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III. — Avantages procurés à. la Marine marchande

des Etats-Unis par les accords qgermano-américains.

: D'après la circulaire du Comité central des Armateurs de France en date du 10 août 1921, n° 1153, ces avantages apparaissent clairement si l'on considère les chiffres suivants :

Avant la guerre, la Hamburg Amerika Linie avait 72 lignes, desservant 300 ports du monde ; elle possédait :

12 lignes vers l'Amérique du Nord :

16 lignes vers les Indes occidentales et le Golfe du Mexique ; |

8 lignes vers l'Amérique du Sud, les ports de l'Atlantique et les Antilles ;

1 ligne vers la côte Ouest de l'Amérique :

6 lignes vers l’Extrême-Orient ;

3 lignes vers l'Inde ;

1 ligne vers le Golfe Persique ;

15 lignes vers l'Afrique du Sud ;

10 lignes en Europe.

De son côté, le Norddeutscher Lloyd assurait 50 services, dont les plus importants étaient à destination des ports de l'Atlantique, de l'Australie, de l'Afrique et de l'Extrême-Orient. En outre, les deux grandes compagnies allemandes avaient des intérêts considérables dans d’autres compagnies, notamment le Kosmos, qui opérait sur la côte Ouest de l'Amérique du Sud, la Deutsche Levante Linie, la Hamburg-Bremen-Africa Linie, l'East African C°, la Woermann C?, l’Austrian American C° et enfin la Holland American Ce. :

Ainsi, pour le moment, les Elats-Unis en vertu des accords intervenus, disposent d'un considérable réseau de lignes de navigalion qui s’est d’ailleurs étendu dans la suite, par d'autres conventions de moindre importance. S'ils ont voulu simplement envisager leurs intérêts les plus immédiats, ils devaient, comme cela a eu lieu, recueillir largement et sans tarder les fruits d’une collaboration avec les Allemands. Malheureusement pour notre pays, les grands ports germaniques, débouchés naturels de l'Europe Centrale, étaient plus indiqués que les ports français pour constituer des êtes de lignes. Ceci est

si Vrai que nos compagnies d'armement reconnais-

sent elles-mêmes aujourd’hui l'impossibilité d’exploiter avantageusement des services commerciaux avec le seul fret et les seuls passagers des ports françaIs.

En ce qui concerne particulièrement l'Amérique du Sud, la ligne de la Société générale des Transports maritimes part de Gênes avant de toucher Marseille. De même la ligne des Chargeurs réunis part de Hambourg avant de desservir Le Havre et La Pallice, Dans le Journal de la Marine marchande du 9 août 1923, et se référant à une déclaration de M. Hubert Giraud, député des Bouches-du-Rhône el président de la Chambre de commerce de Marseille, M. Breton, directeur de la Compagnie des Chargeurs réunis, indiquait que l'Allemagne exportaitau rythme de 881.700 tonnes et la France au rythme de 88.865 tonnes.

Ilest donc hors de doute que, grâce aux accords conclus; les compagnies de navigation américaines souffriront moins de la crise maritime mondiale, que sielles n'avaient pas eu pour leurs navires les débouchés dont les ont fait profiter les lignes allemandes.

En outre, déclare le Comité central des Armateurs, «elles ont la perspective, pendant une période assez longue qui durera jusqu’au moment où l’Alle-

magne aura pu reconstituer sa Flotte marchande et

son commerce, de pouvoir profiter des débouchés commerciaux de l'Allemagne, en utilisant l'expépérience et les relations de leurs compagnies associées. Celte période durera assez pour que les compagnies américaines puissent espérer en relirer un avantage définitif, et, à l'expiration des accords, se retrouver capables d'exploiter, sans aucun concours étranger, de grands services de navigalion à deslination des principaux ports du monde. Le Shipping Board a laissé clairement entrevoir sa pensée sur ce point ». En septembre 1920 l'amiral Benson disait en effet :

« Le gouvernement ne renie pas la part qu'il a prise à l'accord avec la Hamburg Amerika Linie. C’est une bonne fortune, et la meilleure de toutes celles qui pouvaient échoir à l'Amérique, que d'avoir pu conclure un accord avec les compagnies maritimes allemandes » (1).

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