Moussy. Ibid
Ch. Lk Gofric. 2
le 7" hussards, dont les deux escadrons, par la coulée du bas Sorcy, ont pu se faufiler sur le flanc gauche de l'ennemi et menacent ses communications. Que toutes les instructions de Foch eussent été exécutées à cette heure par le reste du détachement d'armée comme elles venaient de l'être par le 9» corps, et Corny tombait après Bertoncourt. Mais la 52' division, qui s'est mise en mouvement sur Chesnoy, ne bouge plus, comme brisée ; Eydoux ne parvient pas à se dégager de l'artillerie qui le bat de face et de flanc dans sa marche si lente vers Sorcy. A 3 heures de l'après-midi cependant, l'acharnement des brigades Blondlat et Moussy reçoit sa récompense : remarquablement soutenus par les groupes Martin et Geiger de l'artillerie marocaine, les bataillons coloniaux Vincent et Garilly font le bond décisif et parviennent à occuper la lisière ouest de Bertoncourt; le bataillon Gouraud, du 68», qui y laissera cinq ofiiciers, s'empare à son tour de la lisière sud du village. Un flottement se dessine chez l'ennemi, en même temps que nos autres éléments d'attaque se sentent comme « aspirés » par l'allant merveilleux de leurs camarades de première ligne. Sur la droite, qui a plus particulièrement à souffrir de l'inertie de la 52» division et des lenteurs du 1 1» corps, la situation sans doute est moins briUante : la brigade Eon, de la division Dumas, a dû lâcher Auboncourt, puis la ferme Bellevue; l'ennemi débouche sur Faux qu'il couvre d'obus incendiaires. Une première contre-attaque l'arrête vers 10 heures et le refoule dans Auboncourt ; une seconde contreattaque l'arrête encore un peu après midi. Mais les Boches se renforcent, tandis que nous luttons avec des effectifs de plus en plus réduits; leur artillerie
accélère son rythme, tandis que la nôtre, faute de munitions, doit modérer le sien. Faux, Lucquy braient. Avec ce qui reste du 135» et un bataillon du 32», détaché de son corps qui opère en Lorraine, le colonel Eon tient bon dans ces brasiers. 11 y tiendra jusqu'au bout. La faible avance de l'ennemi sur ce point est largement compensée d'ailleurs par les gains de Blondlat et d'Humbert au centre. Novy et ses hauteurs, les approches de la ferme Pornant, les lisières ouest et sud de Bertoncourt, la cote 148, durement conquises, nous appartiennent. Donc le plus difticile est fait et, contre un ennemi aux trois quarts ébranlé à son centre et qui ne paraît pas très bien calé sur son aile gauche, il suffirait d'une poussée de'la ^'2' division, d'un coup dépaule des rudes gars bretons du 11' corps. Dubois l'attend impatiemment, cette intervention : l'après-midi n'est pas si avancée qu'on ne puisse faire de bonne besogne dans les heures de jour qui restent. Et voilà qu'à son Q. G. de Ghevrières arrive le commandant d'étal-major Berthon. Lst-ce enfin la nouvelle qu'liydoux et Coquet s'ébranlent? C'est au contraire la nouvelle qu'ils se rephent et que Dubois n'a plus à compter sur eux : Lydoux s'est enferré sur Auboncourt; Coquet sur Ghesnois, situé « dans un fond bondé d'Allemands » qu'il a fait attaquer sans préparation d'artillerie et traverser par sa division qui a lini de s'y disloquer', il est « 14 h. 30 ».
1. « Le lendemain [30 aoûtj, à Ëcordai, il nous fait attaijucr Chesnois, placé dans un lond bondé d'AlIcruands, sans un coup de canon. Le sport a cousistù a traverser ce Mllage sous la l'usulaije uilcMise partie des maisons closes et à rassembler les débris de la UiMsiou en débandade après cette belle opération. J'ai vu tomber la bien des caniaraues inutilenieut » (Lettre du commandant M...).
On tient encore deux heures, «quand tousles autres ont lâché »', mais pour la forme, pour assurer le décrochage par échelon qui ne s'opère pas sans difficulté et qui aurait mémo tourné au désastre pour la brigade Moussy, sans la splendide abnégation des escadrons Montgaillard etMontaigu renouvelant sur les pentes de la cote 148 l'héroïque chevauchée à l'abîme des cuirassiers de Morsbronn. D'ordre de l'armée, le 9" corps, victorieux sur presque toute la ligne, doit abandonner ses conquêtes, chèrement payées par 2.000 hommes et 80 officiers hors de combat^ et se replier avec le reste du détachement au sud de l'Aisne. La retraite continue derrière le fleuve : Joffre n'a pas jugé qu'il filt encore temps de l'arrêter.
Foch, qui a reçu peut-être les confidences du grand chef et qui sait en tout cas que la date du 2 septembre est celle qu'il a choisie pour le redressement de sa ligne, n'a pas lieu d'être surpris par cette détermination : il a attaqué, parce qu'il est dans son caractère d'attaquer, môme en se repliant ; il a attaqué pour une autre raison encore, parce qu'une troupe ne se révèle véritablement que dans l'offensive et qu'il voulait éprouver dès la première heure la valeur des effectifs placés sous ses ordres. Il a pu apprécier en même temps le mérite respectif des chefs. La division marocaine, la 17» division, qui constituent le 9« corps', sont hors de pair et admirablement en main : llumbert, qui commande l'une,