‹ La marin anglaisChapitre 71 sur 88 · Voir « Bateaux innavîgables · texte numérisé non relu

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à bord, ainsi que des salaires gagnés par lui à cette époque ; si la désertion a lieu à l'étranger, il se verra conlisquer les salaires qu'il pourra gagner à bord de tout autre navire, sur lequel il sera employé jusqu'à son prochain retour dans le Royaume-Uni ; il sera responsable de la différence des salaires payés par le capitaine ou le propriétaire du navire à tout remplaçant, engagé à un salaire plus élevé que le sien ; et, enfin, excepté dans le Royaume, il sera puni d'un emprisonnement d'une durée de douze semaines au maximum avec ou sans hard labour. »

La désertion lato sensu est un mal dont souffre beaucoup la marine anglaise. — Ivre, Jack ne retrouverait pas le bateau sur lequel il s'est engagé et qui lui a fait des avances, sans l'usurier qui le surveille. Conscient, il profite de l'argent reçu et n'a plus souci de se rendre à bord : la loi est si faible ! Arrive-t-il dans un port, où' les salaires sont plus élevés et où Ton est disposé à lui avancer de l'argent pour mener quelques jours une joyeuse vie ? Il débarque sans hésiter : pour qu'il soit puni, il faudrait d'abord le prendre, et aussi que le capitaine se résignât à perdre un temps infini; il se considère comme à l'abri de poursuites.

Il est possible, même probable, qu'autrefois des capitaines forcèrent leur équipage à déserter, en les maltraitant et les laissant mourir de faim, afin de confisquer les salaires dus, et que des armateurs renvoyèrent des officiers trop délicats

pour agir ainsi *. Aucun exemple précis ne nous permet cependant de croire à la persistance de telles manœuvres.

La suppression de toute peine corporelle, lorsque le délit est commis dans le Royaume- Uni, a rendu Jack plus audacieux : tandis qu'en 1876 — sous le régime d'une loi plus sévère — on calculait à Gardiff 1,87 0/0 de matelots manquant au départ, en 1880 — période mixte — le chiffre s'éleva à 2,80 et en 1881 — avec la législation actuelle — il atteignit 5,76M

L'exemple du a Brunswick y) ^ très connu en Angleterre, est considéré aujourd'hui par les capitaines comme absolument typique de ce qui se passe à bord des bateaux où, pour un motif ou un autre, l'ordre et la discipline ne sont pas maintenus. C'est là, ajoute-t-on, « surtout la conséquence de la faiblesse des magistrats à l'intérieur du Royaume et des consuls à l'étranger. Nul ne veut agir avec vigueur contre les déserteurs ; au cas de poursuites, les peines prononcées sont si ridicules qu'elles ne font qu'accentuer le mal; elles rendent les coupables plus audacieux et plus difficiles encore à mener ^ »

Le nouveau « carnet continu de débarquement » adonné quelques résultats. La mention « engage-

\. Voir SeafarinQ,S octobre 1898.

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