‹ La marquise de Candeuil (volume 2)Chapitre 5 sur 15 · C6 LA MARQUISE · texte numérisé non relu

C6 LA MARQUISE

est le proche parent. Vas-t'en trouver Mitraille, mon garçon, dit-il à haute voix; demande-lui un verre de tafia pour te réchauffer, et un hamac pour te coucher. Demain, nous causerons de ton enrôlement... Bon soir... A propos, dis à cet honnête gargotier de m'envoyer, sans retard, le père Vampire.

— Voilà des noms bizarres, murmura le jeune Anglais? l'Enfer, Mitraille, Vampire. S'il faut croire aux augures, ceux-ci n'ont rien de rassurant. Après tout, qu'importe ! le fatalisme est une grande vérité.

Disant cela, le baronnet poussa la porte de sa cabine et la referma sur lui.

Le père Vampire entra dans la salle commune et s'arrêta, chapeau bas, devant M. Mathias, profondément absorbé par les derniers mots de son passager.

Le père Vampire, nous l'avons dit plus haut, n'était qu'un paisible contre maître, expert en son méiier, incapable de méchanceté, et affreusement victime par le sobriquet terrible dont l'avait gratifié l'humeur belliqueuse de son commandant. Son extérieur

était aussi modeste qu'inoffensif, et Je brave homme n'avait de tout temps estropié que la langue française.

— • Il se passe ici des choses étranges , dit M. Mathias, en levant sur son subordouné des yeux flamhoyants.

— Des choses étranges ! . . . répéta le contremaître ; je ne comprends pas.

— Ni moi non plus.

— Alors ?

— Tous nos passagers sont-ils à bord?

— Oui mon capitaine...

— Tous?

— 11 ne faut pas une heure pour les compter, au moins, ils ne sont que deux; répondit, avec bonhomie, le contre-maître ; le monsieur qui est là, et le militaire qui est sur le pont,

— Crois-tu que je ne le sache pas ?

— Alors?

-— Alors, Monsieur Vampire, ajouta le capitaine à voix basse, apprends que le monsieur qui est là, me fait l'effet d'im diable à quatre , etqueje voudrais avoir tl#j^|pçra cale toUleune

cargaison de nègres en place de ce jeune freluquet.

— Voudriez-vous me faire donner de la lumière, s'il vous plaît, demanda l'Anglais, sans ouvrir la porte de sa cabine.

— Biscayen ! porte la lampe, cria M. Mathias à son mousse.

— Biscayen ! murmura le passager, décidément, je crois que je vais rire.

— Il croit qu'il va rire, reprit le capitaine , as-tu entendu ?

— Et, pardienne ! il y a de quoi. Vous nous affublez de surnoms qui nous mettent en mascarade perpétuelle. Vous souvenez-vous des deux belles dames que nous avons menées en France, l'an dernier; l'une d'elles, mademoiselle Aïcha, a failli oublier tous ses malheurs et rire aux larmes en entendant nommer l'équipage.

— Elle était donc bien triste et bien découragée? demanda l'Anglais ouvrant sa porte subitement.

^ Qui? dirent à la fois les deux marins étonnés. ,^p»

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— Aicha?... N'est-ce pas d'elle que vous parlez ?

— Mais oui ; cela fendait le cœur, repartit le contre-maître avec attendrissement, une jeune fille si belle!...

— Ah! que vous êtes heureux, mon ami, interrompit le baronnet; et prenant une petite lampe en cuivre que lui présentait le mousse, il s'enferma et se verrouilla dans sa chambre.

— M. Mathias étaitimmobile et muet. Toutà-coup il se leva de sa chaise, prit le contremaître parle bras, l'entraîna sur le pont, et après avoir fait quelques pas, il lui dit :

— Certes, personne ne doute de mon courage; j'ai affronté d'affreuses tempêtes, j'ai fait la course sous l'Empire, et capturé plus de bâtiments que ce piètre Surkouf n'en a vu de sa dunette ; eh bien ! j'avoue qu'aujourd'hui je me sens l'âme à l'envers.

— • Pourquoi ?

— J'ai le pressentiment que ce mylord va nous porter malheur.

— Ah! bah!

— A.hl bah! ah! bah! Figure-toi, mon cher, qu'il voyage sans effets.

— Hein!

— Sans une chemise !

— Et son passeport?

— Il est en règles; mais cet homme est un agent secret, ou un grand criminel. J'opine pour cette seconde profession !

— Pourquoi? Voilà que vous me donnez aussi la chair de poule.

En ce moment, le cuisinier et le calfat qui se promenaient, bras dessus bras dessous, croisèrent le capitaine et s'arrêtèrent pour le saluer.

— J'ai voulu faire souper votre nègre, dit le cuisinier, il a refusé toute nourriture et n'a pris qu'un verre de tafia à assommer un bœuf.

— Où est-il maintenant?

— Il n'a pas voulu prendre de hamac , il s'est allé coucher à l'avant, à côté du militaire passager.

— Puisque nous voilà réunis, et que nous sommes de vieux compagnons naviguant tou-

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jours ensemble, dit M. Mathias, je vais vous consulter sur un cas très grave.

Honorés de cette grande confiance, les conseillers firent cercle autour de leur chef.

— Nous avons à bord un passager, Anglais de naissance, qui m'intrigue de toute façon.

11 ne parle que par monosyllabes, paie comme un prince, estvêtu comme un seigneur, et voyage sans le moindre paquet... arrangez cela?

Cocythe, Vampire et Mitraille s'écrièrent à la fois : — Pas possible !

— Il faut qu'il soit furieusement pressé de partir, pour n'avoir pas voulu descendre à terre dans mon canot, afin de ramasser ses bardes.

— Vous le lui avez offert?

— Pardienne ! et il m'a répondu qu'il craignait de manquer le départ, et qu'il préférait ma garde-robe à la sienne.

— Pas possible? s'écrièrent de nouveau les matelots qui affectionnaient cette unique expression de leur étonnement.

— Alors que me proposez-vous défaire?

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Le conseil observa un silence absolu.

— Nous ferions bien, je pense, reprit le capitaine, de poursuivre nos investigations, et d'épier la conduite secrète de notre homme. Sur ce que nous apprendrons, nous déciderons.

— C'est cela.

— Allons tous les quatre nous mettre aux écoutes. Vampire, par le toit de la dunette ; tu auras soin de ne pas trop t'avancer sur la vîlre, afin de ne pas te montrer. Toi, Mitraille, à mes côtés, par les fentes de la porte ; et toi, Cocythe, parle bastingage de tribord et le petit sabord qui éclaire la couchette. Est-ce bien compris?

— Oui, oui.

— Allons de l'avant, mes agneaux, et à petits pas, s'il vous plaît; ôtez-moi vos souliers qui échorchent le plancher. Leste et eu place... surtout ne soufflez pas. Le premier qui tousse, je lui brise le crâne, ajouta le terrible Marseillais.

Au bout de quelques minutes les quatre marins étaient à leurs postes, pour accomplir

un acte que nos lecteurs blâmeront sans doute ; mais nous leur ferons observer que la gravité des circonstances et le danger menaçant excusaient presque leur indiscrétion; nous ajouterons enfin, pour combattre tout scrupule, que le titre de ce chapitre justifie bon nombre de peccadilles, et que, somme toute, MM. Mathias, Vampire, Cocythe et Mitraille sont parfaitement responsables de leurs œuvres. Ce qui étant, nous profiterons de leur coupable curiosité, sans laquelle nous serions bien empêché, ma foi, de dire ce qui se passait dans la mystérieuse cabine de sir Francis Brecknock.

Cette cabine était longue de six pieds, large de quatre, et passablement meublée d'une couchette à deux compartiments, l'un supérieur, l'autre inférieur, installée de manière à offrir l'hospitalité à deux voyageurs, hospitalité généreuse si l'on veut, attendu que, pour en profiter, il fallait prendre des positions qui appartiennent à la haute gymnastique.

A l'un des coins de la chambrelte reposait

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une commode en magnifique noyei*, capable de contenir, de haut en bas, six mouchoirs de poche, quatre chemises et autres fractions de douzaines d'indispensable lingerie. Ce meuble coquille, dont tous les passagers avaient jusqu'alors critiqué les formes exiguës, avait été dédaigné par notre Anglais qui n'y avait pas touché.

A l'autre bout de la cabine, contre le chevet de la couchette, le baronnet était assis sur un pliant, accoudé sur une petite table, éclairé par un locatelli en cuivre, et plongé dans une, profonde méditation, la tête dans les deux mains.

Les quatre guetteurs s'arrangèrent de façon à ne perdre ni un geste ni un regard du baronnet; et ils attendirent patiemment qu'il donnât signe de vie.

Le plus grand silence régnait dans la rade et dans le port, la haute mer, seule, faisait entendre son mugissement grave et monotone ; les vagues en allant mourir sur les récifs ou le sable de la grève, tourmentaient la

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quille du brick et le faisaient danser sur ses cables, comme disent les marins.

Sir Francis leva la tête, et passa Tune de ses mains féminines dans les longues boucles blondes de ses cheveux. Ce mouvement découvrit entièrement son jeune et frais visage, et laissa voir sur la table un portefeuille à fermoir d'or, ouvert et arrêté par un crayon d'un grand prix.

Le jeune Anglais que nous n'avons pas eu l'occasion de dépeindre, était d'une beauté rare et d'une distinction toute particulière. L'ovale de son visage était irréprochable ; son teint et la blancheur de ses mains eussent fait soupirer bien des coquettes ; son front était large, fier et chargé d'un nuage léger qui animait, avec la fine contraction des lèvres et l'amertume du regard, sa physionomie spirituelle et mélancolique. Le corps était svelte, la taille bien prise ; la voix douce et caressante ; la toilette d'une élégante et charmante simplicité.

Sir Francis prit son portefeuille et lut, à

haute voix, les premiers mots de la page ouverte sous ses yeux.

<r Enfin me voilà seul et délivré de ces fâ- « cheux qui me gênent à chaque pas, dans « mes rêves et mes entreprises I »

Les doigts de M. Mathias se crispèrent, et il envoya un coup de coude à son voisin Mitraille, qui ne le rendit point par déférence.

Le passager continua sa lecture, mais sans prononcer une seule syllabe, jusqu'à ce passage qu'il lut tout haut.

< Je suis à bord de Y Enfer ^ triste présage « pour ma vie éternelle ! Est-ce donc ma faute « si mon caractère, si mon sang, si mon or- « ganisation me poussent à commettre le « crime qui doit m'atlirer la damnation?... « Est-ce ma faute? Est-ce ma faute? »

— Le misérable! pensa Mathias... le misérable! Et il allongea un nouveau coup de coude au cuisinier, trop préoccupé pour s'en plaindre.

L'Anglais posa son carnet sur la table; et fouillant dans ses poches, il en tira deux pistolets ravissants, damasquinés et mignons , ci-

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selés d'or et d'argent, mieux faits pour le caprice d'une sultane que pour les mains d'un homme.

Le Marseillais, en voyant son passager essayer les détentes de ses pistolets, crut, tout Jean-Bart qu'il était, sentir ses cheveux se dresser sur sa tête. Lesquatre espions eurent, en même temps, un arrêt de respiration.

Sir Francis plaça ses pistolets sur la table , à sa droite et à sa gauche, prit son crayon et écrivit pendant longtemps. Tout-à-coup, repoussant brusquemment son portefeuille, il saisit l'un des pistolets, l'arma, et s'écriant :

— « Il ne s'agit que de faire ceci. »

Il porta le canon à ses dents.

Un même cri de terreur partit à la fois, des quatre coins deia cabine.

lue «lonrual de stlr Francis Brecknock.

La porte de la cabine céda sous la violente secousse du capitaine et de son aide, et les quatre marins, réunis sur le seuil du baronnet, s'arrêtèrent du même pied, les traits bouleversés et la bouche entr'ouverte.

Sir Francis, dérangé dans sa solitude par le quadruple cri de ses espions, avait nonchalamment abaissé l'arme qui menaçait sa vie, pour rechercher la cause de cette inconvenante distraction. Voyant sa porte tourner sur ses

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gonds, et son domicile brutalement violé , le passager avait sauté sur un second pistolet et ajusté des deux mains ses indiscrets visiteurs.

Cette éloquente disposition explique suffisamment la halte de MM. Mathias, Vampire, Cocylhe et Mitraille.

— Malheureux ! ne tirez pas, s'écria le capitaine, nous sommes de vos amis.

— Veuillez avoir la complaisance de refermer ma porte, répondit l'étranger d une voix douce et calme.

— Mais, Mylord...

— Mes armes sont à double coup, Messieurs, et j'ai l'honneur de vous prévenir qu'ils portent une balle pour chacun de vous.

Mitraille n'avait pas attendu ce nouvel avertissement pour vider le plancher, et il avait donné le signal d'une prudente retraite ; le calfat et le contre-maître suivirent ce bel exemple de modération, et M. Mathias marcha fièrement à reculons jusque sous le mât d'artimon où il rejoignit ses braves camarades en disant :

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— Je ne sais ce qui m'a retenu d'en finir avec ce faquin.

— Puisqu'il se charge de la besogne, laissons-le faire à sa guise, répondit le calfat avec plus de bon sens qu'il n'en paraissait avoir.

— Croyez-vous bonnement que ce freluquet veut se tuer ? demanda le capitaine,

— Ma foi ! dirent les marins...

— Laissez donc!... je vous certifie qu'il médite un crime abominable !... Écoutez-moi bien, et fiez-vous à ma cervelle, ajouta le Marseillais d'un air capable. Tout me porte à croire que cet Anglais est amoureux de la charmante femme de ce beau marquis de Candeuil, que nous avons passé en France l'an dernier. Comprenez-vous?

— Pas le moins du monde! répétèrent, l'un apiès l'autre, Cocythe, Vampire et Mitraille, néanmoins, subjugués par la haute intelligence de leur chef.

— Cela ne m'étonne pas ; la trame est si finement ourdie ! Cependant, vous comprenez que le scélérat, sachant qu'il doit renoncer à

séduire la marquise, a médité d'assassiner son mari par pure jalousie.

— Hé 1 bon Dieu I d'où tirez-vous cela, capitaine?

— Écoutez, mes enfants, je connais les Anglais de vieille date, moi ; et je leur ai coulé assez de navires pour croire, modestie à part, que si je les connais, ils me connaissent tout autant.

— C'est clair, dit Vampire.

— C'est sûr, dit Cocythe.

— Je n'ai pas tout-à-fait compris, dit Mitraille.

— J'ai donc lu dans les yeux de notre passager, avant qu'il n'eût trahi son abominable secret, et j'ai reconnu en lui les principes, les symptômes de cette fatale maladie qui pousse ses compatriotes à la destruction. Maladie tellement incurable, que lorsqu'ils sont assez honnêtes gens pour ne vouloir tuer personne, ils se tuent eux-mêmes.

— Alors? dirent en chœur les trois Provençaux attentifs, mais complètement déroutés par cette digression philosophique.

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-~ Alors, j'ai conclu (ie la précipitation q!je met cet homme à partir, du dédain qu'il étaîe pour s^s bagages, de son humeur morose, de ses pistolets, et de certaines questions embarrassées qu'il m'a faites sur la marquise de Gandeuil, j'ai conclu, dis-je, qu'il devait avoir trois énormes bosses sur le crâne...

—Bah ! s'écrièrent, comme un seul homme, les matelots entièrement dépassés parla perspicacité de M. Malhias.

— La bosse de l'amour, la bosse de la folie, la bosse du crime, reprit le capitaine, en comptant sur ses doigts avec une fougueuse dextérité.

— Je n'y vois goutte, chuchotta M. Mitraille, qui était décidément le moins fort de la troupe.

— Je crois vous entendre, répondit le père Vampire avec une certaine vanité.

— Continuez, capitaine, dit Cocythe, vous êtes en bonne passe, et...

— A la bonne heure ! mes enfants, à la bonne heure! Vous devinez que la bosse de l'amour menace la marquise , que celle du

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crime menace le marquis, et que celle de la folie menace tout le monde...

— C'est clair! J'ajouterai cependant, interrompit le calfat, que si ce misérable est amoureux de la marquise et jaloux du marquis, il se pourrait faire qu'il eût la fantaisie de tuer la femme de préférence au mari.

— C'est juste ! très juste ! crièrent le contremaître et le cuisinier.

— En sera-t-il moins criminel?

— Non.

-^Eh! donc, mes agneaux, il faut aviser au moyen de sauver la victime.

— Ce sera très facile.

— Alors avisez-moi... que faire?

Les conseillers gardèrent un respectueux silence.

— Faut-il jeter à la mer, quand nous serons au large, cet oiseau de malheur ?

— Hum 1 nous pourrions nous faire pendre pour cet acte d'humanité, dit le prudent Mitraille.

— VouleZ"Vous que je le provoque en duel,

et que je lui brûle la cervelle sur le pont de mon brick, mille canons?

— Vous avez une fertile imagination, commandant, repartit le calfat... Voilà sans contredit le parti le plus sage...

— Et le moins périlleux, ajouta le contremaître.

— D'un autre côté, ce moyen est-il de ma dignité? demanda M. Mathias battant en retraite; n'est ce pas m'avilir que de me mesurer avec un gibier de potence ?

— Peuh ! firent Gocythe et Vampire, peuh ! oui et non.

— Je vois que vous êtes médiocrement satisfaits de ma proposition, reprit le capitaine, éclairez-moi donc de vos lumières ; toi. Mitraille, mon pitcliou, à ma place, que feraistu? Songe que si je débarque ce maudit passager, il prendra^ tout aussitôt la poste pour aller se baigner dans le sang innocent.

— Ma foi , commandant, à votre place, je le mettrais à terre, bel et bien, j'empocherais les écus qu'il vous a offerts et je me dirais que je suis un âne.

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