'il atteint une certaine proportion, rend impossible la sondnre dn fer.

La houille grasse bien pure ne laisse, après sa combustion dans le foyer de la forge, que pea de mâchefer. Celui-ci est fourni par la vitrification on fusion des matières minérales non charbonneuses, qui se trouvent mêlées à la houille. Elle est de bonne qualité, en outre, lorsqu'elle forme au-dessus dnfojer cette croûte solide dont nous avons parlé , par Tagglomération de ses parties ramollies î)ar la chaleur.

On doit être en garde contre les fraudes qui consistent à mêler à la houille des schistes, de la terre, du sable on d'antres corps étrangers d'une moindre valeur, qui en augmentent le volume et le poids. Elle est quelquefois aussi arrosée d'eau, dans la même intention. Il faut toujours exiger qu'elle soit livrée sèche et exempte de corps étrangers, sauf à la payer plus cher, en s'adressant à des négociants honnêtes C'est la meilleure économie. En tout cas, il est prudent d'essayer le charbon de terre dont on vent faire une provision.

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