‹ La Mariane, tragédie;Chapitre 12 sur 112 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

hautaines de la part de Mariamne, si venimeuses de la part de Salomé, s'échangent, comme deux fines épées se cherchent. Salomé, à plus d'une fois, s'est senti touchée. Aussitôt, elle donne à son complice, l'Échanson, antérieurement choisi pour être l'instrument de ses desseins, les dernières instructions sur ce qu'il doit faire et dire.

Et, sans tarder, elle le pousse chez le roi au moment le plus propice, au moment même où Hérode vient de subir tous les mépris de Mariamne. Cette fin d'acte se compose de quatre scènes que Hardy avait maladroitement mêlées à l'acte suivant, le troisième, lequel doit être tout entier et uniquement rempli par le procès, et doit aussi voir le procès et entrepris et mené jusqu'au bout.

C'est bien ainsi que Tristan l'a conçu. Dès que le tribunal est €D séance, Hérode prononce l'acte d'accusation. L'Échanson témoigne, la confrontation avec l'inculpée s'opère d'elle-même. Mariamne dédaigne de se défendre. Les juges concluent à la condamnation capitale, qui toutefois ne sera exécutée que si le roi la confirme. Il ne peut s'y résoudre : on sait qu'il aime Mariamne d'une amour sans égale. Il fait sa dernière tentative. Mais Mariamne ne veut point de grâce. Elle jette au tyran un suprême outrage, sans songer qu'ainsi elle compromet d'autres innocents qu'elle. Et en effet Soëmeet l'Eunuque paient de leur vie le nouveau soupçon entré dans l'âme d'Hérode.

L'acte IV de Tristan, comme celui de Hardy, nous mène dans la prison où Mariamne est enfermée, mais si elle en sort, ce n'est plus pour retourner devant un tribunal, puisque toute la cause est entendue ; c'est pour marcher au supplice. Dans une scène précédente, l'arrêt de mort définitif a été arraché à Hérode par Phérore et Salomé, qui ont habilement allégué des raisons politiques, puissantes sur l'esprit d'un usurpateur. Hardy n'avait pas songé à faire jouer ce ressort, ni à susciter chez Hérode un dernier combat entre l'amour et la colère aveugle. Une autre trouvaille de Tristan est d'avoir mis en action un très poignant épisode, celui du reniement de Mariamne par sa mère Alexandra, L'historien en fournissait le détail. Hardy n'avait pu le négliger; il l'avait introduit dans le grand récit du cinquième acte.

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