‹ La marine royale en 1789Chapitre 7 sur 92 · Boisgenetle. Le personnel de In marine, p · texte numérisé non relu

Boisgenetle. Le personnel de In marine, p

i. Cf. Les Mémoires du duc des Cars, t. I, p. 18 : « Ma mère, fidèle i son principe, ne connaissait jiour les cadets que lalternalive de rÈ?lise ou de la

rière des armes, dit encore le généalogiste Chérin, facilite à ceux de la noblesse qui sont nés sans biens les moyens de se placer et de soutenir leur état avec décence '. » Or ils étaient légion ceux de la noblesse nés sans biens -. Sur les ISO. 000 nobles qui vivaient en France vers 1789, les neuf dixièmes végétaient dans une situation aussi voisine de la misère que de la médiocrité. D'après Barbier « les provinces dilTérentes du royaume étaient remplies d'une infinité de noblesse pauvre, chargée d'enfants que les pères et mères n'avaient pas le moyen de faire élever '' » . Les provinces maritimes n'étaient pas à cet égard plus favorisées que les autres. Or ce sont elles qui fournissaient la grande majorité des jeunes gentilshommes désireux de servir sur les vaisseaux du roi ; ils y étaient donc attii'és autant par nécessité que par vocation.

Le service de mer si peu recherché sous Louis XV, devint au contraire en grande faveur sous Louis XVI. Pourquoi? Etait-ce simplement affaire de mode ou caprice de l'opinion? Non pas. Il y eut à ce revirement une raison plus haute, le rôle glorieux de la marine durant la guerre de l'Indépendance américaine. N'oubliez pas, en effet, que la plus noble et la plus brillante ieunesse du royaume avait pris part à cette guerre dans les armées de secours expédiées aux « insurgens » ;

1. Quand Seignelay créa, le 18 octobre 168'!, les compagnies des gardes du pavillon, c'était pour « attirer dans la marine les gentilslioninios pauvres qui avaient le goût du métier ».

2. De Bouille prétend que des anciennes familles nobles, il y en avait à peine deux ou trois cents qui n'étaient pas ruinées. Cf. Pizard. La France en 1780

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