‹ La marine royale en 1789Chapitre 27 sur 92 · I. \ . Brun. Guerres maritimei. t. l*"''. p. .190 et -iOO · texte numérisé non relu

I. \ . Brun. Guerres maritimei. t. l*"''. p. .190 et -iOO

âge, n'avaient point en ces affaires toute l'impartialité désirable et le ministre lui-même ménageait visiblement les officiers militaires. Aussi la jalousie des deux corps n'allait-ellc pas s'effacant, malgré les changements qui se produisaient dans l'esprit public, à mesure que le siècle approchait de sa fin.

Les officiers bleus n'étaient pas mieux placés que les officiers de plume dans la faveur des officiers rouges. « Ils nous répugnent beaucoup, écrivent ces derniers et c'est à qui. ne fera pas campagne avec eux *. » Fâcheux dédain qui entraînait à de coupables aberrations, témoin le refus du duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne, d'utiliser les services d'un brave capitaine de flûte, Cornic-Duchène, se proposant en 1761 pour incendier, avec des brûlots, l'escadre mouillée par Keppel à Belle-Ile. C'était im bleu, on passa outre à sa demande et l'escadre ennemie ne fut pas inquiétée^. Quelques esprits plus sages ^, comme le lieutenant général de Rions, déploraient cet exclusivisme qui éloignait de la marine de précieux serviteurs « en les avilissant tous, en les traitant avec hauteur et mépris ». Mais les esprits avisés étaient malheureusement en petit nombre et l'on voit un officier distingué, le lieu-

1. Les bleus ne complaient pas pour les chefs. Seul d'Estaing les appréciait, il les accablait de pi"é\enances, mais son sentiment était intéressé. 11 se vengeait, par celle sympathie, du dédain que lui témoignaient les ofliciers nobles, trop exclusifs pour oublier son iiistrusion dans leur corps.

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