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Observations sur les ordonnances, ])Olt d'XrnaiUd, ITSO

Tel était, à la veille de la Révolution, lélatdcs principaux organes et services de la marine royale. L'heure est venue maintenant de rassembler les traits épars de l'étude qui précède et d'en tirer un jugement d'ensemble.

Pour le nombre des vaisseaux, la marine de France était la seconde de l'Europe, elle venait immédiatement après celle de l'Angleterre. Ce qui lui manquait le plus, c'était un personnel maritime suffisant pour former tous ses équipages. Le système des classes, rigoureux dans son principe et brutal dans son application, avait dépeuplé de gens de mer les côtes du royaume et quand le besoin se montrait d'armements nombreux, les matelots faisaient défaut; il fallait les remplacer par des soldats ou par des mercenaires étrangers, ramassés hâtivement dans les pays voisins. L'une des premières préoccupations du maréchal de Caslries, en arrivant au pouvoir, avait été de porter remède aux vices des règlements organiques et, en 1 784,

il lit paraître son ordonnance qui établissait un régime moins oppressif que le précédent. Il n'y avait plus de classes de services, on les remplaçait par des levées individuelles. On ne devait plus inscrire aucun marin sur les contrôles des classes que de son consentement formel ; on ne pouvait lever personne qui ne fût classé; enfin le classement, c'est-à-dire l'obligation du service militaire, cessait à soixante ans au lieu de durer toute la vie. La pensée des chefs de la marine était alors d'attirer les inscrits vers le service du roi, en le leur présentant comme un métier profitable, et non plus comme une pesante servitude. Il s'est écoulé trop peu de temps de 1784 à 1789 pour juger si les dernières modifications au mode de recrutement réalisèrent l'espoir de ceux qui les avaient introduites. Il convient du moins de rendre hommage à l'esprit libéral que le maréchal de Castries et ses conseillers avaient apporté dans la rédaction de leurs ordonnances, pour le plus grand bien des humbles navigateurs de nos provinces maritimes.

Ce même esprit libéral avait fait changer les règles établies pour l'entrée dans le corps des officiers de la marine royale. Jusqu'en 1786, les fils de gentilshommes composaient seuls les très aristocratiques compagnies des gardes de la marine et pouvaient seuls aspirer à l'honneur de servir dans le « grand corps » de la marine du roi. Le maréchal supprima ces compagnies, il changea les gardes en élèves de la marine et désigna les deux collèges de Vannes et d'Alais pour leur donner l'éducation première. Avant son ministère, les jeunes

gens de bonne famille, autorisés concurremment avec les fils de gentilshommes à naviguer sur les bâtiments de Sa Majesté dans l'emploi de volontaires, n'étaient destinés, leur noviciat achevé, qu'à commander les vaisseaux des particuliers. En temps de guerre, le roi délivrait à un certain nombre de ces capitaines marchands des commissions d'officiers, mais l'état d'officier de la marine royale n'était définitivement accordé qu'à ceux qui avaient trouvé l'occasion de mériter par de belles actions une si haute faveur. Si donc l'entrée du grand corps n'était pas rigoureusement fermée, elle était excessivement étroite : le duc de Castries ouvrit cette porte, à peine entre-bâillée, en permettant aux volontaires, non gentilshommes, d'atteindre directement un grade de la marine royale. D'après l'une de ses ordonnances, les fils de négociants en gros, d'armateurs, de capitaines marchands et de gens vivant noblement purent briguer, après six ans de service dans l'emploi de volontaire, le grade de sous-lieutenant de vaisseau, premier échelon de la hiérarchie navale qui les mettait sur la voie des échelons supérieurs. En même temps disparaissaient les capitaines de flûte ou de brûlot et les lieutenants de frégate qui avaient formé jusqu'alors la petite marine des bleus toujours à la peine, à côlé de la grande marine, celle des rouges, qui se trouvait seule à l'honneur. Tous les titulaires de ces grades, dits intermédiaires, devinrent sous-lieutenants de vaisseau et firent, comme tels, partie intégrante de la hiérarchie désormais unique du corps des officiers de marine. Il serait assurément téméraire de supposer que les

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