I. 1765. Inséré dans le Journal des Savants de 188i
S'ils montraient un médiocre empressement à venir sur les vaisseaux, ils étaient peu zélés une fois embarqués. Écoutez au surplus ce que dit d'eux un officier de la marine : « N'est-il pas ridicule qu'un soldat qui n'a pas honte à terre de nettoyer à son tour la chambre qu'il occupe dans une caserne, se croie déshonoré à bord de se voir entre les mains une gratte et un balai ; et s'il fait de l'ordure quelque part, qu'il faille que ce soit un matelot qui la nettoie ? Suivre cet usage, n'est-ce pas perpétuer un abus ? La paresse n'est pas le moindre des défauts qu'ils apportent à bord. Accoutumés à la fainéantise des garnisons, le travail de la manœuvre les rebute; il leur paraît au-dessous d'eux. Une corde dans leur opinion avilit des mains qu'ils ne croient faites que pour manier un fusil ; ils pensent que ce n'est point à eux que le sifflet s'adresse, et se choquent trop aisément des expressions énergiques d'un maître. Je conviens que pour faire agir un homme il ne faut pas l'injurier; qu'ils soient dociles à se laisser conduire, attentifs à ce qu'on leur demande, prompts à agir au premier ordre et on les traitera avec les égards qu'ils exigent. En général leurs chefs ne sont pas assez persuadés qu'après la propreté, un travail modéré et continu est un des meilleurs préservatifs contre le scorbut qui les attaque beaucoup plus vite que les matelots ^ »
D'après ce témoignage, les soldats embarqués sur les vaisseaux du roi ne prêtaient qu'un médiocre concours