Celui de des Touches contre Arbuthnot, en
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miens. Une récompense tardive et qu'on regarderait comme arrachée par l'importunité ne serait pas un dédommagement pour moi, et je n'aspire qu'au moment où, ayant renoncé à tous les honneurs militaires, je n'aurai plus qu'à faire des vœux, en bon citoyen, pour que tous les officiers qui, à différentes époques, ont été mieux traités que moi, servent le roi avec autant de zèle et, j'ose ajouter, aussi utilement que moi. » Il y a certes du dépit et de l'amertume dans cette missive, il s'y trouve aussi de la fierté, et le ministre qui la recevait n'en savait pas mauvais gré à son auteur '.
Le respect n'exclut pas la dignité chez l'inférieur, il constitue même la véritable dignité de l'obéissance. La bienséance des rapports, établis entre tous les degrés de la hiérarchie, autorisait une franchise de langage presque complète chez le subordonné. Jugez-en d'après cette lettre écrite, le 18 décembre 1778, par Suffren commandant le Fantasque à son propre chef, le comte d'Estaing: « Autant je serais éloigné de donner des avisa un général, autant je crois qu'il est du devoir d'un bon citoyen de faire part des idées qu'il croit utiles au bien de l'Etat, surtout à un général qui m'a témoigné de la confiance, de la bonté et à la gloire de qui je m'intéresse. »
Remarquez, avant de poursuivre, que dans ces lettres Suffren comme Granchain parlent de leurs devoirs de « bons citoyens ». C'est qu'en effet ils approchent de
{. V Sa iMajesLé, lui répondit le miréelial de Casliies, ayant remarqué le Ion amer do votre lettre a jugé à prOpOs de remeltre a un autre temps l'examen de vos prétentions. Je suis fâche que vous ayez mis cet obstacle à ma bonne volonté pour vous et à votre propre satisfaction. » (Versailles, 2o novembre 1781.)
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l'heure où va éclater la Révolution : les aristocrates officiers du roi sont devenus des citoyens, le royaume est devenu la nation; on lance à Brest un vaisseau que l'on baptise le Citoyen; les idées et les mots de liberté, d'égalité, de civisme sont en vogue dans la marine comme ils le sont même parmi les gentilshommes et le clergé. Résultat souhaité par les uns, redouté par les autres, en tout cas résultat prévu de la guerre d'Amérique où la meilleure noblesse de France est allée porter le secours de son épée à des bourgeois révoltés contre l'aristocratie et le roi d'Angleterre. « Par les souvenirs mêmes de cette guerre et par les impressions qu'il y avait puisées, le corps des officiers de la marine était en général partisan des idées nouvelles, mais en même temps ses sympathies n'étaient pas douteuses pour un prince dont le règne et la protection déclarée avaient relevé sa gloire, au point qu'elle éclipsait alors celle du corps des officiers de terre '. » Dans les ports comme dans tout le royaume les esprits étaient en fermentation; si on n'y croyait pas encore à une révolution, on s'y occupait beaucoup d'abus à détruire, de réformes à opérer-. Le ministre de la marine ne voyait pourtant pas d'un bon œil cette agitation; ayant su que quelques officiers a capitaines ou lieutenants de vaisseau faisaient partie à Toulon d'une société où étaient des négociants et des bourgeois pour y lire les papiers publics, il leur avait fait exprimer le désir de les voir