Ordonnance du 23 mars 17S
c'étaient de petits canons courts lançant des projectiles creux ou obus; ils armaient les batteries des gaillards des vaisseaux et frégates.
Les boulets ordinaires et les obus n'étaient pas seuls employés à bord. On tirait aussi de la mitraille inventée par Gribeauval, et l'on combinait parfois ces divers projectiles de façon à faire un feu plus meurtrier : boulets rames, c'est-à-dire réunis par une tige rigide, boulets enchaînés, c'est-à-dire réunis par une chaîne; mitraille et boulet mis ensemble dans le canon ; boulets rougis au feu, etc..
Les obusiers des gaillards étaient alors sur le point d'être remplacés par les caronades. d'invention écossaise I, que les Anglais avaient adoptées pour l'armement des batteries supérieures de leurs navires et qu'ils chargeaient d'obus et surtout de mitraille ou de boîtes à balles. Arme à faible portée, la caronade avait son emploi tout indiqué dans les instants qui précédaient l'abordage, où elle balayait les ponts et repoussait les assaillants; de plus, les balles qu'elle lançait s'éparpillaient dans toutes les directions et causaient des avaries nombreuses aux cordages, aux agrès et aux voiles : enfin son poids très faible, ses dimensions restreintes (l'àme ayant de longueur trois fois environ le diamètre de l'obus) permettait à trois ou quatre hommes de la manœuvrer. Les Anglais, dans la dernière guerre, en avaient tiré le plus heureux parti. Aussi l'engouement pour cette bouche à feu était-il très grand : grâce à elle^