Moussy : Ibid
2. Constituliou liélcroclilo et provisoire : la 1T« D. I. faisait seule partie organiquement du 9" corps avec la 18» laissée en Lorraine à la suite de notre échec sur Morliange et remplacée le 22 août auprès de Dubois par la division marocaine.
comptera jusqu'au bout parmi les grandes Ggurcs de la guerre, mais il ne fait que d'entrer en ligne ; J.-B. Dumas, qui commande l'autre et qui se bat depuis le début de la campagne, va être appelé incessamment à la tète du 17" corps : leur chef à tous deux est Dubois, homme d'initiative et tacticien consommé, dont la contre-manœuvre de Signy-l'Abbaye restera une des plus belles pages de la retraite. Le 11« corps, qui méritait mieux, est commandé par Eydoux, qui, après la décisive épreuve des lignes de Lenbarrée, n'occupera plus que des postes subalternes; la 52" division, désemparée, sans cohésion, réclame une main énergique et on croit la trouver dans Battesti qui est «un ancien gendarme » et qui, dans quelques jours (3 septembre), remplacera l'incapable Coquet, relevé de son commandement ; la 9» division de cavalerie pourrait montrer moins d'indépendance et tenir plus strictement les consignes données à son chef : on l'enlèvera au i)« corps, dont elle dépend, et on la rattachera directement à l'armée. Il apparaît enfin à Foch que son détachement n'a pas la densité nécessaire pour s'étendre sur la gauche : il a demandé et on lui envoie pour prolonger celle-ci une des meilleures unités du 6» corps, la 42" division, qui reçoit ellemême un nouveau commandant en la personne de Grossetti, hier chef d'état-major du général Ruffey et que sa carrure d'Hercule, son emprise merveilleuse sur le soldat et sa bravoure à toute épreuve ont désigné au choix de Joffre. Embarquée la veille à Verdun, la 42" division rejoindra le groupement à 11 heures du matin, le 31, où Foch, de son poste de commandement de Machault, lui assignera comme zbne d'action etdc stationnement provisoire la région
« entre la route Rethel-Reims (exclu) et le cours de l'Aisne ».
L'Aisne n'est là qu'à titre d'indication. On descend vers la Marne, mais, auparavant, il faut tenir quelques heures sur la Retourne. Plus ruisseau que rivière, la Retourne n'a aucune valeur stratégique. Foch le sait ; mais les instructions générales de Joffre recommandent d'utiliser tous les obstacles pour retarder la marche de l'ennemi, et le temps qu'on gagnera ainsi permettra peut-être à la 52* division de souffler et de se reconstituer sur la Suippe. Si précaire d'ailleurs que soit sa ligne et en chef qui ne livre rien au hasard. Foch entend qu'on s'y organise à fond. Dans la nuit du 31 août au l" septembre il fait parvenir à ses lieutenants son ordre d'opérations pour le lendemain :
« En vue de couvrir le débouché de la 4» armée et en particulier du 12« corps sur la rive gauche de l'Aisne à Vouziers, le détachement d'armée organisera fortement la ligne de la Retourne sur laquelle elle aura à résister. On réquisitionnera au besoin des outils dans les villages et on emploiera les compagnies du génie pour l'organisation des centres de résistance. Il sera procédé en môme temps à l'organisation de la ligne de l'Arnes et de la Suippe en aval de Béthéniville, ligne au sud de laquelle on poursuivra la reconstitution des divisions de réserve. »
Suivait l'indication des zones d'action et de stationnement pour chaque unité. La précaution était bonne, comme le prouvait bientôt l'acharnement de l'ennemi à essayer de forcer le passage. Mais cet ennemi, on le connaissait maintenant : la vertu de Foch avait opéré sur ses troupes et leur confiance
renaissait peu à peu. « Avec du calme et de la patience, nous les aurons », écrivait Moussy à cette même date du 1°^ septembre. Contenu sur tout le front, l'ennemi, qui nous tàtait depuis 7 heures du matin et donnait son plein effort à 3 heures de l'après-midi, échouait dans foules ses tentatives jusqu'au moment où, « pour se conformer aux ordres du commandant en chef » et la 4« armée devant exécuter, le l" septembre, « un mouvement ayant pour résultat d'amener ses tètes de colonne sur la ligne Séchault-Somrae-Py », il était enjoint au détachement de se décrocher afin de « conserver sa liaison avec cette armée » et de « suivre son mouvement ».
On arrivait ainsi à cette journée du 2 septembre qui était la date primitive à laquelle le commandant en chef devait engager la bataille générale prévue par son instruction du 25 août. Mais, dans l'intervalle, Joffre s'était ravisé. Il en donnait sommairement les raisons dans son instruction n» 4 du l" septembre, confirmée et rectifiée, quant à la zone d'arrêt fixée aux armées, par la note n» 3463 du t septembre*. L'ordre n» H, lancé à la même date et