SILVIO PELLICO
Silvio Pellico , dont le génie poétique , et plus encore les malheurs généreusement supportés et racontés avec la charmante simplicité d'un grand écrivain et la charité d'un chrétien, ont rendu le nom à jamais célèbre, naquit à Saluées, en Piémont , le 24 juin 1788.
Sa famille occupait cette position moyenne à t'gale distance de la richesse et de la pauvreté , la plus enviable de toutes, a-t-il écrit lui-même, parce qu'elle est à l'abri des tentations qui exposent à tant d'injustices et d'excès le riche et le pauvre.
Son père servit son pays avec inlelligence et probité ; il aiiuail les lettres, et taisait des vers qui
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ne manquaient pas d'élégance , pour se distraire de ses travaux: industriels et de ses fonctions d'administrateur; son fils reçut de lui les premières leçons et les premiers exemples de poésie.
Silvio eut une pieuse mère qui sut enseigner à ses enfants, qu'elle nourrit tous de son lait, l'amour de Dieu , de la famille et du devoir, ot conserva toujours sur eux une puissante et bienfaisante autorité. Sa science était fort modeste; mais à une intelligence active elle joignait un jugement droit , une solidité de principes que rien ne faisait dévier.
Elle ne lisait qu'un très-petit nombre de livres, tous excellents ; mettait toujours d'accord ses discours avec sa conduite, et sa raison avec l'Évangile ; sa parole, plutôt grave que vive, alliait l'énergie à la grâce, et attirait la sympathie de quiconque l'avait entendue. Habituée à faire le bien , et prête à tous les sacrifices que pouvaient demander la foi et la charité , elle était pieuse sans petitesse et sans superstition, et prenait pour principe de ses actions le dévouement à Dieu et aux autres. Elle fut l'ange gardien de Silvio; il la consultait sur toutes choses ; jamais , tant qu'elle a vécu et que son fils put connaître son opinion , il ne résista à ses conseils. Il no laissa jamais complètement éteindre la