‹ La Mariane, tragédie;Chapitre 9 sur 112 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

La pièce de Hardy s'ouvre par une sorte de Prologue, où l'Ombre d'Aristobule — ce frère bien-aimé de Mariamne, misérablement assassiné — vient reprocher à Hérode ses crimes passés où sont en puissance les forfaits futurs, et en prédire le châtiment encore lointain. Après cela, et sans qu'un lien soit nettement visible, une scène unique compose à elle seule le premier acte. Hérode, en un monologue long d'une soixantaine de vers, présente sa propre apologie, puis se plaint que Mariamne lui soit « rebelle ». Phérore, son frère, intervient pour lui reprocher sa faiblesse envers la reine, qui, cela est manifeste, n'est qu'une irréductible ennemie. Quand il a tout dit, Salomé reprend le dialogue, mais elle n'y apporterait rien de plus, si déjà elle n'insinuait quelque chose de cette accusation de vouloir empoisonner le roi, qui se produira plus tard. La mettrait-on en demeure de préciser sur l'heure et d'apporter la preuve, qu'elle serait fort embarrassée, puisqu'elle n'a pas encore suborné le faux témoin qui lui est nécessaire ?

Deux scènes composent le second acte. Elles n'ont aucune relation entre elles. Au temps de Hardy, l'action évoluait dans un décor à plusieurs compartiments. Lorsque des comédiens avaient échangé leurs répliques dans le lieu où ils étaient en situation de se trouver ou de se rencontrer, simplement ils disparaissaient de la vue des spectateurs ; d'autres comédiens, dans un autre endroit du théâtre offrant pour eux les convenances susdites, venaient se présenter et poursuivaient le drame. Ainsi Mariamne, en sa chambre, confie à sa vieille nourrice les sanglants griefs qu'elle a contre Hérode. Elle hait ce tyran au point que, si elle pouvait se défaire de lui, elle n'hésiterait pas. C'est un grand tort qu'elle aille jusqu'à dire cela. Du fait de cet aveu, la calomnie que l'on ourdira contre elle aura moins d'invraisemblance, en tout cas nous choquera moins . Josèphe ne parlant de rien de tel, Hardy a été mal inspiré d'ajouter ce trait malencontreux. Quand les deux interlocutrices se sont raconté ce que ni l'une ni l'autre n'ignorait, un Page survient, porteur d'un ordre du roi Hérode, qui mande Mariamne.

La seconde scène de l'acte nous montre Salomé, chez elle,

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