ALTERNATIVES DE DÉCLIN ET DE PROSPÉRITÉ
I. — Aprés avoir subi le contre-coup de la querre de l'Indépendance, la Marine marchande américaine
se relève grâce à des mesures protectionnistes.
Avec la Révolution, la Marine marchande dépérit, ou plutôt ne se développe plus comme elle l'avait fait jusqu'alors. Disons, en premier lieu, qu'un « order in council » anglais vint, aussitôt après la guerre, interdire l'achat des bâtiments construits aux Etats-Unis où, d’ailleurs, une situation critique
menaçait la construction et l'armement jusqu'alors
(1) Le mot « clipper » — fin voilier, paraît dériver du verbe to clip — tondre, rogner. On donnait autrefois le nom de « clippers » aux chevaux qui remportaient le prix dans les courses.
(2) Nous avons traduit et suivi de près, pour cette partie, l'ouvrage intitulé : America’s Merchant Marine (Bankers Trust
Company Publications, New-York, 1920).
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prospères. Cette situation se trou vail aggravée par le défaut d'uniformité dans la législation des divers Etats, et c'est une des raisons majeures qui ont conduit à l’unification des lois vitales dans la Constitution américaine actuelle.
Aussitôt créé, le Gouvernement des Etats-Unis, désireux d'encourager et de réglementer l'armement fit paraître dans ce but un nombre considérable d’actes ; c'est ainsi qu’un nouvel élan fut donné à cet armement, grâce à une réduction de droits de 10 0/0 sur lès marchandises importées par le pavillon éloilé. Le commerce maritime avec l'Europe, d'une part, et avec les Indes orientales el la Chine, d'autre part,
connut une ère de prospérilé nouvelle.
IT. — Les querres européennes accentuent cette renaissance que vient paralyser par la suite le
système du « blocus continental ».
Avec les guerres de la Révolution et de l'Empire, la presque totalité du commerce entre l'Amérique et l'Europe se fit par des navires américains dont le pavillon était respecté par les belligérants en raison de son caractère neutre. Mais, en 1806, l'Angleterre défendit aux navires neutres de commercer avec la France et ses alliés. Napoléon I* répondit en défendant à ces mêmes navires de faire du trafic avec
l'Angleterre etses colonies.
JR ERSES
I. — Représailles du Gouvernement américain et traités de réciprocité. — La guerre anglo-américaine (1812-1814).
Ces restriclions menaçaient sérieusement la Marine marchande américaine ; aussi, le président Jefferson, désirant la paix à tout prix, assura le passage par le Congrès de l” « Embargo Act » en décembre 1807. Ledit acte défendait à {out navire de l'Union de quitter un port américain pour un port élranger, el à tout navire étranger de prendre un chargement dans un port des Etats-Unis. Ainsi. se manifestait déjà, dans le Gouvernement de l'époque, la trop prudente volonté de ne point se mêler aux affaires de l’Europe. La Marine marchande devait subir les conséquences de celle polilique peureuse ; les navires pourrirent dans les ports ; le commerce ful ruiné. Quelques Etats de la Côte menacèrent de se relirer de l'Union, devant l'insistance des planteurs de Virginie qui ne pouvaient plus exporter leur tabac, et des pécheurs de la Nouvelle-Angleterre dont le poisson et les huiles de baleine restaient sans débouchés.
Après un essai malheureux de quatorze mois, l« Embargo Act » fut rappelé et, en 1809, le Congrès volait le « Non Intercourse Act ». Ce dernier autorisait les navires américains à commercer avec
le reste du monde, à l'exceplion de l'Angleterre et