‹ La Marine Marchande AmericaineChapitre 10 sur 62 · DO · texte numérisé non relu

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de la France. En 1810, le Congrès exprimait le désir de rapporter les mesures restrictives du « Non Intercourse Act » pourvu que la France et l’Angleterre révoquassent leurs décrets contre les navires neutres.

Les deux pays acquiescèrent, mais des difficultés surgirent et des navires américains furent saisis par les deux belligérants ; la diplomatie française mit en mauvaise posture l'Angleterre, et finalement, la guerre de 1812-1814 entre l'Angleterre et l'Amérique fut déclarée.

L'A ngleterre bloqua les côtes des Etats- Unis et détruisil ce qu’elle put de la Marine marchande américaine ; mais elle ne fut pas sans subir également

des pertes.

Cependant, les Etats-Unis tendaient à abaisser les barrières commerciales en modifiant leur politique en matière de tarifs.

En 1815, le Congrès passa un acte de réciprocité accepté par l'Angleterre. Les barrières commerciales tombèrent en effet, mais ce pays n'en conlinua pas moins à maintenir une mesure qu'il avait prise en 1783, nous voulons dire la fermeture des ports des Indes occidentales aux bateaux américains.

Le Congrès procéda alors à des représailles, et dé-

cida de ne pas admettre les bateaux anglais venant

d’un port anglais où les bateaux américains n'avaient pas leur libre entrée.

En 1817, il interdit l'importation des produits étrangers à bord de bâtiments non américains ou n'appartenant pas aux pays producteurs (les bateaux des pays n’excluant pas les navires américains n’étaient point frappés par ces mesures).

Mais ces représailles ne devaient pas être de longue durée. En 1828, le Congrès renouvela ses offres de réciprocité. Ce geste était dicté parle désir de favoriser entre les Nations une fraternité plus étroite au double point de vue politique et commercial ; d’ailleurs, l'industrie des Etats-Unis était en pleine période de développement et détournait quelque peu l'attention des choses de la mer; les représentants des populations côtières avaient moins d'influence au Congrès ; de plus, la Marine marchande semblait devoir se suffire à elle-même. En 1826, en effet, elle transportait 92,5 0/0 du commerce extérieur.

Le Congrès passa donc un acte qui ouvrait les ports américains aux cargos anglais venant de tous pays où les bateaux américains étaient trailés sur le même pied que les bateaux anglais. Cet acte fut suivi parle libre accès, en 1830, des Indes anglaises de l'Ouest aux pavires américains. [1 conduisit aussi à la négociation de plus de 30 traités de réciprocité ou con-

ventions avec différents pays. Mais bien qu'acceptant

formellement le principe, beaucoup de gouvernements étrangers en circonvinrent l'efficacité à leur profit par des subventions aussi bien à la construction

qu’à la navigation, el par d’autres moyens détournés.

IV. — Le rétablissement de la paix en Europe favorise la concurrence étrangère que vont cependant alténuer deux facteürs: l'acquisition de la Floride (1819) et l'ouverture du canal Érié (1828)

L'importance de la flotte de concurrence américaine va en diminuant. D'abord insensible, le déclin s’accentue. Quelques auteurs l'ont attribué entièrement à la législation libre-échangiste de 1828, mais il est plus probable que la longue paix européenne, faisant suite aux guerres de l'Empire, ne fut pas élrangère à ce déclin en permettant notamment à ‘la Marine anglaise de reprendre sa place sur les mers. Cependant, la situation fut peut-être rendue moins grave par deux facteurs importants.

En premier lieu, la cession de la Floride par l'Espagne, en 1819, donnait aux Etats-Unis une réserve considérable de bois de chêne. Ces matériaux étaient amenés à pied-d'œuvre par voie d'eau, c'est-à-dire à bon compte. Aux environs de 1830, la construction fat assez aclive. L'emploi de la vapeur comme

moyen de propulsion (1) n’étail pas encore assez ré-

(1) Le premier bateau À vapeur qui traversa l’Allantique,

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pandu, non plus que les coques en fer, pour apporter une révolution dans le mode de construction. D'autre part, l'ouverture du canal Erié, en 1828, reliant le lac du même nom à l'Atlantique, par l’intermédiaire de l'Hudson, exerça une influence heureuse sur le développement du port de New-York, portant son commerce à une moyenne annuelle de 60.000.000 de dollars, ce qui était à l’époque un chiffre considérable. La construction ultérieure d’au-

tres canaux accéléra le progrès.

en 1814, le « Savannah », n'était en réalité qu'un voilier employant la vapeur comme moyen de propulsion auxiliaire.

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