‹ La marin anglaisChapitre 6 sur 88 · Life and Labours of J. IL Wilson · texte numérisé non relu

Life and Labours of J. IL Wilson

ces devant les bureaux de la marine et demandaient à tous ceux qui allaient s'engager de leur produire une carte d'adhérent ou de leur remettre le montant de leur cotisation. Quiconque résistait était malmené ; certains capitaines, qui ne voulurent pas céder aux délégués et renvoyer des indépendants, furent l'objet de violences.

Lorsque, malgré les procédés d'intimidation, des indépendants trouvaient à s'embarquer, les syndiqués faisant partie de l'équipage étaient priés de débarquer [called out) et, par un système de surveillance attentive (picket), empêchaient d'autres de prendre leur place. Le bateau était bloqué [blocked) /^usqn'h ce que les indépendants [blacklegs) fussent renvoyés ou se ralliassent à V Union.

Les membres de n'importe quel syndicat ouvrier refusaient de venir au secours de vaisseaux en détresse, lorsque Ton n'y employait pas des union men ! Un capitaine, forcé d'échouer son navire pour ne pas le couler, appela à l'aide des dockers afin de décharger au plus vite les marchandises et éviter des pertes notables. Ceux-ci, à peine arrivés à bord, demandèrent : « Faitesvous partie d'une Union ? » La réponse ayant été négative, ils ne voulurent pas travailler avant que tout l'équipage à l'œuvre ne se fût retiré. Le capitaine dut céder, tout retard pouvant être néfaste \

1 . Minutes of the Royal CommUslon of Labour, groupe B. t. I, p. 227.

La lutte prit des formes curieuses. Les Unions locales furent sommées de se fondre avec le syndicat national. Quelques-unes résistèrent, désireuses de conserver leur indépendance ou peu soucieuses de participer aux abus. Leurs membres furent menacés et boycottés. M. Wilson s'entendit avec les charbonniers de Londres pour que l'on ne déchargeât plus les bateaux du Nord- Est, dont les équipages ne seraient pas composés uniquement de membres de son groupe \

Sur la création et les menaces de Y Union of Shipmasters and Offîcers of Great-Britain and Ireland^ qui mirent le feu aux poudres, il existe deux versions. M. Wilson et les matelots syndiqués prétendent que « les officiers perdirent la tête et se livrèrent aux mêmes excès absurdes que les équipages^ ». M. Laws, de la Shipping Fédération^ déclare, au contraire, que ce fut là une manœuvre de la Seamens* Union ^ manœuvre destinée à renforcer sa puissance ^ En tout cas, les membres de la nouvelle association de capitaines envoyèrent une députation aux matelots et aux dockers ; ils leur demandèrent « de n'accepter du travail que sur les bateaux où tous les officiers auraient adhéré à leur groupement ». Leur but, nullement voilé, était que « le Secrétaire général du syndicat eût la direction, le con-

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