III. — Les chaulTeurs et les soutiers
Le personnel-machine se compose de chauffeurs qui s'occupent des foyers et de soutiers qui manipulent le charbon.
Le métier de chauffeur est très rude. Il ne consiste pas seulement à alimenter les foyers (/Ç/'i/z^) — deux ou trois — mais à enlever tout ce qui arrête la combustion du charbon [cleaning the fire) ; un bon coup de main ne suffit point, il faut des yeux habitués à regarder une lueur étincelante et à deviner, d'après des signes peu apparents, la situation réelle. Sans doute, un peu d'air relativement frais parvient jusqu'à eux par tel ou tel système d'aération ; sous les tropiques et dans la mer Rouge cependant, leur labeur devient des plus pénibles, et c'est alors surtout que, non sans raison, l'on remplace les Européens par des Lascars.
Le recrutement des chauffeurs n'est pas difficile dans le Royaume-Uni. Le nombre énorme d'usines qui le sillonnent sont d'excellentes écoles; des soutiers passent à la machine, que des événements divers leur ont appris à connaître. Nous verrons que les chauffeurs sont mieux payés que les ^. B.\ ils ont également le « privi-
lège » du hlack pot^ ragoût composé avec les reliefs de la table des cabines.
Le charbon est amené des soutes jusqu'aux en virons des feux par une catégorie spéciale de travailleurs, les plus malheureux du bord. Les soutiers gagnent des parties du navire sans air, sans jour et où leurs manipulations soulèvent des p'oussières épaisses ! Ils se recrutent naturellement parmi les malheureux, mourant de faim dans les villes par suite de leurs vices ou faute d'emploi ; et, en Angleterre plus que partout ailleurs, il n'est pas difficile d'en trouver, même à des salaires inférieurs !