‹ La Marine Marchande AmericaineChapitre 11 sur 62 · RAPIDES, LES « CLIPPERS · texte numérisé non relu

RAPIDES, LES « CLIPPERS

« La découverte des mines d’or en Californie eut « pour conséquence d'appeler de nombreuses popu- « lalions dans des pays jusqu'alors inoccupés et «incultes. Ces populations se livrant exclusivement « à la recherche de l'or, il fallut les approvisionner de « Lous les objets nécessaires à la vie. Les besoins qui «surgirent ainsi ne pouvaient présenter la même «régularité que dans des pays depuis longtemps « habités.Ces besoins se manifestèrent brusquement, «et le commerce, pour y satisfaire dans un court « délai, trouva indispensable d'employer des navi- «res de marche supérieure. En effet, l'arrivée d’un « bâtiment à San-Francisco, ne fût-ce que vingt- «quatre heures avant son concurrent, lorsque l’un «et l’autre portaient des objets demandés, était

«pour le premier la source de très grands bénéfices,

« réalisés en peu de temps, sur de riches consom- « mateurs. En revanche, le retardataire, trouvant le « marché encombré, ne pouvait vendre sa cargaison «qu'à vil prix. De cette double cause résulta une «incitalion extraordinaire à n'employer pour le «commerce de Californie que des navires de très « grande marche. Pour satisfaire aux demandes qui « leur étaient faites, les constructeurs américains « furent conduits à augmenter, dans un rapport de « plus en plus élevé, la longueur et l’affinement « des anciennes coques » (1).

Ainsi, nous assistons à une merveilleuse période de développement qui débute aux environs de 1843 avec la construction à New-York du premier de ces navires auxquels on a donné le nom de « clippers » (2).

Quand, par surcroît, l'Angleterre adopta, en 1849, la politique du Libre-Echange, il s'établit entre son commerce maritime et celui des Etats-Unis une réciprocité complète. Avec l’abrogation des lois de navigalion anglaises, les commerçants brilanniques commencèrent à acheler ou à affréter les rapides

chppers américains.

(1) Ces lignes ont été relevées dans un rapport établi par M. l'Ingénieur de la Marine Pastoureau en 1857 et différent de celui dont il sera question plus loin.

(2) Voir l'origine du mot « clipper » au renvoi (1) de la page 17.

1 JG

Nous ne pouvons mieux faire, pour donner au lecteur un aperçu de la situation à cette époque, que reproduire, en annexe à notre élude, la première parlie d’un rapport établi par M. l'Ingénieur du Génie maritime Pastoureau, à la suite d’une mission officielle aux Etats-Unis en 1857.

M. Pastoureau, estimant avec raison que la Marine marchande et la Marine militaire d'un pays se complètent mutuellement, les passe en revue l’une et l’autre.

Ce rapport, en quelque sorte inédit (1), émanant d'un officier français qui a éludié sur place un cerain nombre de sujets avec la collaboration des autorités américaines, auprès desquelles il était accrédité, fournit des renseignements qui, pour n'avoir qu'un intérêl rélrospectif, n'en sont pas moins dignes d'être mis en lumière au point de vue historique. Il nous indique la composition de la flotte de guerre américaine en 1857 : il fait ressortir les ressources précieuses que celle flotte de guerre a trouvées autrefois et qu’elle trouve encore dans la flotte commerciale ; 1l donne des renseignements statistiques sur le tonnage américain el sur la production des chanüers de construclions navales à différentes époques ;

il s'étend, en particulier, sur les dimensions avanta-

(1) Il n’a été publié, en 1857, que dans un document autographié d'ordre intérieur : le Mémorial du Génie maritime.

geuses des navires de commerce américains, plus grands que ceux des autres pays ; il nous apprend qu en 1857, la caractéristique des navires de concurrence américains était d’avoir, -pour un même tonnage, un équipage beaucoup moins nombreux que celui des marines étrangères (1); 1l nous entretient, enfin, de l’esprit éminemment commercial et maritime de cette Nation.

Pour ce qui a trait spécialement à l'esprit maritime de ce peuple, 1l sera assez curieux de constater que l'opinion émise en 1857 par M. l'Ingénieur Pastoureau est en opposition formelle avec les appréctations émises ces dernières années dans la presse de

divers pays.

(1) C’est aujourd’hui l’inverse, les lois existantes imposant des effectifs nombreux qui contribuent à augmenter les frais d'exploitation des navires.

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