XXII INTRODUCTION
pendant tout le cours de la représentation, était ainsi divisée : au fond, la salle du trône où Mariamne sera jugée au troisième acte ; à gauche, au premier plan, la chambre où Hérode se réveille en sursaut (début du premier acte) ; à droite, au premier plan, la chambre de Mariamne, qu'utilise le début du second acte. Au plan d'arrière, à droite et à gauche, deux praticables attendent le quatrième acte, figurant, l'un, la prison où Mariamne est enfermée, l'autre, l'endroit où, sur le chemin du supplice, elle rencontre sa mère appostée là pour l'insulter. Le milieu du premier plan offrirait un espace libre aux scènes qui ne sont pas très expressément situées. Un essai de restitution dans ce sens fut exécuté à l'Odéon, le 6 février 1897, après une conférence explicative de M. Bernardin, qui l'a réunie à d'autres dans l'un de ses livres, en lui donnant ce titre : La Mariane de Tristan et le décor à compartiments ^
A vrai dire, l'emploi de ce système un peu primitif, s'il est certain pour la tragédie d'Alexandre Hardy, paraît infiniment plus conjectural dès qu'il s'agit d'une œuvre jouée en 1636. Et peut-être y aurait-il quelque prudence à s'en tenir, bien qu'elles appartiennent à une époque beaucoup plus récente, aux indications suivantes, médiocrement complètes, il est vrai, mais qui supposent en tout cas de vagues décors successifs, un pour chaque acte :
« Mariane. Théâtre est un palais. Au premier acte, il faut un lit de repos, un fauteuil, deux chaises ; au deuxième acte, c'est une chambre ; au troisième, il faut un trône, un fauteuil, un tapis sur le trône, deux bancs ; au quatrième acte, il faut la prison ; au cinq le palais & un fauteuil, & abaisser le rideau pour la fin 2. »
Le succès de la Mariane fut éclatant. Au dénouement, les fureurs d'Hérode produisaient un effet très puissant sur l'esprit du public. Cela fut ainsi dès le premier jour et ne se démentit pas
1. Devant le Rideau, conférences par iV.-Af. Bernardin.., — Paris, Société française d'imprimerie et de librairie, 1901, in- 18.
2. Mémoire de plusieurs décorations, par Michel Laurent, 1673. — Bibliothèque Nationale, manuscrits, f. fr. 24350.