‹ La marine royale en 1789Chapitre 23 sur 92 · On était déjà médisant dans la marine, en · texte numérisé non relu

On était déjà médisant dans la marine, en

les grades », disent les nobles du Cotentin. Ceux de Château-Thierry sont aussi catégoriques : « La noblesse de province a autant de droit que celle de la cour...* » Pauvres nobles de province! le vent d'égalité, qui souffle partout, leur fait désirer et solliciter l'égalité des privilèges pour quiconque se dit gentilhomme, ils ne se doutent pas que ce vent d'égalité va tout renverser, et les privilèges, et les catégories de gentilshommes, et les gentilshommes eux-mêmes... Mais quoi qu'ils en disent, le sort de leurs fds servant dans la marine n'est pas digne de grande pitié. En dépit des lenteurs que le favoritisme peut imposer à l'avancement, tout garde, ou plus tard tout élève de la marine, est assuré d'atteindre au moins le grade de capitaine de vaisseau, grade assez élevé pour permettre à un noble, comme disait Chérin, < de soutenir son état avec décence ».

Les officiers qui, moins favorisés de la naissance, ont dû entrer dans la marine par les grades intermédiaires ou qui y entreront désormais, grâce aux ordonnances de 1786, par la porte des volontaires, sont nommés sous-lieutenants également vers la trentième année. Ils demeurent dans ce premier grade jusqu'à ce que « des services ou des actions les aient rendus susceptibles d'être promus lieutenants de vaisseau », c'està-dire qu'ils sont nommés au choix, suivant l'expression de nos jours. Le principe de l'avancement à l'ancienneté était inconnu sous l'ancien régime. Les souslieutenants étaient donc dans la règle générale en ne

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