‹ La Mariane, tragédie;Chapitre 11 sur 112 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

d'autres sentiments, plus tendres. Il renvoie tout le monde pour pouvoir mieux agir sur elle parla persuasion. Il y perd son temps et ses peines ; et, revenant au parti de la rigueur, il ordonne que le procès se poursuive « dans demain ».

A l'unique scène du cinquième acte, un Messager fait le récit de la mort de Mariamne, qui donc a été jugée, condamnée et exécutée dans l'intervalle, en dehors d'Hérode, et, il semble, sans qu'il en ait été entièrement informé. Hérode, éclate en lamentations et en imprécations, et bannit de sa présence Phérore et Salomé accourus à ses cris forcenés.

Telle est la mise en œuvre exécutée par Alexandre Hardy. La lecture de la Mariane permettra de constater à quel point Tristan a su mener mieux et plus habilement l'action.

Sa disposition est à coup sûr fort préférable.

Au début, il remplace le Monologue de l'Ombre d'Aristobule, qui ne tenait guère à rien, par la saisissante scène du réveil en sursaut d'Hérode, sortant d'un pénible songe. Ce moyen dramatique des Songes n'était pas alors usé comme il le devint au temps de Racine. Ici, l'on y sent moins l'artificiel : nous nous trouvons devant une préoccupation réellement familière au poète, qui se complaît à discourir sur les interprétations possibles de ces phénomènes de notre activité mentale, dans une scène considérée, à bon droit sans doute, comme un hors-d'œuvre, mais restant intéressante, en tout cas à titre documentaire.

Au second acte, il garde la scène où Mariamne pose ses griefs contre Hérode, mais il explique mieux qu'elle veuille les rappeler à ce moment précis. Elle vient en effet de recevoir l'ordre de se rendre auprès du tyran qu'elle hait ; elle devine ce qui l'attend, et elle a en outre à combattre les conseils de modération qui lui sont donnés. Puis, cette scène, Tristan la relie à celle qui, dans Hardy, la suit immédiatement, par une autre, qui constitue une très heureuse trouvaille. Mariamne est en présence de sa dangereuse ennemie, Salomé. Puisque cette animosité envieuse de la sœur du roi sera le facteur principal, décisif, de la perte de Mariamne, il faut bien que les motifs en soient étalés sous les yeux du public, et que cette rencontre entre les deux femmes enragées l'une contre l'autre ait lieu, et que ces répliques, si

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