Management of the Sailors' Home at San-Francisco, p
New-York a conservé, en large mesure, son ancienne et déplorable renommée. Les pensions de marins n'y sont pas seulement des endroits oii l'on « a de mauvais aliments et un mauvais logis contre du bon argent » ; leurs propriétaires ont formé une association {Sailors^ Boarding House Keepers Association)^ qui « contrôle » l'embarquement des matelots sur les voiliers et les vagabonds *, comme le trust le plus puissant contrôle le marché de ses articles. La loi est habilement tournée. Il n'y a plus une seule et unique espèce de crimps, commerçants, usuriers et marchands d'hommes tout à la fois ; il y a, d'une part, le « maître de pension » [boarding house [master] qui remplit effectivement sa fonction et y joint la « vente de vêtements », et, de l'autre, le « maître d'embarquement » [shipping master) qui ne se gêne pas pour prélever l'argent du sang. Et, bien entendu, tous deux ont partie liée !
A écouter la voix populaire, la tyrannie des crimps serait complète à New- York. Sus à celui qui résisterait, n'accepterait pas une commission ou se refuserait à se montrer complaisant ! On le boycotte, et, pour avoir la tranquillité, son armateur le désavoue, sinon le fait débarquer.
Peut-être le Commissioner of Navigation faitil preuve d'optimisme en déclarant que « les efforts pour mettre terme au crimping ont eu
1. Crimps active in this port {Evening Post^ supplément au numéro du 3 septembre 1904).
d'assez bons résultats ». Diverses condamnations, ayant atteint une fois cinq ans de prison, ont eu dernièrement un effet quelque peu salutaire * ; mais le mal persiste : on tourne les lois locales, et l'article 5525 des statuts revisés est d'une application assez délicate.
Il nous faut bien, en terminant cette description de l'activité des crimps en dehors d'Angleterre, rappeler la triste réputation de Shanghaï ; il existe dans la langue anglaise un verbe qui a cette base : un malheureux Shanghaied est celui que Ton a enivré, puis dépouillé.
Actuellement, une proposition de loi est devant les Chambres qui permettrait d'enlever le « certificat continu de débarquement » à tout matelot qui ne rejoindrait pas son bord. C'est peut être là une excellente base de campagne contre la désertion ; le tout est que l'on agisse fermement par cette voie, au lieu de se laisser ballotter sans cesse entre des systèmes différents.
1. Annual Report of the Commissioner of Navigation, Washington, 4904, p. 30.