‹ La marine royale en 1789Chapitre 88 sur 92 · Mémoire sur la santé des gens de mer · texte numérisé non relu

Mémoire sur la santé des gens de mer

2. A rapproclier de cette dépècliedu 13 février 1703. Colonies, archives de Marseille. Il Le roi étant dans l'intention de peupler la colonie de Cayenne, il con- \ienl pour combattre et surtout pour prévenir la mélancolie dont les colons pourraient être atteints, d'engager pour trois ans six joueurs de tambourins, qui n auraient d'autre occupation que de les divertir. »

ses hommes à terre pour s'y livrer à des parties de barres. « L'équipage, dit l'amiral Jurien, était divisé en deux camps. Les succès étaient annoncés par des coups de perriers ou des roulements de tambour. Tout le monde, sans distinction de grades, se rangeait dans un camp ou dans l'autre. La familiarité inséparable d'un jeu, dont l'émulation est l'essence, n'altéra cependant pas la discipline et les subordonnés n'en furent pas durant la campagne moins respectueux envers leurs supérieurs. » C'est sur cette citation des Souvenirs d'un amiral que je veux m'arrèter pour conclure. Il me semble intéressant de noter ces parties de barres auxquelles l'équipage et l'état-major d'une frégate du roi se livraient tous ensemble « sans distinction de grades », à quelques jours de la convocation des Etats généraux et do la prise de la Bastille.

N'accusez donc pas les aristocrates, qui résident à l'arrière du navire, de mépriser ou de dédaigner ceux qui peinent et qui souffrent du côté du gaillard d'avant. Si jadis pareils sentiments ont inspiré les actes des officiers, en 1789 il n'en est plus ainsi. Les temps sont changés! Croyez-en, au surplus, le commentateur morose des ordonnances du maréchal de Castries qui écrivait : « Les idées des officiers commencent à se modifier. Si la raison n'a pas encore triomphé des préjugés, du moins elle les attaque; ils en viennent à comprendre que, dans quelque rang qu'il soit né, un homme vaut pour la société selon l'utilité qu'elle en retire*. »

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