‹ La marine royale en 1789Chapitre 80 sur 92 · Brun. Guerres maritimes, vol. P'', p · texte numérisé non relu

Brun. Guerres maritimes, vol. P'', p

jourd'hui rirait de pitié en voyant un vaisseau organisé et mené comme en ce temps-là*. » Il est juste de constater que les moeurs du xvni'^ siècle étaient fort arriérées quant à l'arrangement des habitations. On ne cherchait même pas toujours à se donner ses aises en son propre logis. La société d'alors aimait le luxe extérieur ; la magnificence était pour elle un des signes et comme une des conditions du rang, mais elle n'attachait aucune importance aux satisfactions du bien-être, elle méprisait le confortable que l'imitation de l'Angleterre introduisit plus tard '. « Allez à Versailles, dit Albert Duruy, faites-vous montrer dans les combles du château les taudis où logeait la première noblesse du royaume, vous serez moins étonné que l'on trouvât tout naturel encore de faire coucher deux soldats dans le même lit*, » et vous serez moins surpris ensuite que la tcHue des vaisseaux ne fût point parfaite.

Les conseillers du maréchal de Castries avaient pourtant senti les vices de notre organisation maritime et avaient tout fait pour les réformer. Le temps seul avait manqué à leur œuvre pour en consacrer le solide mérite. Ordre, tenue, discipline, instruction du personnel, ils avaient tout visé dans leur code, améliorant ici, inaugurant ailleurs. Ils avaient, par exemple, en ce qui concerne l'assainissement des navires, édicté toute une série de prescriptions efficaces. Les cales et faux-ponts devaient être chaque jour lavés,

1. De Boisgenette. Considérations sur la marine. Paris, 1818, p. 5G.

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