‹ La marine royale en 1789Chapitre 6 sur 92 · Mémoires du duc des Cai-s^ vol. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires du duc des Cai-s^ vol. I, p

escadron qu'on admire sans cesse. La marine est donc devenue le service secondaire '. »

Si le métier de marin donnait peu de satisfactions d'amour-propre, d'autre part les dangers et les fatigues de la navigation éloignaient encore de la mer les fils de grande famille. Ils se demandaient si, pour courir après la fortune, ce n'était pas folie de s'exiler du bon pays de France où le climat était doux, où le régime social laissait à la noblesse toutes ses franches coudées. Le goût des aventures lointaines était peu développé chez les enfants des nobles, qui trouvaient dans leurs châteaux ou dans leurs terres de faciles jouissances. Ceux qui rêvaient d'expéditions ou de batailles navales étaient rares; un petit nombre avait cet esprit aventureux qui seul permet d'accepter de gaieté de cœur l'existence du marin.

Mise ainsi au second plan dans les préférences et dans les goûts de la noblesse, l'armée navale ne recevait que les cadets des grandes familles : « J'étais voué en ma qualité de cadet à entrer dans la marine ou dans les ordres, » écrit le comte de Rochechouart en commençant ses Mémoires-. Encore les descendants des vieilles familles historiques étaient-ils peu nombreux dans les cadres : d'après un contemporain, on y trouvait surtout des gens qui manquaient de crédit et de fortune pour une route plus haute. « La car-

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