I. — Approvisionnements et nourriture
De tout temps, les matelots anglais se sont vivement plaints de leur nourriture, « insuffisante », « monotone », « mal préparée »... Cette question préoccupe encore beaucoup les personnes qui cherchent à améliorer le sort des équipages.
La nature et la quantité des vivres, auxquels ont droit les matelots, font l'objet d'ententes spéciales. L'Etat n'intervient pas dans ce domaine : il n'impose ni menu ni môme im certain minimum; il n'a rendu obligatoires que certaines rations de jus de citron comme antiscorbutiques. Il exige seulement l'insertion, dans le rôle d'équipage, d' « une liste des provisions qui devront être fournies à chaque marin » (art. 114 G. mar.).
En ce qui concerne la qualité des vivres, l'article 206 du Gode maritime impose l'inspection des « barils de bœuf et de porc, des viandes et des légumes conservés en boîtes, ainsi que des tonneaux de farine et de biscuits (et d'eau), destinés à l'usage de l'équipage du na-
vire », « lorsqu'il s'agit de gagner, depuis le Royaume-Uni, un port au delà du canal de Suez, du cap de Bonne-Espérance ou du cap Horn ».
L'article 198 prévoit que trois ou plus de trois personnes à bord d'un navire anglais aient à se plaindre de Teau ou des approvisionnements, au point de vue soit de la quantité, soit de la qualité. Elles doivent s'adresser à un officier commandant un navire de guerre, à un agent consulaire, à un surintendant ou à un fonctionnaire des douanes. Le résultat de l'enquête est-il défavorable au capitaine? Celui-ci est tenu de prendre aussitôt les mesures jugées nécessaires par l'expert. L'équipage a-t-il protesté à tort? Une amende peut être prononcée contre les matelots, sans que celle-ci dépasse une semaine de salaires.
Cette législation est considérée souvent comme insuffisante.
Durant de très nombreuses années, on a inséré dans le rôle d'équipage un ancien tableau, connu sous le nom d' « échelle » [Provisions Scale, dont l'appellation populaire est Pound and Pint), qui indiquait en réalité « le minimum de ce que l'on servait aux matelots ». Cette « échelle » a été vivement attaquée, « ainsi que la nourriture ellemême ». Aux dires de la Seamens Union, celle-ci serait la principale cause de l'indiscipline et de la désertion : mourant de faim ou dégoûtés par la monotonie extrême de leurs repas, les équipages se soulèveraient pour protester contre leurs
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