‹ La marine royale en 1789Chapitre 19 sur 92 · Léo Clarelie. Florian · texte numérisé non relu

Léo Clarelie. Florian

3. (c Pour Ks esprits forts c'était un esprit faible, crédule, plein de préjugés; pour les écrivains ecclésiastiques, le modèle des justes dans les plus iiauts rangs de la société et qui consolait l'Eglise des scandales dont elle était affligée ; pour son valet de cliambre, un grand homme jaloux de conserver son rang, mais a\ec des grâces qui faisaient passer ses hauteurs. » Et. .\llaire. Le duc de Pentliiévre.

i. Comme fils aine du comte de Toulouse, comme héritier du duc du Maine.

profits et émoluments, etc. Sous un amiral parvenu à Tàge d'homme, le rôle de secrétaire général se bornait à ces modestes fonctions qui n'exigeaient que du zèle et de la fidélité, mais avec un amiral encore écolier, le rôle s'agrandissait et le secrétaire pouvait devenir un personnage, ainsi qu'il arriva à l'un d'eux, M. de Valincourt, qui fut chargé de présider à l'éducation maritime du comte de Toulouse. L'auxiliaire du duc de Penthièvre, se nommait Périer; il faisait peu de bruit de son vivant, l'histoire l'a oublié.

Au-dessous de l'amiral, la hiérarchie établie par l'ordonnance de 1786 plaçait les vice -amiraux, pour prendre rang après les maréchaux de France. Ils occupaient une charge plutôt qu'un grade, la conservaient durant toute leur vie et avaient l'obligation de résider à Paris. Leur nombre était fixé à trois. Venaient ensuite les lieutenants généraux et les chefs d'escadre « en nombre qui n'était point réglé, Sa Majesté se réservant de l'augmenter ou diminuer suivant les besoins de son service" ». Ces divers grades formaient le cadre des officiers généraux ou, tout simplement, des généraux. Jadis les plus distingués d'entre eux recevaient le bâton de maréchal de France et ils étaient fort sensibles à cet insigne honneur, témoins, Tourville, Château-Renaud, d'Estrées. Depuis les revers éprouvés par nos flottes, le roi n'avait plus donné aux marins cette haute récompense. On le regrettait vivement dans la marine, on y rappelait non sans amertume l'exemple de Louis XIV,

1. En 1789 il y avait quinze lieutenants généraux et quarante et un cliefs d'escadre.

qui avait envoyé le bâton à un amiral vaincu, mais glorieusement défait. Comme faveur insigne, les généraux de la marine pouvaient prétendre au cordon du Saint-Esprit, que cent personnes seulement avaient le droit de porter. SufTren en avait été gratifié à son retour de l'Inde. Il est vrai qu'alors le vent avait tourné et que les hommes de mer jouissaient de la faveur universelle. « Jamais Turenne, Condé ou le maréchal .de Saxe n'avaient été accueillis à la Cour ' » comme le fut le héros des mers de l'Inde. Le roi se l'était fait présenter officiellement en grande pompe, et à Versailles chacun avait voulu lui parler. La foule n'était pas non plus restée indifférente à la gloire qu'il avait acquise et deux fois elle l'avait acclamé, à l'Opéra d'abord, puis au Théâtre-Français à la première représentation du Mariage de Figaro: L'occasion était donc bonne pour revenir à l'usage de concéder aux marins illustres le titre de maréchal. Il n'en fut rien pourtant, et ceux-ci durent se contenter de simples dons d'argent, pour prix de leurs belles actions ou de leurs éminents services '. Ces marques de la générosité royale venaient augmenter les traitements qui d'ailleurs n'étaient pas insignifiants. Le chef d'escadre touchait 6.000 livres par an, le lieutenant général 12.000 et le vice-amiral 24.000, sans préjudice des suppléments que faisaient acquérir telles ou telles fonctions : 21.000 livres au commandant de la marine de Brest, de Toulon et de

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