DE LA GUERRE DE SÉCESSION (1860-1865) AU 4 AOUT
J. — Décadence de la Marine marchande américaine.
La guerre de Sécession devait être, pour la Marine marchande américaine, le début d'une assez longue période de décadence.
Pendant les hostilités, en effet, un grand nombre de bâtiments furent coulés ; la construction des navires de commerce fut négligée, et certains armateurs, n'écoutant que leur inlérêt personnel, mirent en sûreté leur tonnage en le faisant naviguer sous pavillon étranger. |
La période de paix qui suivit ne fut guère plus favorable à la Marine marchande américaine. Jamais, en effet, les Elats-Unis ne connurent une telle prospérité dans les diverses branches de leur activité économique. Les capitalistes américains, trouvant des placements avantageux dans les industries de
toutes sortes, dans les mines et les entreprises de
chemin de fer, se désintéressèrent de la construction et du commerce maritimes.
On délaissa la navigation de concurrence pour se consacrer à la navigation de cabotage et des Grands Lacs.
Il semblait impossible à l'armement américain de lutter contre la Grande-Bretagne. Celle-ci, merveilleusement outillée, construisait alors de nombreux . bâtiments en fer, mus par la vapeur dont l'emploi comme moyen de propulsion était devenu d’un usage courant:
La Grande-Bretagne avait en outre l'avantage de posséder sur tous les points du globe les dépôts de charbons indispensables à ses bateaux.
Tout semblait d'ailleurs favoriser ce pays aux dépens des Etats-Unis. C’est ainsi qu’en 1869, l'ouverture du canal de Suez raccourcit considérablement, au profit des ports anglais, la distance qui les séparait de l'Extrême-Orient.
Auparavant, lorsqu'il fallait passer par le Cap, la distance séparant la côte Est des Etats-Unis, ou les Iles britanniques, de l'Extrême-Orient, était sensiblement la même.
D'après:les éléments d'information recueillis au cours de notre étude (1), il faudrait encore rechercher
(1) Renseignements sur la législation et la réglementation
des Marines marchandes étrangères. Imprimerie Nationale, 1915 (p. 330).