‹ La marquise de Barol, sa vie et ses œuvresChapitre 11 sur 32 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

Mon fils, puisque tu m'aimes, je veux te prendre entre mes bras; ton amour me fera descendre jusqu'à toi, et je l'emporterai avec moi dans le ciel.

Silvio Pellico mourut le 31 janvier ISo'i, dix ans avant sa bienfaitrice; il fut enterré au Campo santo de Turin. On éleva sur sa tombe une colonne de marbre blanc , avec cette épitaphe composée par M"^° de Barol :

Sotlo il peso délia croce, Impara la via del cielo :

Cristiani, pregate per lui, E seguite lo.

Sous le poids de la croix, il a appris le chemin du ciel; chrétiens, priez pour lui et suivez-le.

Initié à tous les secrets des œuvres de M"^^ de Barol, Silvio avait écrit des notes où il raconte en son style pur et simple l'histoire des institutions qu'elle a fondées, et qui révèlent à chaque page son admiration et sa reconnaissance. La mort a interrompu ce précieux travail; mais, tout incomplet qu'il est. il fait connaître, mieux que tout autre, la physionomie, la pensée, l'action de celle dont il dépeint les œuvres.

Dieu, qui a rapproché ces deux âmes parties de rives si opposées; de rang, de caractère, d'opinions si contraires; qui a associé l'écrivain à la femme

LA MAIIQUISE DE BAHOL 129

d'action, le conspirateur libéral à la royaliste Vendéenne, le prisonnier dont la vie s'usa dans les fers, et au régime du pain noir et de l'eau, à la grande dame qui habitait un palais et possédait une des fortunes les plus considérables du pays, a rapprociié leurs dernières années pour représenter sous le même toit et dans la plus complète harmonie ce contraste si fortement indiqué dans l'Évangile, et qui se retrouve à chaque page de l'histoire des saintes et grandes âmes , entre la vie active et la contemplation , entre la mission de Marthe et celle de Marie.

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