‹ La marquise de Barol, sa vie et ses œuvresChapitre 24 sur 32 · I-A MAKyUISK Ut ItAKUL · texte numérisé non relu

I-A MAKyUISK Ut ItAKUL

lumière qu'elle avait allumée dans son àme, et qui devait jeter sur ses dernières années un si doux et si vif éclat. Lorsque les circonstances , lorsque les terribles incidents de sa vie l'isolaient de sa famille, la pensée maternelle lui était toujours présente, et, pour se décider dans une situation difficile, ou trouver la force de lutter contre une mauvaise idée, il se demandait : Que dirait ma mère?

Silvio était tout petit enfant , lorsque la révolution française s'étendit comme une lave brûlante sur l'Italie; son père, attaché à la maison de Savoie , dut fuir devant les exclusions et les violences de l'anarchie; il entraîna avec peine, à travers les Alpes , sa famille composée de deux garçons, d'une petite fille et de sa femme enceinte.

Revenu dans sa patrie, lorsque l'ordre et le calme se rétablirent et que les honnêtes gens prirent le dessus , sa maison devint le refuge et l'abri des prescripteurs d'hier, aujourd'hui proscrits à leur tour. Ce fut dans ce sanctuaire de la tolérance, de la foi et de l'honneur, que s'éleva celui qui ne devait pas distinguer dans son affection les Guelfes et les Gibelins.

De très-bonne heure, Silvio annonça sa vocation dramatique; chez un bon miré qui lui donnait ses premières leçons de latin , il jouait avec son

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frère , devant leurs petits amis et les paroissiens de leur professeur, sur un théâtre construit avec les chaises et les tables de la maison, des pièces composées par leur père.

Le maître se plaignait que l'élève abandonnait souvent la salle d'étude et les livres classiques, pour aller s'égarer dans les prairies et sur le bord des ruisseaux, à la poursuite d'une pensée poétique et de toutes les métaphores de la mythologie. Le bon curé craignait pour son àme ; mais le père , après l'avoir doucement grondé, jugeant de sa vocation par la sienne, rassurait le professeur en disant : L'enfant a la maladie de son père, cela passera.

A dix ans, lorsqu'il accompagna sa famille à Turin, Silvio avait déjà dans son portefeuille une tragédie; il avait emprunté son sujet à Ossian . dont les fantastiques mélodies étaient fort en vogue, et que Napoléon l'"' plaçait à côté d'Homère.

11 continua ù Turin ses représentations dramatiques, sur un théâtre un peu mieux construit, et avec une troupe plus nombreuse, composée des enfants des familles en relation avec la sienne.

De lenips en temps, la politique mêlait à la poésie de plus vives et plus dangereuses émotions; au moment où s'était établi le gouvernement pupu-

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