‹ La marine royale en 1789Chapitre 59 sur 92 · septembre 1784. {Archives de la marine · texte numérisé non relu

septembre 1784. {Archives de la marine

et un lieutenant de vaisseau, difficulté où le commandant du port avait donné gain de cause à l'officier : « Il ne restera plus aux commissaires, dit-il, que des appointements, et les hommes qui ne retirent de leurs services que de l'argent, qui n'en peuvent obtenir ni honneurs ni considération, ne seront jamais susceptibles de l'élévation nécessaire pour remplir leurs fonctions avec zèle et désintéressement. » A ces éloquentes protestations, le ministre répondait avec politesse, mais il demeurait inflexible et maintenait que dans toute commission, composée de personnes des divers corps, le chef serait toujours un militaire, sans égard pour son grade.

L'administration de la marine était honnête, je viens de le dire. Sur ce point les témoignages abondent. Lors des réformes tentées contre leur omnipotence, les fonctionnaires civils eurent à cœur de repousser tout reproche de malhonnêteté ou de corruption. Ils étalèrent au grand jour leur existence, indiquant des réformes à faire, des négligences à réparer ou à punir, mais protestant de leur probité, a Parmi les officiers d'administration, dit Malouet, j'ai vu plus de pauvres que de riches, je n'ai jamais ouï citer une fortune scandaleuse. On connaît tous ceux qui ont été employés en chef dans les ports depuis quarante ans, eux et leurs enfants subsistent presque tous des bienfaits du roi. Je n'entends pas cependant garantir ni la pureté, ni la fidélité de chaque individu. Il est très probable qu'il y a eu plus d'une friponnerie dans un laps de temps donné, mais l'éclat qu'ont eu quelques

bassesses des subalternes montre assez que des désor^ dres phis importants auraient été relevés avec beau» coup d'empressement. » A la suite d'un différend qui s'était élevé entre le département de la finance et celui de la marine, différend où le roi dut intervenir en personne, Necker, qui ne brillait point par l'indulgence, écrivit au maréchal de Castries : « Un homme de bonne foi restera convaincu et très convaincu qu'il n'y a point de déprédation dans votre administration, que les excès de dépenses occasionnées soit par l'effet inévitable de la négligence ou de la rapacité des subordonnés sont même fort diminués et que pour produire avec les instruments qui vous sont confiés les mêmes elTets, il en aurait beaucoup plus coûté ou au moins autant coûté pour tout autre ministère...* » Pourtant les bruits de concussion trouvent toujours facile créance. Un louable souci de la droiture et de l'honnêteté s'alliant, sans qu'on y prenne garde, à quelque sentiment moins noble nous pousse trop souvent à écouter d'une oreille complaisante les découvreurs de malversations ; mais quelquefois cette tendance si naturelle peut tourner à notre confusion. En 1787, le maréchal de Castries en fit la dure expérience. Un Anglais, qui plus est un notaire, du nom de Dubourg, échangea avec lui une correspondance pour l'informer qu'il avait eu vent de certaines prévarications commises dans les ports de France, ajoutant qu'il s'offrait pour venir couper court à d'aussi graves méfaits. De là, mission confiée au gardes-notes

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