APRÈS LE REJET DU SUBSIDY BILL
Au chapitre Il, titre II, de la deuxième partie (p. 72 et suiv.), nous avons exposé qu'à titre provisoire, les Etals-Unis avaient été amenés à faire assurer leur commerce extérieur, simultanément, par des navires de l'armement privé el par des navires de la Flotte d'Elat. Nous avons indiqué les circonstances à la suits desquelles l'armement privé et d'importants groupements commerciaux avaient protesté contre la concurrence des baleaux du Shipping Board ; nous avons enfin mentionné la tentative infructueuse faile par cette administration pour liquider la Marine marchande du Gouvernement.
Au chapitre [V,p. 94, nous avons rendu compte d’une seconde tentative de vente ayant eu lieu en septembre 1920 et demeurée à peu près sans résultat,
Après le rejet définitif du Subsidy Bill, prononcé le 28 février 1922 par le Sénat, le Shipping Board a
essayé une lroisième fois de liquider une fraction
importante de la Flotte d'Etat. Il avait imaginé un système qui consistait à imposer aux acheteurs l'obligation, soit de prendre les navires au prix mondial, sans autre condition, soit d'accepter la vente à des prix inférieurs, moyennant le maintien des navires en exploilalion sur diverses routes pendant un certain nombre d'années. Ce projet, pour la réalisation duquel des offres pouvaient être déposées jusqu'au 28 mai 1923, a lamentablement échoué à son tour, aucune entreprise privée n'ayant consenti à souscrire à des engagements aussi rigoureux. Depuis la mort du Président Harding, survenue au commencement d'août 1923, les solutions les plus contradictoires ont été suggérées en vue de la gestion ou de la liquidation de la Flotte d'Etat. Il serait, croyons-nous, sans intérêt de les énumérer : mais nous estimons utile de reproduire ci-après les derniers renseignement publiés sur cette question par le Bulletin quotidien de la Société d'Etudes et d'Infor-
malions économiques (numéro du 27 octobre 1923).
La liquidation de la Marine marchande américaine de l'Etat.
« Le sort de la Marine marchande américaine de
« l'Étal continue à rester des plus obscurs, et la
«question n'a pas fait un pas en avant depuis la
«mort du Président Harding. M. Coolidge, bien
« que nettement hosüle à l'exploitation directe de la
« flotte par l'Etat, n’en observe pas moins vis-à-vis du « problème de la Marine marchande une attitude « d'autant plus réservée que les dirigeants du Ship- « ping Board etde l'armement privé sont fort divisés « là-dessus et n’ont pas cessé pendant tout le courant « de l’été de proposer des solutions contradictoires,
« Toutefois, ces divergences de vues ne présen- « taient guère qu'un intérêt théorique, le Shipping « Board élant parvenu, après de laborieuses négo- « cialions, à meltre sur pied un plan de réorganisa- « ion qui avait presque reçu l’agrément des Pou-
«voirs publics. Ce plan prévoyait la cession des
lignes maritimes de l'Etat à 12 ou 18 Compagnies
par actions, dont le capital serait intégralement
« versé à l'Etat. Mais le Président Coolidge, pris de « scrupules, n'a pas voulu sanctionner ce projet sans « s'entourer de garanties, et il en a référé à l'Attor- « ney général Daugherty qui, après l'avoir soumis « à un examen attentif, a déciaré tout dernièrement « que la combinaison était illégale. Le Merchant « Marine Act de 1920, qui est actuellement encore « la charte de la Marine marchande d'Etat, a prévu « la liquidation immédiate de la Flotte, ou, à son « défaut, une exploitation {emporaire, destinée uni-
« quement à attendre des temps plus favorables à la
liquidation ; il accorde, d'autre part, aux futurs
« acquéreurs de la Flotte de larges délais de paie-