INSTRUMENTS DE FERRURE
Caleçon. — Aux montants d'un licol en cuir, on applique une muserolle en fer demi-rond, quelquefois disposée en forme de dents de scie un peu mousses, du côté de la concavité , et garnie d'une peau souple. Sur la convexité, il exite un ou trois anneaux, dont un médian et deux latéraux, dans lesquels passe la longe, qui est alors tenue à la main* Tel est le caveçon.
C'est un instrument de contrainte et de conection énergique et même yiolent, dont il importe de ne pas abuser. Il faut le réserver pour les sujets yéritablement méchants, qui chmdient à mordre ou à frapper. Des saccades imprimées à la lon^e, et par conséquent au caveçon , par la douleur in'elles produisent en meurtrissant le chanfrein, répriment les velléités d'insoumission.
Tord-nez. — C'est le plus simple, le jhoB commode et souyent le plus ^cace et le moins dangereux des instruments de correction. Un de ses grands avantages est de pouvoir être improvisé partout. Une petite corde et un bftton suffisent pour le confectionner. La corde est disposée en anse par un nœud de ses deux extrémités. Be bâton s'engage dans cette anse et forme moulinet pour la serrer.
Le tord-nez dont les ateliers sont pourvus est un peu différent et plus commode (fig. 29). L'anse de corde est passée dans tm trou de l'extrémité du bâton. Il est bon même qu'il J ait une anse à chacune des extrémités de celui-ci, afin qu'on puisse l'appliquer aussitôt, dans quelque situation qu'on le saisisse.
Fig. 29. — Tmd-Bei.
LA KABÉCHALEBIE.
Pour son application, il suffit de passer l'ime des mains dans Tanse de corde, puis de saisir avec les doigts de cette main le bout du nez du cheval; l'autre main tenant le bâton ramène l'anse autour du nez, au-dessus des doigts^ puis elle imprime an bftton un mouvement de torsion» qui se oommnniqne à Tanse, la rétrécit de pins en plus, et comprime ainsi la partie embrassée.
La douleur que la compression produit détourne l'attention de Tanimal et le fait tenir tranquflle.
Elle peut être modérée ou augmentée à volonté.
Il est bon que le tordnez soit toujours tenu par un aide, qui le fait agir suivant les besoins.
Horailles. — Les morailles (fig. dO) remplissent le môme office que le
tord-nez. C'est une pince eu fer à crémaillère, formée de deux branches articulées en compas à l'une de leurs extrémités, qui pincent le bout du nez à la manière de cet instrument que les soldats appellent ime drogue, mais seulement avec plus d'intensité, car les extrémités libres se rapprochent Tune de Pautre par Faction de l'anneau allongé et de la crémaillère que portent les morailles.
Une pièce de fer ainsi pendue au bout du nez d'un animal indocile peut devenir dangereuse pour les hommes qui l'abordent. Un mouvement brusque de sa tête peut là projeter violemment et causer des blessures graves et môme la mort.
Fig. SO. ~ Moraines en fer.
INSTBX7MENTS DE FEBBUBE.
Nous recommaudons de renoncer tout à fait à l'usage des monuUefl, que cdui du tord-nez remplace avantageuse»
meut à tous égards.
Plate- longe. — On nomme ainsi une forte <ranse en tissu de sangle, terminée à l'une de ses extrémités par on œil épicé de chanyrier, et à l'autre par une corde longue de plusieurs mètres. Elle sert à divers usages, dont le priucipal est de tenir un des pieds de derrière levé, chez les animaux très énergiques et très indociles, comme les jeunes mulets, par exemple, lorsqu'il s'agit de leur appliquer la première ferrure.
Dans ce cas, la plate-longe embrasse le paturon par une anse coulante de son extrémité aplatie ; la corde est passée dans un anneau ûxé à une certaine hauteur ; uu homme târe sur cette corde, soulève le pied en forçant le membre à 8e flécliir, et le tenem* de pieds n'a plus alors qu*à le maintenir fixe, la plate-longe résistant aux saccades de ranimai.
Pour le pied ant^eur, la plate-longe passe sur le garrot et peut même faire le tour du corps.
£lle est fort utile aussi pour se mettre en garde contre leB animaux qui ont la mauvaise habitude de ruer. Appliquée de la façon suivante, elle rend toute ruade impossible. L'anse tenant le paturon du pied postérieur à lever, la corde est passée entre les avant-bras, puis an devant de l'épaule, du côté opposé au pied à ferrer, sur le garrot, et ramenée en arrière du conde, où elle embrasse par un tour la partie passée entre les membres antérieurs, nn aide la tenant enfin solidement par son extrémité libre. On fixe aussi la plate-longe autour de la base de Tencolure, puis (m embrasse le paturon par une anse de la corde, dént laide tient l'extrémité hbre. Tja détente du jarret est ainsi limitée par la résistance de la plate-longe, lorsque le membre se trouve fléchi dans l'attitude nécessaire pour le ferrer.
LA MARÉGHALEBIE.
Capote. — C'est une pièce de toile ou de cuir, portaait des courroies, et confectionnée de manière à ce qu'elle puisse embrasser la tète en reoouTrant les yenx. En face de la place qu'occupe chacun de ceux-ci, la capote est matelassée, afin d'éviter qu'ils soient blessés. Il y a en haut des ouvertures pour le passage des oreilles. Une courroie forme sonsgorge, et une autre attache la capote au niveau du chanfrein, qu'elle ne doit point dépasser, pour ne pas gêner la respiration.
La capote s'emploie chez les chevaux difficiles, qu'eUe calme en les aveuglant momentanément. Son usage u'entraine aucun inconvénient. Les maréchaux la remplacent souvent par la couverture du dieval, qu'ils fixent sur la tête au moyen de sa propre sangle, ou bien par leur tablier de forge.
Nous ne dirons rien du moT9 (FAVmagm, qui est un
instrument barbare, et dont nous nous reprocherions d'a^ voir appris l'usage à ceux qui peuvent l'ignorer. Quant aux autres, nous les prierons instamment d'y renoncer. Toute
contrainte inutile devient une cruauté blâmable.
TravaiL — Sous le nom de travail on désigne une construction ou un appareil assez compliqué, que les dictionnaires définissent ainsi : <l Machine où l'on ferre les chevaux vicieux. ]» La vérité est qu'en maréchalerie le travail est généralement réservé pour la ferrure des boeufs.
Il se compose (fig. 31) de quatre forts montants ou piliers enfoncés dans le sol, placés aux angles d'un rectangle, et réunis à leur extrémité supérieure par des traverses.
A une certaine hauteur se trouvent, entre les piliers ou montants latéraux, deux treuils roulant sur des tourillons; plus bas, une pièce obhque d'avant en arrière, qui se prolonge ou non du montant antérieur jusqu'au postérieur.