Letlre du iO mai 1782. [Archives de la marine
avec une confiance remplie d'ingénuité. Son inspection n'amena la découverte d'aucun scandale, mais la stupeur fut grande quand on apprit que ce Dubourg était l'ami de M. Pitt, qu'il avait dans son étude un neveu de ce ministre et que jamais il ne se trouva une aussi belle occasion d'espionner ce qui se passait dans nos ports 1.
Le défaut de l'administration de cette époque, défaut capital malheureusement, c'est le désordre. Les comptes sont toujours arriérés de dix ans ; ceux de la guerre d'Amérique ne sont pas encore liquidés en 1789 et on les juge « inextricables ». La solde des matelots qui y ont pris part n"a été payée qu'après plusieurs années de retard, les dépenses d'armement, celles de la régie des vivres ne peuvent être définitivement arrêtées que par des ordres du Roi « qui valident des pièces informes suppléant à celles qui manquent ». Sans doute, dans cette guerre, on a eu à faire face à de grosses difficultés, par suite du long stationnement des escadres sur des côtes lointaines, de la nécessité de renouveler les approvisionnements à des prix excessifs, de l'obligation de changer les équipages. Mais l'Angleterre, qui au même moment et dans les mêmes conditions entretenait 800 bâtiments de guerre ou de transport et 200.000 hommes en Amérique, l'Angleterre avait depuis longtemps réglé ses comptes et nous aurions pu suivre son exemple ^. Au surplus, la paix durait depuis 1783,