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bateaux de ses membres sans posséder une de ses a cartes » : celle-ci ne donnait plus lieu à une simple préférence, elle devenait obligatoire. Des travailleurs amenés des régions les plus diverses du Royaume furent engagés et logés soit sur des bateaux-dépôts, soit dans des hangars que l'on avait aménagés à cet effet. Des poursuites eurent lieu contre les délégués et chefs de ï Union qui organisaient des « piquets « en violation de la loi ; elles furent suivies de condamnations qui diminuèrent Teffet des menaces. M. Wilson, sentant la lutte inégale et désireux de sauver le syndicat d'une ruine probable, offrit aux armateurs la paix sur les bases suivantes :
i** Les union men ne seraient embarqués qu'avec des union men^ mais ils ne « bloqueraient » plus les bateaux du même armateur dont l'équipage serait composé d'indépendants ;
2^ Avant de procéder à un enrôlement, l'armateur annoncerait son intention d'avoir un équipage d'union men ou d'indépendants. S'il préférait les union men, le syndicat surveillerait l'embarquement des hommes engagés et fournirait au besoin des remplaçants ;
3^ Si possible, les matelots seraient engagés quarante-huit heures avant le départ des bateaux ;
4"* La Shipping Fédération promettrait de ne pas exiger de cartes des membres de V Union ;
5^ Le Secrétaire de V Union interviendrait dans la discussion des conditions d'embarquement ;
6** Un salaire uniforme serait fixé par un comité mixte et son taux devrait être respecté ;
7° Tout différend entre \d. Fédération et V Union serait réglé par un comité mixte ;
8° Celui auquel une décision donnerait tort n'aurait 'plus le concours de la Fédération ni de V Union ;
9** Des tribunaux arbitraux seraient créés dans les principaux ports ;
10'' Diverses mesures seraient prises pour mettre un terme à l'indiscipline K
M. Laws écarta toutes conditions : « La Fédération refusait, par principe, toute relation avec un syndicat quelconque » ; elle se contentait d'être un organe défensif; elle n'organisait pas le travail, « laissant à la loi et à chacun le soin de régler les rapports entre patrons et employés ».
Depuis la formation de la S hipping Fédération. — 3 septembre 1890 — jusqu'à l'acceptation de sa « carte » — 10 mars 1891 — , les incidents succédèrent aux incidents :
5 septembre 1890 : grève à Leith ;
10 septembre 1890 : grève à Bowness ;
29 septembre 1890 : grève à Grangemouth ;
1 S octobre 1890 : grève à Dundee ;
28 octobre : grève à Cork ;
18 novembre ; boycott à Liverpool ;
i. Minutes of the Royal Commission of Labour, groupe B, t. I, p. 627.
19 novembre : grève à Garston ;
5 décembre : boycotts et grève à Londres ; 30 décembre : grève à Hull ;
6 février 1891 : grève à Gardiff ;
25 février 1891 : grève à Aberdeen ;
3 mars 1891 : grève à Nevrry.
Les motifs de ces suspensions de travail méritent d'être classés :
1** Emploi de capitaines, officiers, mécaniciens et matelots n'appartenant pas h V Union;
2"" Refus par des armateurs de n'engager que des union nien ;
3** Salaires insuffisants selon le syndicat ;
4° Expéditions de bestiaux ;
S'' Ghargement de bateaux dans des ports où des syndiqués étaient en grève ;
6^ Possession d'un bateau par une personne résidant dans un port où les syndiqués étaient en grève ;
7*" Possession d'un bateau par un membre de la Fédération ;
8° Différend entre deux syndicats ;
9*^ Refus de charger certaines marchandises dans leur état originaire ;
10^ Protestation des ouvriers contre des sousordres.
La victoire de la Fédération fut très nette. La « carte » devint en fait obligatoire, après que Ton en eut rayé la « clause de préférence » et que l'on eût renoncé à exiger le paiement de 1 sh. La Seamens' Union voyait diminuer son
crédit dans la mesure où rinstitution patronale gagnait en autorité.
En 1893, la Fédération eut à livrer contre les dockers une lutte identique.
Le syndicat des ouvriers des ports abusait de la situation. Il ne se contentait pas de réclamer pour ses membres le monopole du travail ; il forçait les maîtres -arrimeurs eux-mêmes à se joindre à eux et imposait aux navires telle ou telle personne. Décidée à mettre un terme aux grèves et aux boycotts qui avaient éclaté et devenaient sans cesse plus aigus par suite de la « sympathie » de groupes voisins, la Fédération créa à Hull un « Bureau de travail libre » ( Free Labour Office) : « Pouvait s'y faire inscrire quiconque prouvait connaître son métier et déclarait accepter du travail avec tout autre ouvrier, qu'il fût ou non membre du syndicat; chaque membre recevait un disque de métal portant son numéro et indiquant son adhésion. »
Une grève générale éclata; elle dura deux mois et fut très aiguë. La Fédération finit par triompher complètement et gagner ce que les ouvriers eux-mêmes appellent « un nouveau Waterloo )>, en « important » sept mille ouvriers depuis le centre du pays.
Vers la fin de 1898, un mouvement se produisit parmi les matelots, plus spécialement en Ecosse et dans le Nord de l'Angleterre. A Glasgow, plusieurs centaines de marins déposèrent au syndicat leurs cartes de la Fédération. Et quel-
ques bateaux durent être composés uniquement de syndiqués.
Les protestations des équipages portaient principalement sur les points suivants : l'^ préférence donnée aux matelots habitant certaines pensions; 2** intervention des représentants de la Fédération dans la composition des équipages ; 3"" accentuation de la baisse des salaires par la Fédération qui procurerait des hommes au capitaine aux . « conditions fixées par celui-ci ». On se plaignait également de ce que les salaires fussent trop peu élevés [starçation wages). Les desiderata étaient les suivants : 1*" liberté pour le capitaine de composer son équipage comme bon lui semblerait; 2^ non-intervention de la Fédération dans les disputes entre capitaine et équipage ; 3" établissement d'un salaire fixe :
5 livres sterling par mois, sur les vapeurs ;
3 liv. st. 10 sh. par mois sur les voiliers;
32 sh. 8 d. par semaine, pour le cabotage \
La Seamens' Union demanda bientôt une plus complète réforme : la composition d'un comité d'arbitrage mixte, qui déterminerait le taux des salaires tous les six mois et réglerait les différends-.
La Fédération, un moment menacée, triompha? après trois mois de lutte, grâce surtout aux indépendants, qu'elle fît venir des ports non atteints par le mouvement et qu'elle logea sur la nDuchess