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CHAPITRE VI

IKSTBUKENTS DE FEB&UBE.

Instruments nécessaires. — Nous réunissons dans ce chapitre deux cat^ries d'instruments employés pour la f er-

82 LA MABÉCHALËBIE.

rure, afin de les y décrire successivement : les uns exercent leur action sar le sabot; les autres servent poux maintenir ranimai autant que possible immobile, on du moins dodle, pendant la durée de l'opération.

Les instruments de la première catégorie diffèrent sui-^ vaut qu'il s'agit de pratiquer la ferrure usneUe, ou la fer*^ rure perfectionnée. Xuus décrirons les premiers, en indiquant les modifications que la dernière méthode de ferrure leur a fait subir. Les autres sont communs à tous les systèmes.

On va donc passer en revue, d'abord le tablier à i&cr&r et les instruments qu'il doit contenir, et qui sont : le rognepi ed, le repoussoir, les tricoises, le boutoir, la rftpe et le broclioir; puis on décrira le licol de force, le caveçon, le tord-nez, les morailles, la plate-longe et le travail, en ayant soin d'indiqué le mode d'action de ces instruments et de signaler ceux dont les inconvénients sont tels qu'il y a lieu dë ne point s'en servir.

Tablier à ferrer. — On apj^elle ainsi une large ceinture portant deux sacoches en cuir rigide, qui, lorsque cette ceinture est bouclée autour du corps du ferreur, pendent au niveau de chacune de ses hanches.

La forme de ces sacoches est celle d'un nid de pigeon* Elles contiennent plusieurs compartiments distincts, qui logent les divers instruments de ferrure, dont la place diffère suivant que le ferreur est droitier ou gaucher. Cette place, en effet, est indiquée parcelle de la main qui doit s'en servir, afin qu'ils se trouvent disposés à sa prozindté.

Ainsi, en supposant un droitier, ce qui est le plus ordinaire, le boutoir, la râpe et le brochoir doivent être placés dans la sacoche de droite; le rogne-pied, les tricoises et le repoussoir, dans la sacoche de gauche, qui contient aussi les clous* Pour le gaucher, l'ordre est inverse.

INSTBmiENTS DE FEBBTJRE..

Les oamers maréohanx tendent à abandonner le tablier et à le remplacer par une hott$ à ferrer, qui est nne sorte* de

petite table à rebords et à compartiments, munie d'une poignée en fer au anse centrale. Si cette boite permet à Tonvrier de ne pas porter à la fois le poids de tous ses instruments , i lie encombre Tatelier et nécessite de fréquents transports durant TopéTation du ferrage, surtout pour les animaux peu dociles. Ceux-ci la culbutent souvent et peuvent se blesser aux instruments tranchants, ou bien aux clous qu'elle contient Toujours elle &it perdre du temps et nécessite des mouvements du corps qui sont évités avec le tablier. 8on seul avantage est de coûter un prix moins élevé que celui de oe dernier, et c'est probablement ce qui tend à la &ire préférer; mais en comptant bien on s'apercewait facilement que c'est encore ici une économie mal entendue.

Dans les ateliers où les ferreurs travaillant à la fois sont nombreux pour un espace restreint, comme à Paris surtout , les inconvénients de la boîte rendent son usage à peu près impossible. Partout ailleurs, il vaut toujours mieux se servir du tablier qui laisse au ferreur plus de liberté d'action, en ne lai causant^ somme toute, qu'une fatigue moins grande ; car il ne faut pas comparer, pour un homme ordinaire, le travail imposé par le rapport du tablier garni, à celui des mouvements qu'il doit faire, durant le même temps, pour prendre et remettre dans la botte les instruments dont il a successivement besoin, sans compter les fréquents transports decelle-d, soulevée avec sa charge complète et d'une seule main , par Tanse dont elle est munie.

Rogne-pied. — C'est avec un tronçon de lame de sabre

que se confectionne ordinairement le rogne-pied (LM, fig. 21). Il est tranchant ou aiguisé seulement à ses extrémités, dans une étendue telle que la main puisse avoir la place pour

le saisir sans se blesser.

84 LA MARECff ALERTE.

La ferrure périplan taire supprimera le rogne-pied, et c'est là un de ses plus grands mérites, car il ea est fait un trop fréqaent abos dans la ferrare ordinaire, pour détruire les talons et les arcs-boutants. Il sera remplacé par un petit instrument dont il est facile de prévoir la forme, afin de défaire les rivets, dans Faction de déferrer.

&0gll6>|li6â.

Tricoises. — Oe sont des tenailles à mors recourbés en demi-cercle , et opposés Pun à Tan-

tre par leur extrémité élargie (fig. 22). Le bord libre de cette extrémité, pour chacun des mors K, est taillé en biseau à sa face inférieure, et forme un tranchant solide et fortement irenipé, qui s'affîronte exactement avec celui qui lui est opposé, suivant on angle obtus. Cette disposition facilite Findsion du corps serré entre les mors, lorsque leur rapprochement est opéré au moyen des leviers que représentent les branches des tricoises 00.

Celles-là, écartées l'une de Fautre à partir de l'articulation, par une incurvation à 'concavité interne, se prolongent ensuite dans une direction rectiligne. La longueur des branches, par rapport à celle du petit bias de levier des mors, et leur écartement, augmentent la puissance d* incision de Tinstrument.

Les tricoises servent pour couper l'excédant de la lame des clous implantés dans la corne, au niveau de leur point de sortie du sabot, afin de former les rivets, puis à couder le tronçon de cette hune, en tenant coup pendant que Fon frappe sur la téte du clou, pour la confection Tricoises. de CCS rivcts ; enfin à arracher les clous mal im-

INSTBUMËNTS P£ EEKaUEE. 85

plantés et ceux qui ont tenu le fer attaché, quand il s'agit d'enlever le vieux fer pour opérer une nouvelle ferrure.

Repoussoir. — Dans l'exécution de cette dernière opération, il arrive que la tête du clou ayant été cafiséey les tricoiseB n'ont ^Ins de prise pour le saisir et l'arracher. Le repoussoir, qui est un petit poinçon effilé (R, fig. 2â), dont la pointe représente assez exactement une lame de clou, avec plus de rigidité, fait sortir le fragment de lame qui est resté dans l'épaisseur de la paroi, soit par en haut, soit par en bas, suivant qu'on ^g* 23. — l'applique dans ronvertuie du bord plantaire ou dans celle de la muraille. Rencontrant l'une des extrémités de la souche (c'est ainsi qu'on appelle le fragment de clou), il repousse celle-ci devant lui, sous l'impulsion des coups frappés sur sa tête. De là son iioin. Une fois sortie en une étendue suffisante pour donner prise aux tricoises, la souche est extraite à l'aide de celle-ci.

Boutoir. — Il serait bien difficile, par la seule description, de donner une idée exacte

de l'instrument appelé boutoir. Un coup d'œil jeté sur sa représentation figurée (âg. 24) sera plus efficace. H est composé d'une lame tranchante par son extrémité libre G et dont les bords sont élevés à angle droit, de manière à former une sorte de canal à sa face supérienre et deux cornes aiLX coins II II de sa par- ^.^"^^ tie tranchante. Le fond de ce canal et la &ce inférieure de la lame sont ordinairement plans; quelquefois ils sont légèrement incurvés : c'est dans les boutoirs qui servent à la pratique des opéra-

H an

'>4. — Boutoir pour la ferrare usuelle.

86 LA MABECKALEBIE.

tions chirurgicales sur le pied ; leur lame est alors plus étroite.

La lame est fixée à un manche X, par Tintennédiaire d'une pièce solide I, plus facile à saisir sur la gravure qu'à décrire. En avant du manche se trouve une partie courlje et aplatie J, sur laqueUe s'arrête la main qui pousse le boutoir en avant.

Ce n'est pas Faction directe de cette main qui doit donner

rimpulsion à l'instrument : le champ de son action serait par là trop difficile à limiter, les résistances à vaincre ne pouA'ant être à l'avance exactement mesurées. Le coude se fixe au corps, et c'est l'impulsion de celui-ci , par un redressement Ijrusque, qui pousse le boutoir, toujours à la même distance, quel que soit l'effort. Le tranchant enlève ainsi des copeaux de conie j)lus ou moins épais, jusqu'à ce que le sabot soit paré»

Pour Texécution de la ferrure périplantaire, on se sert d'un boutoir particulier (fig. 2ô), que M. Charlier a décrit de la manière suivante, en le comparant à celui dont nous venons de parler : « Le boutoir, dit-il, plus étroit,, ayant ses bords relevés à angle presque droit, de 12 millimètres de hauteur^ est pourvn d'un guide régulateur formé ïig. 26. - Boutoir pour par la tige prolongée çn avant, au mi-

la ferrure périplantAlTe. i* j i ^ • ^i» ^ t t

heu de la face inférieure de la lame,.

de manière à donner, de chaque côté de celui-ci, une largeur proportionnée à Tépaisseur de la muraille qu'on veut disposer à recevoir le fer. »

Afin de comprendre que ce boutoir puisse suffire à la préparation du sabot, il faut se rappeler que dans la ferrure

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